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l'église Notre-Dame de Saint-Chamond

en fin de destruction...!

cauchemar-fiction


Le 26 avril de l'année dernière (2009), par une courte majorité, les citoyens ont refusé de poursuivre les travaux de rénovation de l'église Notre-Dame. Mal informés, ils ont cru contribuer à une économie de dépenses sans comprendre qu'ils donnaient le feu vert à un engrenage fiscal incontrôlable. Car la mise à bas de ce fleuron de notre patrimoine local ne s'est pas déroulée comme prévu.

Après la "consultation populaire", les derniers défenseurs de l'édifice ont eu beau manifester, et même s'enchaîner devant les grilles aussitôt dressées, le chantier de démolition a commencé au cours de l'été.

Tout y est passé : démolition sélective des éléments saillants par grignotage et écrêtage, puis démolition mécanique des parties hautes de l'église, et enfin démolition à l'explosif par foudroyage selon une méthode ultra rapide garantissant le contrôle parfait de la cinématique de chute.

Mais en ce jour de l'an 2010, il reste encore les parties basses de l'église. Les vandales avaient sous-estimé la stabilté mécanique des structures et le volume des déchets de démolition. Quand l'édifice s'est écroulé sur lui-même, il a constitué une masse enchevêtrée de pierre, de bois et de métal, impossible à évacuer rapidement. Comme si le bâtiment avait résisté à la disparition immédiate. Un pied de nez à ses fossoyeurs.

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Il en est résulté un surcoût qui sera porté en hausse de nos impôts locaux. La commune a sollicité un prêt pour couvrir ces dépenses imprévues. Évidemment, avec la crise le système des prêts n'est plus le même qu'avant... On a créé de nouveaux crédits bancaires appelés - comme dans l'Antiquité... - prêt à la "grosse aventure" dont les intérêts sont prohibitifs, 30% d'après le maire adjoint aux finances qui a démissionné.

Les finances locales seront bientôt dévastées. D'ailleurs, de sévères restrictions ont déjà débuté. Il a fallu fermer la piscine 5 jours par semaine. Les cantines scolaires ont vu reparaître le rutabaga et le topinambour. Et le parc de l'Hôtel de ville a été transformé en potager pour nourrir les employés municipaux.

En attendant, la phase finale de démolition risque de durer. On a eu longtemps un chantier de rénovation. On a maintenant un chantier de démolition.

Il paraît qu'à la Mairie, on envisage une "consultation populaire" pour évaluer l'urgence de terminer ce chantier. Car, après tout, on peut aussi s'en accommoder. Et quelques candidats ont revendiqué un usage des ruines.

Ainsi, un ensemble de séminaires et de workshops de la nouvelle université créée sur les ruines de Lyon II (le maire de Lyon a également fait détruire de "vieux" bâtiments...) se propose de tenir, in situ et sous des bâches, un colloque sur "les schèmes de la déconstruction du réel dans l'art contemporain".

Et des néo-plasticiens post-modernes souhaiteraient se confronter à la masse non détruite de l'ex-église pour un happening intitulé "impact du résidu minéral ecclésiastique".

Aimair
1er janvier 2010

Notre_Dame_et_les_grues
photo éditée par le Comité de sauvegarde de l'église Notre-Dame (voir site)

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