vendredi 23 décembre 2016

Antoine Pinay (1891-1994)

Pinay, Chalandon, 17 oct 1960
Antoine Pinay et le ministre Chalandon (au centre), le 17 octobre 1960 (arch. mun., fonds Gidrol)

 

 

Antoine Pinay (1891-1994)

liste des articles

 

 

 

 

Pinay_fauteuil_et_cigare

 

Pinay_pdt_Conseil
président du Conseil

 

14_juin_1952
14 juin 1952

 

conf_Gen_ve_1955
de g. à d., Mac Millan (G-B), Pinay, ministre des Affaires étrangères (France)
et Foster Dulles (USA)
à la conférence de Genève en juillet  1955

 

remise_banniere
Antoine Pinay et l'Union Musicale de Saint-Chamond en 1971

 

 

 

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lundi 9 mars 2015

l'usine de chapeaux de la famille Pinay

chapeau de paille Pinay

 

 

l'usine de Claude Pinay (père d'Antoine)

à Saint-Symphorien-sur-Coise

 

 

usine Pinay père (1)
Saint-Symphorien-sur-Coise, route de Givors, ouvrières de l'usine Pinay

 

usine Pinay père (2)
Saint-Symphorien-sur-Coise, route de Givors, ouvrières de l'usine Pinay

 

usine Pinay jeune sortie des ouvriers
sortie des ouvriers et ouvrières de l'usine Pinay jeune

 

usine Pinay père (3)
Saint-Symphorien-sur-Coise, route de Givors, sortie des ouvrières de l'usine Pinay

 

Pinay et Leduc (1)
personnel des Maisons Pinay et Leduc à Saint-Symphorien-sur-Coise, le 19 mars 1911

 

Pinay et Leduc (2)
personnel des Maisons Pinay et Leduc à Saint-Symphorien-sur-Coise, le 19 mars 1911

 

Pinay et Leduc portraits (1)    Pinay et Leduc portraits (2)    Claude Pinay en groupe
les dirigeants de l'entreprise Pinay et Leduc en 1911 ;

Claude Pinay est celui de gauche sur la 2e photo et celui du milieu sur la 3e

 

Celui que la légende d'une carte postale appelle "Pinay jeune" est le père d'Antoine : Claude Pinay (1852-1919), pour le distinguer de son propre père, "Pinay aîné" qui portait déjà le prénom Antoine (1822-1895).

La manufacture devient "Pinay & Leduc" en 1904.

 

Pinay et Leduc (3)
personnel des Maisons Pinay et Leduc à Saint-Symphorien-sur-Coise,
défilé du 19 mars 1911

 

Saint-Symphorien-sur-Coise cpa
carte postale ancienne de Saint-Symphorien-sur-Coise, avec le chapeau de paille d ela manufacture Pinay & Leduc

 

Pinay et Leduc (4)
première page d'une facture des Maisons Pinay et Leduc,
en date du 28 février 1901

 

Pinay Leduc 1909
avis d'expédition et facture de la Manufacture Pinay & Leduc, 1909

 

Pinay Leduc manufacture 1929
ordre de paiement, 1929

 

Pinay Leduc manufacture
carte de visite "Manufacture de chapeaux de paille et feutre mérinos" Pinay & Leduc

 

 

 

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dimanche 8 mars 2015

une lettre inédite d'Antoine Pinay en 1905

Antoine Pinay élève à Sainte-Marie
Antoine Pinay, jeune adolescent, élève à l'école Sainte-Marie de Saint-Chamond

 

 

une carte de l'élève Antoine Pinay

à son ami (cousin ?) Jean Pinay,

le 16 avril 1905 (inédit)

 

 

Pinay carte 16 avril 1905 (1)
recto de la carte : Antoine Pinay écrit le 16 avril 1905 à son ami (cousin ?) Jean ;
la carte représente une partie des bâtiments du collège Sainte-Marie à Saint-Chamond


 

Pinay carte 16 avril 1905 (2)
verso de la carte : elle est adressée à Étienne Pinay, le père de Jean,
domicilié à Saint-Symphorien-sur-Coise

 

On ne dispose guère de témoignages ni de sources écrites sur l'enfance d'Antoine Pinay. Sa biographie se concentre, habituellement, sur sa longue carrière politique.

Exceptionnellement, j'ai retrouvé une carte postale adressée à son ami (cousin ?) Jean Pinay par Antoine Pinay en date du 16 avril 1905.

Il est alors élève, en classe des "moyens" au collège Sainte-Marie à Saint-Chamond. Les parents d'Antoine, Claude (1852-1919) et Marie Antoinette (1861-1936) résident à Saint-Symphorien-sur-Coise, dans le Rhône, où le père dirige sa fabrique de chapeaux avec ses cent cinquante ouvriers.

La question est de savoir qui est ce Jean Pinay, fils d'Étienne Pinay, domiciliés également à Saint-Symphorien-suur-Coise, boulevard Étienne Blanchon. En 1901, Étienne, le père, a 40 ans, son fils Jean 7 ans, sa fille Marie 4 ans. Existe-t-il un lien de parenté entre les deux familles ? Peut-être.

Voici le texte.

- "Saint-Chamond, le 16/4/05.

Cher Jean,

Te voilà déjà en vacance tandis que moi encore huit jours. Nous aurons à peine une semaine à passer ensemble car tu rentre [sic] bien le 1er mai. Nous aurons tout de même le temps de nous amuser ensemble et de faire de la byciclette [sic]. il y aura 6 mois que Pierre et moi n'en auront [sic] pas fait, car je crois que tu en as fait au jour de l'an. Voilà l'entrée de la maison ou [sic] (je) suis en ce moment. Dans quelques jours je t'enverrai le reste de la maison ou [sic] une partie du reste car on ne la voit pas toute. Ou [sic] j'ai mis des croix, c'est le dortoir des petits ou [sic] je couchais l'année dernière ; et ou [sic] j'ai mis un trait, c'est l'étude des petits. En face de ce dortoir, il y a celui des moyens et l'étude des moyens où je suis cette année. Je te quitte car le papier me manque. Embrasse Rebelle et Maurice de ma part ; beaucoup de choses à tes parents. Je t'embrasse bien fort.

Antoine Pinay"

____________

 

La carte est adressée à Étienne Pinay avec la mention "Pour M. Jean". Le cachet indique la date du 17 avril, et l'année semble être "15", ce qui serait une erreur.

À cette date, Antoine Pinay a un peu plus de quatorze ans. On dit qu'il est entré à Sainte-Marie en 1902. Il aurait alors effectué deux années de "Petits" : 1902-1903 et 1903-1904. En 1905, il suivrait sa première année en "Moyens". À vérifier.

Michel Renard
professeur d'histoire
lycée de Saint-Chamond

 

la "division des Moyens" à Sainte-Marie,

selon le romancier Gabriel Chevallier (1937)

 

Les élèves du collège étaient répartis en trois divisions : les Petits, les Moyens et les Grands.

Chaque division, placée sous l’autorité d’un Préfet et d’un surveillant, avait sa salle d’étude, son réfectoire, son dortoir, sa cour de récréation et ses bancs à la chapelle. Les divisions ne devaient communiquer entre elles que le moins possible, car on estimait dangereuses les fréquentations entre garçons d’âges différents, dont l’évolution n’était pas au même point. On craignait les exemples de dissipation, et surtout la contagion de curiosités nuisibles à la pureté des plis jeunes.

De même qu’elles possédaient leurs installations propres, les divisions avaient, chacune, leurs traditions et leur climat. Les Petits faisaient plutôt pitié. Ils attendaient de grandir et enviaient les élèves des hautes classes, dont ils imitaient parfois les traits de caractère ou les singularités de costume. Les Grands, au contraire, bénéficiaient d’un prestige particulier. Ils connaissaient bien plus de choses que leurs cadets, on leur tolérait des licences plus grandes et des jeux plus téméraires. Promus au rang d’hommes, ils feraient bientôt leurs débuts dans la vie : un Eden allait s’ouvrir devant eux, où tout serait découvertes, aventures splendides et absence de contraintes.

Des trois divisions, la plus mal notée, sans conteste, se trouvait être celle des Moyens, composée de garçons qui traversaient l’aride période de l’«âge ingrat», de la mue, et qui subissaient les poussées spasmodiques d’une transformation mystérieuse et brouillonne au terme de laquelle ils atteindraient à l’adolescence véritable. Il est vrai que turbulence, insolence, inattention, paresse et vantardise étaient les ordinaires défauts des garçons, entre douze et quinze ans. Pour ces raisons, la division des Moyens jouissait d’une renommée un peu scandaleuse. On y chahutait ferme.

Gabriel Chevallier
Sainte-Colline, 1937,
Livre de Poche, 1962, p. 82-83

 

Sainte-Colline couv

 

 

 

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lundi 10 juillet 2006

Antoine Pinay (1891-1994)

063_pinay
maire de Saint-Chamond de 1929 à 1977

 

Antoine Pinay, 1891-1994


Dans l'Assemblée élues en 1951, avec une coupure droite-gauche qui tend à se rétablir, et une certaine supériorité à l'intérieur de la "troisième force", deux gouvernements émergèrent de l'instabilité chronique, celui d'Antoine Pinay et celui de Pierre Mendès-France.

Quant à l'évolution historique, elle s'achemine, dans ses grandes lignes, vers la prospérité économique, mais aussi la défaite en Indochine, l'ébranlement généralisé de l'empire colonial, et enfin vers la crise de conscience nationale de la C.E.D. Complexe faisceau ! après deux gouvernements éphémères, de Pleven puis d'Edgar Faure, c'est un modéré, Pinay, qui accède au pouvoir en 1952.

Antoine Pinay était né dans une petite ville de la Loire en 1891, fils d'un industriel de la chapellerie, à qui il se préparait à succéder. En fait, c'est son beau-père, également patron d'une entreprise moyenne (une centaine d'ouvriers), mais de tannerie, à Saint-Chamond, qu'il fut amené à remplacer après 1920.

Dans l'intervalle, il avait pris part à la guerre de 1914, brièvement mais courageusement, rescapé avec une grave blessure au bras et une flatteuse décoration. Sa famille et son éducation catholique le marquaient d'un rigoureux conservatisme provincial, avec cette forte culture du devoir social et du devoir civique que le centre-droit et le centre-gauche avaient de plus en plus consciemment en commun.

Patron compétent, au paternalisme efficace, il devient très vite le plus populaire et le plus honoré des notables de sa petite ville, et, malgré une modestie non feinte, il finit par en recevoir tous les honneurs : maire en 1929, conseiller général en 1934, député en 1936, sénateur en 1938.

En 1936, son élection de député avait fait barrage au candidat du Front populaire, un communiste. Pinay, quoique officiellement "clérical", avait été en fait sollicité et poussé en avant par le ministre de l'Intérieur Albert Sarraut, officiellement radical, lui, mais surtout anticommuniste. Même Édouard Herriot, en principe plus à gauche que Sarraut, tint toujours Pinay pour un de ses proches.

En 1940, Pinay a voté les pleins pouvoirs à Pétain, et Vichy l'a maintenu à sa mairie de Saint-Chamond. L'idéologie conservatrice et religieuse officielle de la Révolution nationale lui était naturellement proche, et son caractère le portait à penser que le devoir social consistait à rester parmi les siens pour les aider du haut de ses positions coutumières de maire et de chef d'entreprise. Cette apparence de collaboration lui valut en 1941 de figurer sur une première liste de membres proposés pour le Conseil national de Vichy. Il ne figura plus pourtant dans les suivantes, s'étant tenu à l'écart du pouvoir, et ayant fini par rendre de réels services à des persécutés et à des résistants.

Aussi la libération le vit-elle, comme bien d'autres, sanctionné dans un premier temps (il perdit sa mairie), puis promptement réhabilité et rendu à l'éligibilité. Il devait alors retrouver aisément ses sièges et ses mandats. Néanmoins, sous la IVe République, un homme qui était un notable catholique, un patron et un ancien vichyssois ne pouvait qu'être classé maintenant tout à fait à droite. Les communistes voient en lui le symbole deux fois détestable du pétainisme et du capital Il n'est pas sûr que leurs imprécations, démesurées comme elles l'étaient alors, aient desservi le député de la Loire, que le président Auriol, par exemple, prenait au sérieux et même estimait.

Pinay_Paris_MatchEn mars 1952, Antoine Pinay n'est pourtant pas encore un leader de premier plan ; il vient tout juste de faire ses premières armes ministérielles en 1951 dans les formations éphémères de Pleven puis d'Edgar Faure, mais jamais encore n'a été pressenti pour l'hôtel Matignon. Or voici qu'il obtient une majorité, sur la promesse d'un programme technique de lutte contre l'inflation par l'orthodoxie libérale : rigueur budgétaire et fiscale, emprunt, et appel à la confiance des épargnants. L'important surtout est que cette politique ait réussi parce que son appel à une sorte de tradition poincariste avait, si l'on ose dire, passé la rampe.

Effet propre de ces recettes, en heureuse concordance avec le renversement à la baisse du cours mondial des matières premières. Mais aussi vertu de ce qu'on appellerait aujourd'hui une "image", celle du politicien pas comme les autres. Taille moyenne, visage avenant mais plutôt grave avec la moustache courte à l'ancienne mode, costume strict, sans autre signe particulier qu'un inséparable petit chapeau rond en feutre ; et, au moral, toutes les présomptions de réalisme social et sensé que comportent la réussite dans l'économie locale, dans la gestion municipale, ainsi que la préférence donnée aux dossiers sur les discours.

Les socialistes ont refusé de s'associer à cette gestion trop classiquement libérale, c'est-à-dire, en principe, non sociale. Pinay cependant réussit à surmonter la crise financière en évitant toute dévaluation et tout impôt nouveau, grâce à des économies budgétaires et grâce à la confiance des possédants, séduits par une amnistie fiscale et par un emprunt indexé sur l'or et exonéré d'impôt. La crise, qui était pour une part conjoncturelle, s'achève et l'économie (mondiale) s'envole vers l'expansion. Ce sont déjà les premières des "trente glorieuses" (années) ainsi baptisées rétrospectivement par Jean Fourastié. L'euphorie économique etPinay_t_l_phone "l'image" de notable provincial traditionnel et rassurant donnent à Pinay une popularité supérieure à celle de tous ses prédécesseurs.

Contre le P.C., dont l'activisme révolutionnaire a frôlé l'émeute dans l'énorme journée de manifestations dures du 28 mai 1952 ("Ridgway la Peste"), son gouvernement mène une répression énergique et fait engager des poursuites pour complot (Jacques Duclos est même quelques jours emprisonné, affaire dite "des pigeons"). Contre le R.P.F., le coup est plus subtil. L'énergie conservatrice du président du Conseil séduit un certain nombre de députés élus sur les listes R.P.F., mais qui étaient plus hommes de droite que gaullistes ; ceux-ci votent un beau jour pour Pinay et entrent dans sa majorité ("dans le système", dit de Gaulle amer et les accusant aussi d'être "allés à la soupe"). Les purs demeurent dans un groupe R.P.F. réduit et moins important. Pour eux, comme pour le Général, ce revers marque le début de la "traversée du désert".

Pinay, cependant, ne fait pas de miracles partout. Il ne peut empêcher que l'armée piétine en Indochine sans pouvoir battre les maquisards, perdant même l'initiative. C'est le Viet-nam qui progresse vers le Laos, ce qui donna bientôt à l'état-major français l'idée d'aller fortifier Diên Biên Phu. Et les mouvements nationalistes, encore mal perceptibles en Algérie, lèvent la tête au Maroc et en Tunisie - au Maroc, autour du Sultan, en Tunisie, dans les maquis.

Maurice Augulhon, La République. 1932 à nos jours,
Hachette-Pluriel, 1992, p. 252-256.




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Antoine Pinay, surnommé "le sage de Saint-Chamond", ici en 1983


Antoine Pinay est décédé le 13 décembre 1994

 

 

 

 


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liens :

- biographie sur le site de l'Asemblée nationale

- Antoine Pinay, sénateur (1938-1941)

- vidéos de l'Ina, consacrées à Antoine Pinay

- FR3 Rhône-Alpes : vidéo du 13 décembre 2014

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Christiane Rambaud,
Pinay, Perrin, 1990.

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Paris Match, no 162 du 19 avril 1952

 

 

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