Un ambitieux projet de reconversion des anciennes aciéries qui occupent aujourd’hui près de 50 hectares en plein centre-ville y est lancé.
mené par l’Atelier Paris & associés, le projet est axé sur le développement durable avec la construction d’immeubles dits «passifs» DR
Réhabilitation
Ce qui a façonné notre ville, ce sont ses aciéries. Chaque habitant a été concerné de près ou de loin par ce qui se passait dans ces usines», souligne d’emblée Philippe Kizirian, maire (PS) de Saint-Chamond (Loire). Située à une douzaine de kilomètres de Saint-Etienne, cette commune de 36.000 habitants est en effet célèbre pour ses forges qui occupaient, à leur apogée, une zone de plus de 45 hectares située en plein cœur de la ville.
Du fait de la crise économique, les aciéries de la société Creusot-Loire – dernier nom porté par le groupe industriel qui regroupait la plupart des usines métallurgiques de Saint-Chamond – ont fermé leurs portes en 1984, laissant derrière elles d’immenses halles vides. Usinor (devenue depuis Arcelor-Mittal) ou encore GIAT les ont remplacés sans toutefois occuper l’ensemble de la friche industrielle.
Gros coup de pouce
Avec le départ en 2006 du fabricant d’armes, puis celle annoncée il y a un mois à peine de l’usine Siemens, la vallée, fortement sinistrée – le chômage y a augmenté de 37 % lors de ces trois dernières années –, a plus que jamais besoin d’un gros coup de pouce pour sortir du marasme. «D’où cet ambitieux projet de reconversion du site des anciennes aciéries de Saint-Chamond» qui vise à concilier passé industriel et innovations. «Depuis plusieurs années, la ville perd des habitants et le centre se paupérise fortement, déplore Philippe Kizirian. Notre objectif est de maintenir le pôle industriel actuel tout en construisant un éco-quartier d’habitations pour faire revenir les classes moyennes au centre-ville.»
Sur les 45 hectares du site, 15 sont actuellement occupés par des entreprises en activité et 15 autres réhabilités vont être toujours dédiés à l’industrie et aux PME. 7 hectares seront réservés à la construction d’immeubles d’habitations, de commerces et de services. Un parc de 5 hectares doit, quant à lui, permettre de tisser un lien entre les quartiers situés autour du site industriel, pour le moment isolés les uns des autres. Un projet de tram-train est également envisagé à l’horizon 2020. Montant global des investissements publics : 75 millions d’euros. Le premier coup de pioche doit être donné dans un an et les premières livraisons sont attendues pour 2015.
Un nouvel éco-site
200 ans d’histoire industrielle
Saint-Chamond était célèbre pour ses aciéries dont les premières ont été créées au début du XIXe siècle. La ville s’était notamment spécialisée dans la production de blindés, de canons ou encore de tourelles de navires de combat.
Dépollution
Avant d’entamer la construction des nouveaux bâtiments, le site doit d’abord être dépollué. D’importants résidus de métaux lourds et des poches d’hydrocarbures ont été détectés dans les remblais.
Développement durable
Mené par l’Atelier Paris & associés, le projet est axé sur le développement durable avec la construction d’immeubles dits «passifs», l’aménagement d’espaces verts et le développement des énergies solaires (15.000 m2 de panneaux) et éoliennes, de même que la récupération de chaleur.
de notre envoyé spécial Philippe Peter France Soir, 11 avril 2011
La rue des Palermes, dans le bas de Saint-Chamond, commence rue des Éclusières et monte jusqu'à croiser la rue Victor-Hugo. Elle est calme, peu fréquentée par les piétons car il n'y a aucun commerce. Elle est essentiellement résidentielle. Le côté gauche est celui des numéros impairs, et le côté droit celui des numéros pairs.
le bas de la rue des Palermes, à partir de la rue des Éclusières
le bas de la rue des Palermes,côté droit en montant
"Les corvidés (corneilles et corbeaux) sont très (trop) nombreux en centre-ville de Saint-Etienne. Cela présente un réel problème d'hygiène. Pour limiter leurs nuisances, les services municipaux ont décidé de mener 2 actions, an accord avec la Ligue de protection des oiseaux.
La 1ère action, entre mi-mars et fin avril consiste à enlever les nids dans les arbres au fur et à mesure de leur fabrication par les oiseaux, avant l'éclosion (notamment, places Jean Jaurès, Carnot, Fourneyron, cours Fauriel...) Une seconde opération aura lieu courant mai au bois de Grouchy. Une battue sera organisée avec les lieutenants de louveterie.
"L'objectif sera, à l'avenir, de créer, au niveau départemental, un groupement de chasseurs pour la lutte contre les corvidés ou de faire venir un prédateur naturel du corbeau, le faucon pèlerin par exemple", explique la municipalité stéphanoise." source
voir aussi :
Place Jean-Jaurès : les corbeaux priés d’aller voir ailleurs
Riverains et commerçants de la place Jean-Jaurès sont las de la présence de ces oiseaux au-dessus de leur tête. Les services de la Ville interviennent aujourd’hui
on semble reconnaître ce bâtiment (env. 8, rue du Pilat) dans l'image précédente, avec la même amorce de virage (la grosse bâtisse ayant disparu)
côté droit de la rue en montant après la place de la Valette
plaque directionnelle du Touring Club de France (T.C.F.) et de Michelin ; le TCF est né en 1890 pour promouvoir le tourisme en France ; le principe du financement de la signalisation routière par le TCF date de 1919, mais dès 1910 Michelin finançait gratuitement de telles plaques et en 1914 le TCF en avait déjà apposé 30 000 en France ; ici, plaque en lave émaillée (le lettrage bleu sur fond blanc date de 1924)
la rue du Pilat après la place de la Valette (17 juin 2009)
haut de la rue Marc Seguin, la voie ferrée se trouve à droite
détail
rue Marc Seguin au débit des années 1900 (cachet de la poste 1906)
- Marc Seguin (1786-1875), né à Annonay (Ardèche) est le petit neveu de Joseph et Etienne Montgolfier les inventeurs des ballons à air chaud (montgolfières).
Ce fut un ingénieur et un inventeur de talent. Il construisit des ponts suspendus. Dans les années 1824-1828, il mit au point la chaudière tubulaire.
Entre 1826 et 1832, il aménagea la ligne de chemin de fer entre Saint-Étienne et Lyon dont le tronçon Saint-Étienne à Givors comprenant l'arrêt à Saint-Chamond fut inauguré le 1er octobre 1832.
Il fut marié deux fois : à 24 ans en 1810, avec Augustine Duret d'Annonay qui lui donna treize enfants ; et à 53 ans, en 1839, avec sa nièce plus jeune que lui de 33 ans, Augustine de Montgolfier, qui lui donna encore six enfants.
à droite, la clôture de verdure du collège Sainte-Marie (13 juin 2009)
petite porte (13 juin 2009)
petite porte (13 juin 2009)
Tant qu'une ville conservera ce capital de verdure et ce bâti à hauteur d'homme, c'est toute une civilisation qui perdurera. Et donc un certain bien-être.
l'hiver, en direction de la route du Coin (5 février 2008)
place de Plaisance, à Saint-Chamond, début des années 1900
la rue de Saint-Étienne, actuelle rue Gambetta
place de Plaisance et route de Saint-Étienne avec les rails du tramway
La mention "route de Saint-Étienne" est probablement une confusion avec la "rue de Saint-Étienne", actuelle rue Gambetta sur ce tronçon de voie. Sur l'image, la rue qui part à gauche est le cours Adrien Montgolfier.
le début du cours Adrien Montgolfier
place de Plaisance et le nouveau tramway du Creux
place de Plaisance, le nouveau tramway du Creux et la charette tirée par des boeufs
place de Plaisance, Google Street View, mars 2011
place de Plaisance et rue Gambetta
place de Plaisance : piétons et bicyclette
place de Plaisance, Google Street View, mars 2011
place de Plaisance : casquettes, canotiers et chapeaux de femmes
place de Plaisance : Grand Café, Grande Pharmacie moderne, Quincallerie-serrurerie
place de Plaisance, Google Street View, mars 2011
place de Plaisance et rue Gambetta avant 1914
du temps de l'automobile
place de Plaisance et avenue Adrien-de-Montgolfier
place de Plaisance : détail des enseignes et affiches
- attention ! Le classement chronologique est la base de construction d'un blog. Mais, ici, des éléments postérieurs à la date de l'article sont souvent ajoutés après coup. On peut donc trouver des informations ou des photos de 2009 dans un article daté de l'année 2007. La mise à jour d'un article n'affecte pas la date initiale de sa mise en ligne. Inversement, on peut trouver une date "rafraîchie" (plus récente) alors que la date initiale est conservée à l'affichage dans le texte du message.
au n° 80 de la rue de la République, belle photo de la pharmacie Chatagnon (cliquer pour agrandir)
localisation de la pharmacie Chatagnon, rue de la République
les pharmaciens
- d'après Francis Falk, qui possède cette carte postale envoyée à sa famille aux environs de 1910, l'homme serait Louis Rochaix (commis en pharmacie lors de son mariage en 1893) et sa fille Hélène.
À la question "Êtes-vous favorable à ce que la commune de Saint-Chamond achève la restauration de l'église Notre-Dame ?", 80,45% des votants ont répondu "oui" et 19,55% ont répondu "non". Le taux de participation a été de 28,32%sur les 23 813 électeurs inscrits. C'est un succès pour toux ceux qui, attachés au patrimoine local, ont mené campagne pour la sauvegarde de l'église.
dimanche 26 avril 2009, entre 19 heures et 20 heures
le maire, M. Kizirian, annonce à FR3 le résultat de la "consultation"
de nombreux Saint-Chamonais dans la salle Condorcet
allocution du maire qui se félicite de son initiative et de son résultat : il n'a pourtant pas appelé à voter "oui"...
les membres du Comité pour la sauvegarde de l'église, qui sont les seuls à avoir mené campagne pour le "oui, laissent éclater leur joie : Jean-Pierre Gay (veste sombre), Jean-Luc Degraix (bras levés), Léon Coffy (vêtement vert) et Paul Privat (main gauche levée)
Jean-Luc Degraix, membre du Comité de sauvegarde, interviewé
"après des semaines de campagne, une belle victoire pour le patrimoine de la ville"
une large "couverture" de l'évènement par les médias régionaux et nationaux ; à g., Jean-Luc Degraix ; à d. Aline Oriol, conseillère municipale d'opposition
de nombreux journalistes avides de réactions, ce soir
Hervé Reynaud, président de l'association "Ensemble pour Saint-Chamond"
Hervé Reynaud, président de l'association "Ensemble pour Saint-Chamond"
Paul Privat, poète et écrivain, membre du Comité de sauvegarde
"oui, nous sommes rassurés, nous n'aurons pas besoin d'escalader des échafaudages ni de nous enchaîner pour empêcher la destruction de l'église...!", Paul Privat
Paul Privat, un maître du verbe auquel chacun est attentif
Jean-Luc Degraix, Paul Privat, Léon Coffy
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réactions
communiqué de presse ENSEMBLE POUR SAINT-CHAMOND
Notre mobilisation et notre engagement ont permis une large victoire du OUI. Nous en sommes très fiers et particulièrement heureux. Notre avons dénoncé le piège tendu par M. le Maire qui en organisant cette consultation inopportune et coûteuse a tenté de vouer l’église à la démolition. La faible participation démontre que nos efforts conjugués avec les initiatives du Comité de Sauvegarde étaient bien nécessaires pour que les partisans du OUI se sentent mobilisés. Le résultat : plus de 80 % de OUI qui ont poussé le Maire à une agressivité inacceptable dans une allocution militante avec en prime des chants d’extrême gauche qui témoignent d’un sectarisme préjudiciable à notre ville. Notre incessant travail d'information, notre positionnement sans faux-fuyant, ont contribué à ce large succès du OUI. Merci de votre soutien !
Dans son allocution, le Maire a cru bon vitupérer contre la participation de Lyonnais venus en autocar au rassemblement du 17 avril sur le parvis de l'église. "Les Saint-Chamonais, a-t-il dit, sont assez grands pour décider tous seuls…"
Cet irrédentisme local n'est pas de mise dans l'affaire de Notre-Dame. Pourquoi ? Pour la bonne raison que si l'église relève, administrativement, de la gestion communale, son image appartient largement au-delà. Peut-on concevoir que la menace de destruction de Notre-Dame à Paris ne mobiliserait que les Parisiens intra-muros ?
La municipalité n'a pas voulu le comprendre. Mais le sort du patrimoine met en jeu des attachements qui ne relèvent ni de la seule comptabilité fiscale ni du seul horizon municipal. Nous avons reçu, sur ce blog, des courriers d'anciens Saint-Chamonais qui disaient leur préoccupation de l'avenir de cette église et leur déception de ne pouvoir s'exprimer dans les urnes. C'est tout à fait légitime. La politique ce sont aussi des symboles et des fidélités à une histoire.
"71,68 % d'abstention pour la consultation sur l'avenir de l'église Notre-Dame, un chiffre élevé qui n'a rien d'étonnant quand la municipalité n'a prévu aucun envoi de profession de foi, et une information très pauvre en éléments techniques pour se prononcer. La population s'est donc avant tout exprimée de façon affective. 80,45 % de oui pour la poursuite des travaux 19,55% pour l'arrêt des travaux.
Les écologistes étaient majoritairement favorables à la conservation de ce patrimoine qui n'est possible qu'avec l'adhésion de la population. Aussi les Verts ont proposé de longue date une expression de type référendaire à tous les citoyens informés dans le détail pour qu'ils prennent position en connaissance de cause. Les modalités d'organisation de cette consultation n'ont pas répondu aux souhaits des écologistes."
Communiqué du diocèse de Saint-Étienne suite à la consultation des habitants sur le devenir de l’église Notre Dame de Saint-Chamond.
Le diocèse de Saint Étienne se réjouit du résultat sans équivoque de la consultation de la population de Saint-Chamond au sujet de l’avenir de l’église Notre-Dame.
En votant à une très large majorité pour l’achèvement de la restauration de cette église les habitants de Saint-Chamond ont manifesté leur volonté de ne pas détruire un édifice qui fait partie intégrante du patrimoine architectural et culturel de leur ville. Ils ont aussi manifesté leur volonté de respecter un lieu chargé de mémoire et de symboles. On peut penser aussi qu’une majorité d’habitants, et pas seulement les catholiques pratiquants, ont manifesté leur volonté de garder un lieu de culte, signe visible d’une présence d’Église, en particulier au rythme des dimanches, des grandes fêtes religieuses, et des grandes étapes de la vie (baptêmes, mariages, funérailles).
Le diocèse de Saint-Étienne, en voyant sa demande du maintien d’un lieu de culte en cet endroit ainsi approuvée et confortée, se déclare d’ores et déjà prêt à poursuivre le dialogue avec la mairie de Saint-Chamond. Avec la paroisse Saint-Ennemond en Gier, il s’associera à la recherche de solutions matérielles et financières permettant à la fois de respecter le vœu de la population, les intérêts de la commune et de favoriser la qualité de l’exercice du culte.
Comme il l’avait déjà indiqué, le diocèse, dans le cadre de l’affectation cultuelle de l’église Notre Dame, prendra sa part de responsabilité pour relever avec les autres parties prenantes ce défi qui est aussi un beau pari sur l’avenir.
Ils sont gonflés les gens du diocèse ! Ils affichent leur "réjouissance" aujourd'hui. Mais ils n'ont pas fait campagne pour un tel choix. Ils évoquent un résultat "sans équivoque" mais telle n'a pas été leur position ces dernières semaines, c'est le moins que l'on puisse dire. Rappel.
Le 19 mars 2009, Paul Malartre, chargé de mission du diocèse auprès des collectivités territoriales, expliquait dans un communiqué que : "le Diocèse préférerait que soit étudiée par un urbaniste la solution suivante : le bâtiment actuel serait démoli, en sauvegardant peut-être sa façade, et un nouveau lieu de culte plus petit et plus fonctionnel (chauffage, sonorisation) serait construit sur le lieu ou à proximité".
Bien sûr, il disait aussi que si la décision était prise de poursuivre la restauration, la communauté catholique s'occuperait de l'aménagement intérieur... Il faut être prudent. Mais le mal était fait.
L'option démolition avait la préférence du diocèse. D'ailleurs, les mêmes propos ont été répétés dans Le Progrès du 24 mars, et Paul Malartre savait que sa position ne ferait pas plaisir au Comité de sauvegarde. Alors, exprimer son contentement après le 26-avril, c'est voler, peu glorieusement, au secours d'une victoire qui ne doit rien à l'action du diocèse.
Michel Renard
quand le diocèse militait pour la démolition...
Le Progrès, 24 mars 2009 - cliquer sur l'image pour l'agrandir
Le Progrès, 24 mars 2009 - cliquer sur l'image pour l'agrandir
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revue de presse
Église de Saint-Chamond : "oui" massif
AFP 27/04/2009 La consultation des habitants de Saint-Chamond (Loire) sur le sort de leur principale église a peu mobilisé dimanche, toutefois une majorité de votants (80,44%) s'est prononcée en faveur de la poursuite des travaux de réhabilitation, a annoncé la municipalité.
Seuls 28,34% des 23.813 électeurs inscrits se sont déplacés pour répondre à cette consultation, promesse de campagne de la nouvelle équipe municipale, mais qui n'a que valeur d'avis.
Les électeurs devaient répondre par "oui" ou "non" à cette question du maire de cette ville de 35.000 habitants, Philippe Kizirian (PS): "Etes-vous favorables à ce que la commune achève la restauration de l'église Notre-Dame ?" "Nous tirerons toutes les conclusions de cette consultation et une délibération sera proposée au conseil municipal dans un mois", a déclaré à l'AFP Roger Beraud, directeur de cabinet du maire.
Des raisons budgétaires sont invoquées par l'édile, lequel avait réservé son avis personnel "afin de ne pas donner de consigne de vote", à propos de l'éventuelle démolition de cet édifice monumental bordant la place centrale de Saint-Chamond.
Construit à la fin du XIXe à l'aide d'une roche calcaire tendre et friable, ce lieu de culte, dont l'unique flèche culmine à 67 mètres du sol (l'autre a dû être démolie en 2004), a déjà coûté à la collectivité 4,3 millions d'euros en travaux de réhabilitation au cours deS douze dernières années dans cette ville qui compte huit autres églises.
Plébiscite, hier à Saint-Chamond, pour la poursuite de la rénovation de l'église Notre-Dame.
Moins d'un électeur saint-chamonais sur trois est allé voter hier. C'est peu. Même si on appréciait quasi unanimement dans les bureaux de vote la démarche «de demander ainsi directement leur avis aux citoyens». Succès au moins d'estime, donc, pour la municipalité Kizirian qui, avec une démarche de consultation rarissime en France, gagne ses premiers galons dans le difficile exercice de la démocratie de proximité.
Et si la participation, à peine plus de 28 %, s'est fait tirer l'oreille, ceux qui se sont déplacés ont tranché à une écrasante majorité : 80,5 % des votants (5 337 électeurs) ont répondu par l'affirmative à la question «Êtes-vous favorable à ce que la commune de Saint-Chamond achève la restauration de l'église Notre-Dame ?».
Au-delà, la consultation a dressé une carte parfois surprenante des «pro» et des «anti» Notre-Dame. Le Oui explose évidemment au centre-ville, lieu d'accueil de l'édifice. Il rencontre une adhésion plus inattendue sur le site, éloigné, de Saint-Julien. Le «grand Saint-Chamond» d'Antoine Pinay n'en a néanmoins pas fini avec ses querelles de clochers : les quartiers du Creux, Fonsala et Chavanne offrent au Non ses meilleurs scores.
Le Oui l'emporte à l'issue d'une campagne menée exclusivement… pour le Oui, par le comité de sauvegarde de l'église et les deux groupes d'opposition municipale. La restauration de Notre-Dame sera achevée, pour un coût de 3,3 millions d'euros. Reste un point d'interrogation : l'église rénovée sera t-elle affectée totalement ou partiellement au culte ?
Marie Perrin
Saint-Chamond préfère la réhabilitation à la destruction de son église
Les habitants de Saint-Chamond (Loire) se sont prononcés en faveur de la poursuite des travaux de réhabilitation d’une église de leur ville, lors d’un référendum tenu dimanche.
À la question «êtes-vous favorables à ce que la commune achève la restauration de l'église Notre-Dame ?», les habitants de Saint-Chamond (Loire), ville de 35.000 âmes, ont répondu dimanche par l’affirmative, dans un référendum organisé pour connaître l’avenir de l’édifice. Si une grande majorité des Saint-Chamonais se sont abstenus (seulement 28,32% de participants), les votants ont opté massivement (80,45%) pour que les travaux continuent. Le lieu de culte est situé sur la place principale de la ville de Saint-Chamond, qui compte huit autres églises.
Celle-ci est emblématique de nombreux cas en France : sa réhabilitation, pour des raisons de sécurité, est extrêmement coûteuse mais les habitants se refusent à voir détruire cette partie de leur patrimoine. Construit à la fin du XIXe avec une roche calcaire tendre et friable, l’église Notre-Dame ne possède plus qu’une flèche culminant à 67 mètres du sol, l’autre ayant dû être démolie en 2004. La réhabilitation de l’édifice a déjà coûté quelque 4,3 millions d'euros en travaux depuis douze ans.
D’ici à un mois, une délibération doit être proposée au conseil municipal suite à l’issue de ce vote.
une caricature de talent : "Notre-Dame de Saint-Chamond"
Trouvé sur le site du "caricaturiste de la Loire" ce dessin amusant (28 mars 2009). Sur les tours, Paul Privat ; à cheval, Hervé Reynaud ; à droite en échevin, Philippe Kizirian ; en bas à gauche, François Rochebloine ; André Moulin ; Olivier Sapet ; à droite, Gérard Ducarre.
magnifique vaisseau blanc captant la lumière mercredi 18 mars 2009
26 avril 2009 : voter "OUI"
pour la
sauvegarde de l'église Notre-Dame
La poursuite des travaux de rénovation n'est pas seulement une question financière, comme le laisse entendre l'équipe municipale de M. Kizirian.
C'est d'abord une question d'identité, de mémoire, d'image de nous-mêmes que cette église porte avec elle depuis plus de 120 ans. Cet héritage n'a pas de valeur marchande. Notre devoir est de le préserver et de le transmettre.
Le patrimoine historique de Saint-Chamond n'est pas si pléthorique qu'on puisse envisager d'en détruire un élément...!
D'ailleurs, sur le site officiel de la Ville de Saint-Chamond, on peut lire que : "les deux flèches de Notre-Dame, de 60 m de hauteur offertes par Francisque Richard, sont le symbole de la ville de Saint-Chamond" (source, désormais inaccessible). Détruit-on sans risque un symbole ?
un édifice solide et majestueux
On a dit aussi que l'église était en mauvais état, qu'elle ne "tenait pas debout"... Tout cela est faux. Certains éléments intérieurs tels quelques pièces de la sacristie ou autres dépendances sont à l'abandon et à restaurer ; le chevet de l'église avec sa paroi orange (?) n'est pas très beau, il faut le concéder. Mais le reste est solide et a belle allure. On dirait une cathédrale. La solidité de Notre-Dame ne fait aucun doute - M. Kizirian au cours du conseil municipal l'a d'ailleurs admis.
Il y a tout dans ce bâtiment pour redonner vie à une belle église, dont la singularité monumentale serait le pendant du style différent de l'église Saint-Pierre. Ce sont deux étapes de l'architecture religieuse de Saint-Chamond. Il ne faut pas les opposer.
Le grand sculpteur Rodin écrivait que "les cathédrales françaises sont nées de la nature française" (dans Les cathédrales de France, 1914). Eh bien, pourquoi n'en irait-il pas de même pour Saint-Chamond : deux églises nées de la nature et de l'histoire de cette commune ?
Quant à la flèche orpheline, il ne sert à rien de s'en plaindre. Notre-Dame de Saint-Chamond rejoint ainsi la cathédrale de Strasbourg qui n'a jamais eu de seconde tour, et la cathédrale de Saint-Denis, tombeau des rois de France, dont une flèche fut foudroyée en 1837 et finalement déposée en 1845. Cela n'en fait pas un argument pour une mise à bas de l'église. Comme le dit le poète Paul Privat, personnalité saint-chamonaise : "quand un homme perd une jambe accidentellement, on ne l'ampute pas de la seconde"...
voter "OUI" le dimanche 26 avril
La "consultation populaire" du dimanche 26 avril n'est pas une vraie votation démocratique. Seule la position des partisans de la destruction est audible officiellement. Il n'y a pas de débat publique contradictoire ni de campagne électorale. Mais, ce dimanche 26 avril, il faudra tout de même aller voter "OUI" pour la sauvegarde de l'église Notre-Dame. Il faudra y aller nombreux et mobiliser autour de nous.
Michel Renard professeur d'histoire au lycée Claude Lebois de Saint-Chamond
18 mars 2009
pour continuer à se reconnaître dans notre ville :
voter "OUI" le 26 avril
pour ne jamais voir ceci photo éditée par le Comité de sauvegarde de l'église Notre-Dame (voir site)
cet hiver 2009, avant les travaux (photo extraite de Google Maps)
à l'emplacement de l'ancien marchand de tissus... (photo prise le 10 juin à 17 h 15)
Ce nouveau bâtiment est situé à hauteur du croisement du boulevard Victor-Hugo avec la rue de la Brosse (square des Palermes). À sa gauche, se trouve le garage "le Relais du Pneu".
école maternelle du Parterre, côté rue Marius Chavannes (entrée : rue des Capucins)
école maternelle du Parterre
rue Marius Chavannes
construite (?) en 1878
rue des Carrières
rue Marius Chavannes (vers route de Chavannes)
carrefour de la rue des Capucins (à gauche), de la rue Marius Chavannes (en face) et de la rue des Carrières (à droite) ; à gauche, école maternelle Parterre
panorama à partir de la route de Chavannes ; à l'horizon, cité de Fonsala
panorama à partir de la route de Chavannes
panorama à partir de la route de Chavannes ; au fond, le Pilat
route de Chavannes ; descente vers le centre ville
rue Montdragon, entrée de service du lycée de la Grand' Grange
rue Montdragon, entrée de service du lycée de la Grand' Grange
rue Montdragon
la maison jaune à l'ange de la rue Montdragon et de la rue des Capucins
panorama sur le centre ville à partir de la rue Montdragon
façade de la Grand' Grange à Saint-Chamond ; ancienne dépendance du château élevée en 1640, elle fut aménagée par le marquis de Montdragon en 1837 pour accueillir les Frères des École chrétiennes
façade de la Grand' Grange à Saint-Chamond
les cinq photos suivantes ont été prises de la rue Montdragon en regardant vers le sud, c'est-à-dire le bas de ce plan (cliquer sur l'image pour l'agrandir)
panorama à partir de la rue Montdragon ; au premier plan, la Montée des Moniots, que l'on voit ici dans le sens de la descente
panorama à partir de la rue Montdragon ; au fond, le Pilat
au fond à droite, l'ensemble des bâtiments de l'école Sainte-Marie
panorama à partir de la rue Montdragon ; à gauche, l'église Saint-Pierre
panorama ; la flèche de l'église Notre-Dame, la grande cheminée des Forges
panorama à partir du haut de la rue Montdragon ; la Vierge de la Grand' Grange
semi-ruines place de l'Observatoire ; en haut, les ruines restaurées de la Collégiale Saint-Jean-Baptiste
semi-ruines place de l'Observatoire : façade de l'ancien clocher de la Collégiale Saint-Jean-Baptiste
place de l'Observatoire
panorama à partir de la place de l'Observatoire
panorama à partir de la place de l'Observatoire
Grande rue de Saint-Ennemond ; le haut de l'église de Saint-Ennemond
l'église Saint-Ennemond à Saint-Chamond
porche d'entrée de l'église Saint-Ennemond
intérieur de l'église Saint-Ennemond, ouverte tous les jours de 14 h à 18 h
intérieur de l'église Saint-Ennemond : voûtes du plafond
l'église Saint-Ennemond à Saint-Chamond
sommet du clocher de l'église Saint-Ennemond à Saint-Chamond
angle rue de Lavieu et Grande rue Saint-Ennemond
Grande rue Saint-Ennemond
Grande rue Saint-Ennemond
vue de Saint-Chamond prise du haut de l'église Saint-Ennemond
Merci à Alain Rivory, dela revue le Jarez d'Hier et d'Aujourd'hui (société des Amis du Vieux St-Chamond), pour les rectifications et précisions topographiques qu'il m'a fournies après une première édition de ce reportage.
- résultats des élections européennes dans la circonscription Sud-Est
(Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Corse), selon les chiffres
définitifs communiqués par le ministère de l'Intérieur :
le tableau de bord d'une machine à voter à Saint-Chamond : 21 listes et l'option "vote blanc" - il faut d'abord appuyer sur la pastille (n°) de la liste choisie qui s'affiche sur le petit écran de contrôle, puis valider sur la touche verte
En vue de la création d'une ZAC sur le site des anciennes aciéries, Saint-Étienne Métropole et la ville de Saint-Chamond lancent une procédure de concertation.
Site
stratégique de l'agglomération, l'ex-site Giat offre une opportunité
d'implantation, tant au plan foncier et immoblier, que pour des projets
paysagers, de services ou industriels.
Saint-Étienne Métropole considère l'opération de restructuration du site des anciennes aciéries de Saint-Chamond comme stratégique et d'intérêt communautaire, et envisage sa mise en oeuvre en utilisant la procédure de Zone d'Aménagement Concertée (ZAC).
Avant création d'une ZAC, une démarche de concertation préalable est obligatoirement organisée conformément aux dispositions de l'article L 300-2 du code de l'urbanisme.
La population de la commune a été estimée à 35 500 habitants selon les enquêtes annuelles de recensement de 2004, de 2005, de 2006 et de 2007 effectuées chacune sur un échantillon annuel de 8 % de logement. Les hommes représentent 47% de cette population et les femmes 53%.
En 2005, la commune comptait 16 683 habitations, dont 15 198 résidences principales. Il y a environ 45% de propriétaires et 55% de locataires.
Saint-Chamond, devant l'usine de Tresse, avant 1914
Entre la classe sociale et la cité :
identité et intégration chez les ouvriers
de Saint-Chamond, 1815-1880
Elinor ACCAMPO (1982)
résumé Dans la seconde moitié du XIXe siècle, un important prolétariat
industriel naît à Saint-Chamond du textile et de la métallurgie lourde.
L'absence de tout mouvement ouvrier dans la ville est d'autant plus
remarquable qu'il se développe dans les cités voisines et à partir des
mêmes secteurs. Cet article suggère que cette absence de conscience
collective tient en partie à ce que la géographie sociale entraînée par
le développement industriel n'a pas provoqué de ségrégation de
l'habitat ouvrier susceptible d'aider à un sentiment d'identité et à un
sens de la communauté propres aux travailleurs. Au contraire, ceux-ci
ont été bien intégrés dans une ville qui se distinguait déjà par la
force de l'influence qu'y exerçait un patriciat commercial ancien et
dévot. Appuyé sur la reconstitution des familles et l'utilisation des
actes de naissance, de mariage et de décès, il voudrait montrer ce
qu'on peut tirer de l'état civil pour une étude des sociabilités.
article En 1927, un journaliste local, Stéphane Bertholon, publiait une série d'articles sur sa ville natale, Saint-Chamond. Il avait été amené à les écrire par le désir de conserver quelque chose du passé dans une période de bouleversements. Les années 1870, pensait-il, avaient marqué un virage dans l'histoire de sa ville. Le conseil municipal cessa alors de se recruter parmi les seuls notables, "triés sur le volet" ; il passa au contraire sous la domination d'hommes nouveaux à Saint-Chamond et dont les ambitions étaient "plus politiques que pratiques". Cette mutation au niveau des élites dirigeantes traduisait un changement plus profond, bien antérieur aux années 1870, et dont Bertholon avaient une conscience très claire : "la grande usine métallurgique, amenant à notre ville une quantité d'étrangers qui s'y fixèrent et y prirent droit de cité submergeant les gens du pays et leur imposant, grâce à la politique, des municipalités que n'animait pas, comme précédemment, l'amour de l'intérêt de la ville... Et à cause de cette invasion étrangère, la race des bons vieux Saint-Chamonais d'antan tend à se perdre de plus en plus" (1).
Il réagissait ainsi à un phénomène de plus ne plus fréquent dans nombre de villes du XIXe siècle : l'afflux "d'étrangers" venus aussi bien d'une commune voisine que d'un pays étranger pour participer à la constitution de cette nouvelle classe proliférante qui, par son déracinement, menaçait automatiquement l'ordre bourgeois des petites cités marchandes. À maints égards, on peut voir en Saint-Chamond l'exemple classique d'une ville transformée par les métamorphoses multiples, technologiques, économiques et sociales, typiques de l'industrialisation. Jusqu'aux années 1840, les plus importantes de ses industries étaient la clouterie, la rubannerie, le moulinage et la passementerie. C'étaient des activités domestiques, familiales, organisées sur la base du système de la sous-traitance, le secteur soyeux prenant des... (à suivre)
Elinor Accampo (trad. Claire Auzias)
(1) - Stéphane Bertholon, Histoire de Saint-Chamond, notes et souvenirs d'un vieux Couramiaud, Saint-Étienne, 1927, p. 145.
- article paru la revue Le Mouvement Social, n° 118, janvier-mars 1982, p. 39-59
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