mercredi 14 décembre 2016

Henri Gidrol, 1917-2016 : Saint-Chamond dans l'âme

Henri Gidrol portrait

 

 

Henri Gidrol (1917-2016) :

Saint-Chamond dans l'âme

 

 

Henri Gidrol année 1960
Henri Gidrol parmi ses élèves, année 1960

 

Henri Gidrol en 1961
Henri Gidrol, professeur de mathématiques, en 1961

 

Henri Gidrol dans sa classe, en 1961 : cours de mathématiques au centre d'apprentissage, 2e année, du collège Claude Lebois.

 

Henri Gidrol 1968-1969 - 1
Henri Gidrol, lycée Claude-Lebois, 1968-1969

 

Henri Gidrol avec Pinay
Henri Gidrol avec Antoine Pinay dans le bureau du maire

 

Henri Gidrol est né le 5 septembre 1917, à Firminy (Loire).

Professeur de mathématiques et de sciences au collège Claude Lebois.

Maire-adjoint de 1959 à 1977. Conseiller régional.

Président du Comité des fêtes de Saint-Chamond.

Passionné par l'urbanisme, il est l'artisan de l'ensemble d'habitations de Fonsala.

Mort le 11 juillet 2016.

 

Henri Gidrol avec Pinay (2)
Henri Gidrol (à gauche) et Antoine Pinay, dans la propriété de ce dernier

 

Henri Gidrol en 1994
Henri Gidrol (au centre), en 1994, à la mort d'Antoine Pinay

 

 

 13 décembre 1994, France 3, la mort d'Antoine Pinay

Henri Gidrol interviewé, à la mort d'Antoine Pinay

 

 

"Saint-Chamond troisième ville du département entre Loire et Rhône", par Henri Gidrol, Conseiller Régional, Adjoint au Maire de Saint-Chamond, Le Courrier du Parlement, 18 janvier au 7 février 1977

 

* le fonds Henri Gidrol, aux archives municipales.

 

Michel Renard
professeur d'histoire

 

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vendredi 8 mai 2015

James Condamin (1844-1929) : biographie

James Condamin portrait sd
James Condamin, 1844-1929

 

 

la vie de James Condamin (1844-1929)

historien de Saint-Chamond

 Michel RENARD

 

Ceux qu'intéresse le passé de la ville de Saint-Chamond sont immédiatemment confrontés à l'oeuvre de James Condamin publiée en 1890 : Histoire de Saint-Chamond et de la seigneurie du Jarez.

* le prénom James est d'origine française ; il faut normalement le prononcer [ʒam] et non [dʒɛms]. Il s'agit d'une variante de Jacques. Il est passé en Angleterre après la conquête normande en 1066.

La reconnaissance de la commune à l'égard de James Condamin s'est exprimée par l'attribution de son nom à l'une des rues de la ville. Et son ouvrage est disponible à la bibliothèque municipale.

 

rue James-Condamin (10)
plaque de rue à Saint-Chamond

 

Certains Saint-Chamonais détiennent précieusement un original de l'Histoire de Saint-Chamond du chanoine Condamin.

Sa valeur marchande est assez élevée. Un exemplaire des 500 ouvrages tirés hors-commerce, et payés intégralement par souscription, s'achète à plus de 450 euros ces derniers temps. D'autres éditions peuvent s'acquérir pour quelques centaines d'euros.

 

Hist St-Cham couv int (1)
page de titre de l'édition originale de l'Histoire de Saint-Chamond, 1890

 

Une réédition a été effectuée par l'association Les Amis du Vieux Saint-Chamond en 1996.

En vérité, nous ne savons que peu de choses relatives à sa vie personnelle. James Condamin n'a laissé aucun écrit autobiograpique et si des proches ont rédigé des souvenirs, ceux-ci ne sont pas publics pour l'instant.

Des imprécisions circulent au sujet de James Condamin. On fixe, par erreur, sa date de décès à l'année 1928. Alors qu'il est mort le 4 mai 1929, ainsi qu'en témoigne, entre autre, sa sépulture au cimetière de Saint-Chamond.

Sa famille, frère et neveux, n'est guère connue. On méconnaît souvent que l'un des dessinateurs, appelée "Mme Joanny Condamin", est en fait l'épouse de Jacques "Joanny" Condamin, frère de James. Etc.

Et, surtout, on oublie qu'il fut une figure intellectuelle des milieux culturels catholiques de la région lyonnaise dans le dernier quart du XIXe siècle et dans le premier quart du XXe. Ses publications sont nombreuses et son enseignement s'est étalé sur quelques décennies. Sa renommée l'avait fait désigner pour prononcer le Panégéryque de Pierre l'Ermite en mai 1895 à l'occasion du 8e Centenaire de la Première Croisade, à Clermont-Ferrand.

 

Le Gaulois 18 mai 1895 - 1
Le Gaulois, 18 mai 1895

 

S'étant dévoué à l'histoire littéraire d'expression chrétienne (poètes, moralistes...), il fut également l'auteur fécond de nombreux récits de voyages, sous le pseudonyme de J. de Beauregard. Portrait même de l'érudition ecclésiastique de son époque, James Condamin a fourni des monographies locales (Saint-Chamond et Saint-Bonnet-le-Château, celle-ci en collaboration avec l'abbé François Langois), et encore des recherches d'histoire hagiographique (Martyrologe de la sainte église de Lyon) ou des traductions savantes de l'allemand et de l'anglais.

Son inclination pour la musique est à la source de plusieurs compositions qui connurent un écho certain.

À la suite d'investigations minutieuses, nous avons tenté de rassembler ce qu'on peut connaître de James Condamin et de restituer, de manière encore très incomplète, le personnage lui-même.

 

* Il ne faut pas confondre James Condamin (1844-1929) avec son homonyme, l'abbé Condamin (1807-1869), curé de la paroisse Sainte-Marie à Saint-Étienne à partir de 1846. [sur ce dernier, cf. Ernest Le Nordez (1839-1904) : M. l'abbé Condamin, curé de la paroisse Sainte-Marie (1869)]

En fait, cet abbé Condamin n'est pas un strict homonyme. Après recherche dans l'état civil, il apparait que son prénom est Benoît (ce prénom ne figure pas dans la notice biographique de Le Nordez). Il est né le 15 mars 1807 à Saint-Laurent-d'Agny, canton de Mornant dans le département du Rhône ; fils de Jean Baptiste Condamin, cultivateur et de François Chambry.
La confusion n'est donc pas possible.

abbé Condamin Ernest Le Nordez   Benoit Condamin acte naissance 15 mars 1807

 

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plan

 

  1) tableau généalogique de la famille

  2) les grands-parents de James Condamin

  3) les parents de James Condamin

  4) la naissance de James Condamin

      A) - un enfant mort-né
      B) - la naissance de Jean Pierre James Condamin

  5) Jacques-Joanny Condamin (frère de James) et son épouse

  6) les trois enfants de Joanny, neveux de James Condamin

      A) - Paul Condamin (1896-1897)
      B) - Ennemond Condamin (1899-1966)
      C) - Jean Condamin (1902-1984)

  7) les surnoms de "James" et de "Joanny"

  8) parcours de James Condamin
      A) - notice biographique de 1899
      B) - notice nécrologique de 1929
      C) - études et formation
      D) - prêtrise, premiers enseignements et thèses
      E) - professeur à la Faculté catholique de Lyon
      F) - domiciles

9) images de James Condamin ?

      A) - en 1874
      B) - en 1894
      C) - en 1911
      D) - en 1912

10) bibliographie de James Condamin

11) les centres d'intérêt de James Condamin

      A) - Joseph Joubert (1754-1824)
      B) - Victor de Laprade (1813-1883)
      C) - Léon XIII, pape
      D) - la composition musicale
      E) - les thèses de doctorat

12) l'Histoire de Saint-Chamond, par James Condamin

13) correspondance

14) la mort de James Condamin

15) la tombe de la famille Condamin à Saint-Chamond

16) la rue James-Condamin à Saint-Chamond

* pièces annexes (textes)

 

 

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1) tableau généalogique de la famille de James Condamin

 

tableau généalogique James Condamin (Michel Renard)
tableau généalogique de James Condamin, 1844-1929 (© Michel Renard)

 

 

2) les grands-parents de James Condamin

Le grand-père paternel de James Condamin se prénommait Joseph. Il était né à Châteauneuf (près de Rive-de-Gier) le 16 janvier 1770. Il a épousé Marie Étiennette Micolet (1772-1828). Il est décédé le 4 février 1836 à Saint-Chamond, à l'âge de 66 ans. Joseph exerçait la profession de cordonnier. James Condamin ne l'a jamais connu. Comme il n'a pas connu sa grand-mère non plus.

 

Joseph Condamin acte naissance 16 janv 1770
acte de naissance de Joseph Condamin, le 16 janvier 1770 à Châteauneuf (Rive-de-Gier)

 

Châteauneuf (1)
Châteauneuf, près de Rive-de-Gier (Loire)

 

Chateauneuf Rive-de-Gier octobre 2008
Rive-de-Gier, route de la Madone, Châteauneuf (oct. 2008) : là où est né Joseph, le grand-père James Condamin

 

Joseph Condamin décès 4 fév 1836
décès de Joseph Condamin, grand-père de James qui ne l'a jamais connu, le 4 février 1836

 

La grand-mère paternelle de James Condamin s'appelait Marie Étiennette Micolet. Elle était née à Saint-Chamond, paroisse Notre-Dame, le 5 avril 1772.

 

Marie Étiennette Micolet 1772
acte de baptême de Marie Étiennette Micolet le 5 avril 1772, grand-mère paternelle de James Condamin

Transcription :

Bapt[ême].
Marie Étiennette, fille des mariés Jean Pierre Nicolas, tailleur d'habits, demeurant dans cette (ditte) ville, paroisse de Notre-Dame, et de Catherine, chef des jardins [?], née ce jourd'huy cinq avril mil sept cent soixante douze [1772], a été baptisée le mesme jour dans l'église de la ditte paroisse par moy vicaire d'icelle, soussigné. Le parrain a été Denis Mathivet, oncle de l'enfant et la marraine, Marie Étiennette Faugeat femme de Antoine Faveriat, boulanger, sa cousine, qui ont signé avec le père.

sign. dont celle de Rozet : vicaire

 

décès Marie Étiennette Micolet 1828
acte de décès de Marie Étiennette Micolet (grand-mère paternelle de James Condamin) en 1828

 

La grand-mère paternelle de James Condamin, Marie Étiennette Micolet, est décédée à neuf heures du matin le 15 août 1828 en son domicile, rue Ventefol. Sa mort a été notifiée à l'état civil - fait un peu étrange... - par un huissier (Jean Charles Vial) et un agent de police (Blaise Fond) de Saint-Chamond. Son époux était-il absent ? Des voisins auraient-ils alors prévenus la police ?

 

 

3) les parents de James Condamin

Le père de James Condamin s'appelait Pierre Marie. Il était né le 8 mai 1809 à Saint-Chamond, rue Ventefol. À sa mort, le 20 septembre 1891, à l'âge de 82 ans, il était désigné comme "propriétaire rentier".

 

naissance Pierre Marie Condamin père 1809
acte de naissance de Pierre Marie Condamin, le 8 mai 1809 (père de James Condamin)

 

rue Ventefol 9 mai 2015 (1)
Pierre Marie Condamin (père de James Condamin) est né rue Ventefol (photo du 9 mai 2015)

 

La mère de James Condamin s'appelait Étiennette Gonin. Elle était née le 11 décembre 1821 à Saint-Chamond.

 

acte naissance Étiennette Gonin 1821
acte de naissance d'Étiennette Gonin le 11 décembre 1821 à Saint-Chamond ; c'est la mère de James Condamin

 

Pierre Marie Condamin, âgé de trente ans, et Étiennette Gonin, âgée de dix-huit ans, se sont mariés le 16 juin 1839 à Saint-Chamond. Un peu moins de cinq ans plus tard naissait James Condamin.

 

mariage des parents de James Condamin 16 juin 1839
acte de mariage de Pierre Marie Condamin et d'Étiennette Gonin, le 16 juin 1839

 

Transcription de l'acte de mariage des parents de James Condamin :

Ce jourd'hui seize juin mil huit cent trente-neuf [1839], devant nous Maire, officier de l'état civil de la ville de Saint-Chamond, se sont présentés, pour contracter mariage, Sieur Pierre Marie Condamin, commis négociant, né cette ville de Saint-Chamond le huit mai mil huit cent neuf [1809], fils légitime et majeur des défunts Joseph Condamin et Marie Étiennette Micolet, tous deux décédés en cette même ville le quatre février mil huit cent trente six et quinze août mil huit cent vingt-huit ; le dit Condamin domicilié en cette ville rue de la Caure, d'une part,

la demoiselle Étiennette Gonin, fille mineure de Claude Gonin et Marie Callet, marchands bouchers demeurants [soc] en la ville à Saint-Chamond, rue de la Boucherie ; la dite Gonin née à Saint-Chamond le onze décembre mil huit cent vingt-et-un [1821], d'autre part,

Les parties procèdent, savoir le futur comme majeur et libre, ses pères et mère décédés aux dates ci-dessus, pas encore libéré du service militaire par le numéro 104 qu'il a obtenu au tirage en cette ville et qui n'a pas été appelé ; la future encore mineure, sous l'autorité de son père ici présent. Etc.

 

Le père de James Condamin a vécu 82 ans, nous l'avons vu ; il est mort à son domicile, 82 rue de la République, à deux heures matin.

 

Pierre Marie Condamin décès 20 sept 1891
acte de décès de Pierre Marie Condamin, le 20 septembre 1891 (père de James Condamin)

 

La mère de James Condamin a vécu plus de 80 ans ; elle est décédée à cinq heures du soir, chez elle, le 15 octobre 1902.

 

décès Étiennette Gonin 15 oct 1902
acte de décès d'Étiennette Gonin, épouse Condamin, le 15 octobre 1902 (mère de James Condamin)

 

Les deux frères, James et Joanny, procèdent à la déclaration de décès de leur mère, auprès de l'état civil, le jeudi 16 octobre 1902 à Saint-Chamond.
James, cinquante-sept ans, demeurant à Lyon, est mentionné comme "chanoine, professeur à l'université catholique" ; Joanny, cinquante ans, habitant Saint-Chamond, comme "marchand de soie".

 

rue République vers les numéros 50
sur le côté gauche de la photo, les numéros 50 de la rue de la République,
quelques années après la mort de Pierre Marie Condamin qui habitait au n° 52

 

52 rue de la République 9 mai 2015 (1)
le n° 52 de la rue de la République où mourut le père de James Condamin (photo du 9 mai 2015)

 

 

4) la naissance de James Condamin

Jean Pierre, dit James, Condamin est né le le 22 mars 1844 à Saint-Chamond au domicile de ses parents, Grande Rue.

A) - Ses parents s'étant mariés en juin 1839, un délai de cinq années s'est donc écoulé avant la venue au monde de ce garçon. Les archives ont révélé qu'en 1840 (31 mars), le couple avait connu la douleur d'un enfant mort avant terme.

 

mort-né Condamin 1840
l'enfant mort-né du couple Pierre Condamin et Étiennette Gonin, 31 mars 1840

 

B) - Que s'est-il passé dans les trois années qui ont suivi ? Craintes psychologiques, raisons médicales... On ne le sait pas. En tout cas, le couple voit naître un garçon en mars 1844.

 

James Condamin naissance 1844 - 1
acte de naissance de Jean Pierre (James) Condamin, le 22 mars 1844 à Saint-Chamond

 

Le recensement de l'année 1846 nous fournit l'adresse précise des époux Condamin et de leur jeune garçon : le numéro 42 de la Grande Rue, actuelle rue de la République. Et l'enfant Jean Pierre est déjà surommé James.

 

recensement 1846 rue Rép n° 42 Condamin
extrait du recensement de 1846 : n° 42 de la Grande Rue (actuelle rue de la République)

 

42 rue Rép St-Cham 2 août 2015 (1)
le n° 42 de la rue de la République à Saint-Chamond (2 août 2015) :
James Condamin y passa les premières années de sa vie

 

42 rue Rép St-Cham 2 août 2015 (2)
le n° 42 de la rue de la République à Saint-Chamond (2 août 2015)

42 rue Rép St-Cham 2 août 2015 (3)
le n° 42 de la rue de la République à Saint-Chamond (2 août 2015)

 

 

5) Jacques-Joanny Condamin (frère de James) et son épouse

James Condamin avait un frère cadet prénommé Jacques à sa naissance et ayant reçu "Joanny" comme prénom d'usage. Il est né le 23 décembre 1851 à Saint-Chamond au domicile de ses parents, Grande Rue.

 

Jacques Condamin naissance 1851 - 1
acte de naissance de Jacques dit Joanny Condamin, le 23 décembre 1851 à Saint-Chamond

 

"Mme Joanny Condamin", est l'épouse de Jacques-Joanny et l'un des auteurs des dessins descriptifs de l'ouvrage de son beau-frère : Histoire de Saint-Chamond et de la seigneurie du Jarez (1890).

Elle s'appelait Annette Marie Pauline Pailhade, née le 2 mai 1856 à Grand-Serre dans la Drôme.

 

Grand-Serre Drôme (1)
Grand-Serre, dans la Drôme, au début du XXe siècle : Annette Pailhade y est née en 1856

 

Grand-Serre Drôme (2)
Grand-Serre, dans la Drôme, au début du XXe siècle :
Annette Pailhade, future épouse Condamin y est née en 1856

 

Annette Pailhade se marie avec Jacques (Joanny) Condamin le 1er septembre 1879 à la mairie du 2e arrondissement de Lyon. À ce moment, elle habite avec ses parents au numéro 84 de la rue de la Charité à Lyon. Son père est receveur des Domaines en retraite.

 

rue de la Charité à Lyon (1)
à gauche de l'Hôtel de Verdun, le n° 84 de la rue de la Charité à Lyon (dans l'entre-deux guerres)

 

rue de la Charité à Lyon (2)
le n° 84 de la rue de la Charité à Lyon, en 2014 (porte verte)

 

rue de la Charité à Lyon (3)
le n° 84 de la rue de la Charité à Lyon, en 2014 (porte verte)

 

Jacques Joanny Condamin est mort le 25 novembre 1925, peu avant ses soixante-quatorze ans. La date du décès d'Annette Condamin ("Madame Joanny Condamin") n'est pas connue.

 

 

6) les trois enfants de Joanny, neveux de James Condamin

Jacques-Joanny Condamin, frère cadet de James, a eu trois garçons qui furent donc les neveux de James Condamin :

- Paul : 1896-1897

- Ennemond : 1899-1966

- Jean : 1902-1984

 

______________

 

A) - Paul Condamin est né le mardi 8 septembre 1896 et mort, n'ayant pas atteint ses onze mois, le 1er août 1897.

Parmi les deux deux témoins de la déclaration de naissance, figure : "Condamin Jean Pierre, dit James, chanoine honoraire de Lyon et de Bordeaux, docteur en théologie et docteur ès lettres, professeur à l'Université catholique de Lyon, âgé de cinquante-deux ans (...) domicilié en cette ville". James Condamin témoignait pour son premier neveu.

 

Paul Condamin naissance - 1
acte de naissance de Paul Condamin, le 8 septembre 1896

 

Paul Condamin acte de décès 1897
acte de décès de Paul Condamin, le 1er août 1897

 

 

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B) - Ennemond Condamin est né le samedi 4 novembre 1899 à Saint-Chamond au domicile de ses parents. Il est décédé le lundi 5 septembre 1966 à Lyon, dans le 6 arrondissement.

Il fut le deuxième neveu de James Condamin.

 

Jean Condamin acte de naissance
acte de naissance d'Ennemond Condamin, le 4 novembre 1899 à Saint-Chamond

 

Jean Condamin bulletin de naissance
bulletin de naissance d'Ennemond Condamin (1899), deuxième neveu de James Condamin

 

Ennemond Condamin a épousé Suzanne Payen le 8 janvier 1924 à Lyon 2e.

Suzanne Payen était née le 27 novembre 1901 à Lyon, 2e. Elle est décédée le 31 janvier 1989 à Lyon 2e.

 

Suzanne Payen naissance 1901
acte de naissance de Suzanne Payen (1901), épouse d'Ennemond Condamin

 

Ennemond Condamin fiche matricule
fiche matricule militaire d'Ennemond Condamin, né en 1899


La fiche matricule d'Ennemond Condamin nous apprend que son recensement a dû avoir lieu en 1918, date à laquelle on enregistre sa "faiblesse". En 1920, celle-ci est confirmée et on ajoute une entérite (inflammation de l'intestin). Même diagnostic en 1921, qui conduit en 1922 au constat d'une "faiblesse irrémédiable".

En 1918, il était étudiant, et lorsque la fiche matricule, aujourd'hui conservée, est créée (le 27 février 1920), il est noté comme courtier en bourse.

 

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C) - Jean Condamin est né le dimanche 10 août 1902 à Saint-Chamond ; il est mort le 10 janvier 1984 à Sainte-Maxime dans le Var.

Il fut le troisième neveu de James Condamin.

Il a été recensé en 1922.

 

Condamin Jean 1902
acte de naissance de Jean Condamin, le 10 août 1902 à Saint-Chamond

 

Il a épousé Paule Ludivine de Chapuys Montlaville, née le 1er janvier 1904 (décédée en 1991) et dont le père était baron, en 1925, au château de Dorlière-Beauzac en Haute-Loire.

Le journal Le Gaulois rendit compte du mariage dans son édition du lundi 12 octobre 1925.

 

château Dorlière-Neauzac mariage 1925 Jean Condamin
château de Dorlière à Beauzac (Haute-Loire) où Jean Condamin, troisième neveu de James,
a épousé Ludivine de Chapuys Montlaville en 1925

 

Le Gaulois 12 oct 1925
Le Gaulois, lundi 12 octobre 1925

 

Le Gaulois 12 oct 1925 art
Le Gaulois, lundi 12 octobre 1925

 

Article du Gaulois, le lundi 12 octobre 1925 : " - Le chanoine Condamin, doyen de la Faculté catholique des lettres de Lyon, vient de bénir, en l'église de Beauzac (Haute-Loire), le mariage de Mlle Paule Ludiwine de Chapuys-Montlaville, fille du baron et de la baronne de Chapuys-Montlaville, avec M. Jean Condamin, fils de M. Joanny Condamin, chevalier de la Légion d'honneur, et de Mme, née Pailhade."

 

Beauzac église
église de Beauzac (Haute-Loire) dans laquelle James Condamin a béni le mariage de son neveau,
Jean Condamin avec Ludivine de Chapuys-Montlaville (fille de baron), en 1925

 

 

7) les surnoms de "James" et "Joanny"

 

surnoms frères Condamin

 

On sait par le recensement de 1846 que Jean Pierre Condamin, âgé de deux ans, portait déjà le surnom de James. C'est donc un choix de ses parents. Son frère Jacques, de sept ans plus jeune, a dû recevoir son surnom de Joanny très tôt également. Quelles raisons conduisirent les parents à désigner ainsi leurs deux fils ?

Un indice peut être formulé, qui impliquerait le sentiment religieux de la famille. Mais c'est une hypothèse que rien ne peut étayer, ni infirmer, pour l'instant.

James est, en effet, une variante de Jacques On a donc peut-être donné au premier garçon, survivant, le nom d'un apôtre. Pourquoi celui-ci et non un autre ? Mystère. Nous ne savons pas si un choix de prénom avait été envisagé pour le premier enfant, mort avant terme en 1840.

Quand le deuxième est né, on a peut-être voulu persister dans la démarche. Joanny est une variante de Jean. Là, cette option pourrait s'expliquer. Parmi les douze apôtres (ou le "groupe des Douze", parce qu'il existe des apôtres extérieurs à ce groupe) se trouvent deux frères : Jacques le Majeur et son cadet Jean. Les deux frères Condamin étaient ainsi placés sous la protection de deux apôtres dont la tradition rapporte qu'ils furent très proches de Jésus.

Le rapport d'aînesse de James par rapport à son frère Joanny ne pouvait être désigné avec les prénoms d'état civil (qui étaient aussi des noms d'apôtres) puisque le premier s'appelait Jean et Pierre et le second Jacques. Dans la tradition chrétienne, Jean n'est l'aîné de personne et Pierre est le cadet d'André. Quant à Jacques, soit il s'agit du Majeur, soit du Mineur dont on sait seulement qu'il fut apôtre.

Donc la mise en rapport de l'ordre de naissance de cette fratrie de deux enfants avec des références chrétiennes exemplaires ne pouvait qu'emprunter la fratrie apostolique de Jacques (James) et Jean (Joanny).

 

Jacques et Jean apôtres
Jacques et Jean, fils de Zébédée, musée des pèlerinages, Saint-Jacques-de-Compostelle

 


 

8) parcours de James Condamin


A) - la notice biographique de 1899

Dictionnaire Loire 1899 (2)

Dans l'édition de 1899 du Dictionnaire, annuaire et album de la Loire (coll. "Les dictionnaires départementaux", Paris, Henri Jouve, imprimeur-éditeur), on trouve cette notice relative à l'abbé James Condamin, à son parcours et à ses publications, y compris celles parues sous le pseudonyme de J. Beauregard :

 

Annuaire 1899 (1)

Annuaire 1899 (2)

Annuaire 1899 (3)
Dictionnaire, annuaire et album de la Loire, 1899

 

 

B) - la notice nécrologique de 1929

 

nécro Condamin (1)

nécro Condamin (2)

nécro Condamin (3)
Semaine religieuse du diocèse de Lyon, 23 août 1929, p. 187-189

 

C) - études et formation

 

ancien collège Sainte-Marie
l'ancien collège Sainte-Marie, à Saint-Chamond, a laissé la place à la Mairie ; James Condamin le fréquenta

 

James Condamin fréquenta le collège Sainte-Marie à Saint-Chamond. Cet établissement n'était pas encore situé route du Coin, mais installé dans l'ancien couvent des Minimes, actuellement occupé par la Mairie.
Il y entra au mois d'octobre 1858 (âgé de quatorze ans donc), en classe de sixième, obtenant dix prix. Ce qui le fit passer directement en classe de quatrième où il reçut sept nominations.
Il devint bachelier ès-lettres et choisit d'entrer au Grand Séminaire de Saint-Irénée, à Lyon qui venait, depuis quelques années, d'inaugurer ses nouveaux bâtiments, près de l'église et de la colline Saint-Just.

 

grand séminaire Saint-Irénée Lyon
le grand séminaire Saint-Irénée à Lyon, où James Condamin étudia

 

D) - prêtrise, premiers enseignements et thèses

En 1868, il fut ordonné prêtre (a-t-il alors été précepteur dans une maison particulière ?) et retourna au collège Saint-Marie de Saint-Chamond pour y enseigner.

 

James Condamin 1868
James Condamin à l'âge de 24 ans, parmi la fanfare du collège Sainte-Marie

 

James Condamin (1868, seul)
James Condamin en 1868

 

En 1869, il était à l'École cléricale de Saint-Pierre, toujours à Saint-Chamond.

Très vite, il fut nommé au petit séminaire de Montbrison pour enseigner la réthorique. En 1873, il était reçu licencié ès-lettres.

 

Montbrison le séminaire (2)
montée du petit séminaire à Montbrison

 

Montbrison le séminaire (1)
le séminaire de Montbrison (Loire) où James Condamin enseigna dans les années 1870

 

Le 18 décembre 1876, James Condamin soutenait une première thèse pour le grade de docteur en théologie ; le sujet en était : Étude historique sur saint Ennemond, évêque de Lyon.
Et le 13 août 1877, double soutenance de thèse pour le grade de docteur ès-lettres ; l'une en latin : De Q. S. F. Tertulliano, vexatae religionis patrono et praecipuo, apud Latinos, christianae linguae artifice (À propos de Quintus Septimius Florens Tertullien, avocat de la religion malmenée, et principal artisan, chez les Latins, de la langue chrétienne) ; l'autre en français : Essai sur les Pensées de J. Joubert (2 vol.). Joseph Joubert (1754-1824) avait été un moraliste qui ne publia rien de son vivant ; sa veuve remit ses notes à Chateaubriand qui en édita un recueil en 1838.

 

église primatiale Saint-Jean à Lyon
l'église primatiale Saint-Jean à Lyon : James Condamin y était chanoine

 

E) - professeur à la Faculté catholique de Lyon

À la rentrée 1877, il fut recruté comme professeur de littérature étrangère à la Faculté catholique de Lyon - qui venait de créer une faculté de Lettres (avant, il n'y avait que le Droit) - et occupa ce poste jusqu'en 1890. À cette date, il enseigna la littérature française jusqu'à la fin de sa carrière.

Il n'a jamais apprécié la laïcité scolaire, et s'en livre dans l'un de ses récits de voyages : "Ajoutons que l'école laïque, cette triste spécialité de la France, est chose inconnue aux pays Scandinaves : la Religion est partout réglementairement enseignée dans les écoles officielles ; on n'y a, nulle part, la sottise de croire qu'on travaillerait utilement à la grandeur future de l'État en lui préparant des générations de petits athées..." (Au pays des Fjords (Danemark, Suède, Norvège), 1897, p. 203).

James Condamin était doyen de la faculté des Lettres de l'Université catholique de Lyon depuis 1906. En 1926, il devint doyen honoraire.

Peu de traces de cette carrière... Un témoignage, tardif, de l'un de ses collègues et successeurs, et d'abord ancien élève, émerge du livre de Louis Aguettant (1871-1931), La vie comme une oeuvre d'art (parue sous les soins de son gendre, Jacques Longchampt en 2006, éd. L'Harmattan).
Notons que Louis Aguettant, plus tard, a enseigné la langue et la littérature latine à la Faculté des lettres dont James Condamin était le doyen...

 

Louis Aguettant assis
Louis Aguettant (1871-1931)

 

Louis Aguettant a longtemps tenu un journal. À l'année 1888, ce journal commente la rentrée des cours à la Faculté catholique en lettres.

Plusieurs professeurs sont décrits : "Lundi (22 octobre). Ce soir, à deux heures [14 heures ], j'ai commencé ma nouvelle vie d'étudiant ès lettres. Deux cours, M. Bonnel, d'abord, nous a parlé d'une façon fort intéressante de l'éloquence à Rome (débuts), puis M. Devaux, un abbé, a fait sa première conférence, c'est-à-dire une suite de conseils pour l'année. Sujet de dissertation latine à rendre dans quinze jours : Nascuntur poetae, fiunt oratores. M. Bonnel est maigre, sec, l'oeil très vif et l'air très bon, soixante ans environ, et des lunettes d'or, naturellement. Je connaissais déjà M. Devaux pour avoir été collé par lui aux Minimes. Un détail : il y a une quinzaine au moins de jeunes abbés pour trois laïques. C'est une majorité trop écrsante. Peut-être y aura-t-il un nouveau contingent en novembre.

- Mardi 23. J'ai eu un cours de M. Léotard, assez ennuyeux sur les institutions anciennes ; il lit tout, ce qui donne beaucoup de monotonie. M. Lepître (abbé qui nous enseigne la grammaire comparée) lit aussi ; mais la chose enseignée me plaît davantage. - Mercredi. J'ai ce soir un mal de tête intense ; cela vient-il de ces trois heures de cours de suite, la plume à la main ? D'abord, M. Condamin ; il parle très facilement, improvise tout son cours, mais phrase trop : c'est agaçant. Il quintessencie et s'écoute parler. J'ai été heureux quand le bon et simple abbé Gonnet est venu nous parler, sans ornements, avec une élocution difficile, des accents en grec. Au moins, tous ses mots portent ; point de phrases mais, je crois, beaucoup de savoir" (p. 37).

Cette impression a-t-elle perduré ? En tout cas, professeur depuis une dizaine d'années, James Condamin semble très à l'aise dans sa fonction. Il ne lit pas son cours, comme d'autres de ses collègues ; il improvise car il maîtrise parfaitement son sujet et manifeste ceftainement des qualités d'orateur, même si son style est ici blâmé par Louis Aguettant. Ce dernier note, plus sobrement, le samedi 15 décembre [1888] : "J'ai remis à M. Condamin mon premier devoir français."

Il y a aussi les facéties. Dans une lettre du 21 novembre 1889, Aguettant raconte à son ami Louis Mercier (1870-1951) "une échappée de rhétoriciens en gaieté que nous nous sommes permise, Belmont et moi. N'avons-nous pas envoyé à ce pauvre abbé Condamin deux dissertations à rendre chauve d'étonnement un professeur cent fois plus chevelu que lui ! deux dissertations peintes avec un balai ivre, barbeysques, Paul-de-Saint-Victoresques, rouges comme le gilet inoubliable de Théo [Gautier]. Et cela sur Bossuet, le plus vénérable et le plus rotond des classiques ! Il faut être jeune pour faire de la couleur sur un tel sujet. Je l'ai comparé à Beethoven ! vous voyez ça d'ici. Belmont a commencé ainsi «Le XVIIe siècle a fait du jeune avec le vieux». Et cela continue ainsi pendant six grandes pages !" (p. 48).

Une pantalonnade qui n'a pas eu l'heur de plaire au professeur. Louis Aguettant narre le corrigé de ces "dissertations hirsutes" sur Bossuet : "L'abbé Condamin a cousu un compliment à la queue de ses épigrammes : «Ces devoirs me prouvent deux choses : d'abord que ces messieurs n'ont pas encore voulu se mettre au travail, et ensuite qu'ils ont du...» [à suivre] (p. 49).

 

La vie comme une oeuvre d'art couv

 

 

En 1913, James Condamin est nommé chanoine honoraire. En 1926, il est doyen honoraire de la Faculté des lettres.

 

 

F) - domiciles

En 1896, James Condamin est domicilié à Saint-Chamond (selon l'acte de naissance de son premier neveu). En 1902, il réside à Lyon (depuis quand ?).

 

place Bellecour Lyon (1)
place Bellecour à Lyon : James Condamin y a vécu au n° 26 (à gauche sur la photo)

 

26 place Bellecour mai 2014 (1)
le n° 26 de la place Bellecour à Lyon, où habita James Condamin (photo mai 2014)

 

26 place Bellecour mai 2014 (2)
le n° 26 de la place Bellecour à Lyon, où habita James Condamin (photo mai 2014)

 

 

9) images de James Condamin ?

Mis à part les deux photos de la fin des années 1860, on ne connaît pas de portrait officiel de James Condamin, il ne figure dans aucun annuaire ecclésiastique. Cependant, il existe des photographies de groupes sur lesquelles il aurait pu figurer ou d'autres sur lesquelles sa présence est une probabilité assez forte.

A) - en 1874
Sur deux portraits de classes du petit séminaire de Montbrison, datés d'environ 1874 (au moment il y enseignait), James Condamin n'est pas présent mais a certainement dû côtoyer les personnes qui posent.

 

petit séminaire Montbrison vers 1874 (1)
petit séminaire de Montbrison, vers 1874 ; James Condamin n'y figure pas

 

Condamin 1874 portrait classe
petit séminaire de Montbrison, vers 1874 ; James Condaminn'y figure pas non plus

 

B) - en 1894

À l'été 1894, James Condamin effectua un voyage en Italie et en publia le récit l'année suivante dans son livre Du Vésuve à l'Etna.

Son ouvrage contient quelques photos dont celle de la baie de Napoli, à Sorrento, sur laquelle on voit deux personnages (p. 63). Il se pourrait bien que l'homme assis soit James Condamin lui-même. Il avait cinquante ans à l'époque. Mais nous n'en avons aucune certitude et le cliché est peu évocateur.

 

Baie de Napoli - 1
Du Vésuve à l'Etna, James Condamin sous le pseudonyme de J. de Beauregard, 1895

 

C) - en 1911

Il y a deux autres occasions au cours desquelles James Condamin a très certainement dû apparaître publiquement et qui ont laissé une trace. Il s'agit notamment des obsèques de deux personnalités catholiques, en 1911 à Dijon et en 1912 à Lyon.

Mgr Dadolle 1857-1911
Mgr Pierre Dadolle (1857-1911)


Le 22 mai 1911 décède à Dijon, l'évêque du lieu, Pierre Dadolle (1857-1911). Ordonné prêtre en 1880, puis ayant soutenu ses thèses, il fut nommé professeur à la faculté de théologie catholique de Lyon en 1886 et recteur de cette université en 1894, jusqu'en 1906 où il devint évêque de Dijon. Il décède subitement à l'âge de 54 ans. Ses funérailles ont lieu cinq jours plus tard.

 

funérailles Mgr Dadolle (1)
funérailles de Monseigneur Dadolle, à Dijon, le 27 mai 1911, cortège de la Faculté catholique de Lyon 

 

Si les obsèques de Mgr Dadolle se sont déroulées à Dijon, une importante délégation de clercs lyonnais s'y rendit le samedi 27 mai 1911, conduite par Mgr Déchelette, auxiliaire de Lyon.
Et, parmi, eux des réprésentants des Facultés catholiques. Une carte postale ancienne en représente le cortège de dos, s'apprétant à entrer dans la cathédrale Sainte-Bénigne où l'évêque de Nevers, Mgr Chatelus prononça l'éloge funèbre avant que le corps ne soit descendu dans la crypte.

 

obsèques Dadolle 27 mai 1911 Faculté catho Lyon détail
funérailles de Monseigneur Dadolle, à Dijon, le 27 mai 1911, cortège de la Faculté catholique de Lyon, détail

 

Si on compare cette image avec celle de 1912, qui suit, on identifie une même personne à la tête des délégations. D'apparence frêle mais l'air énergique, il s'agit vraisemblablement de Mgr Fleury Lavallée (1870-1961) qui fut recteur des Facultés catholiques de Lyon de 1910 à 1945. Nous en sommes sûrs qu'il participa à cette solennité, comme le précise le journal La Croix en date du jeudi 19 septembre 1912.

Déjà doyen de la Faculté des Lettres, le chanoine James Condamin devait, en conjecture raisonnable, faire partie de la délégation à Dijon en 1911. Mais, de dos, il n'est pas aisément identifiable. Ce qui est différent l'année suivante.

 

D) en 1912

 

Mgr Lavallée 1911 et 1912
en 1911 et en 1912, une même personne conduit le cortège des Facultés catholiques de Lyon,
et James Condamin se trouve dans chacun d'eux

 

En 1912, en effet, eurent lieu les funérailles du cardinal Coullié, archevêque et primat des Gaules depuis septembre 1893. Le cardinal décéda le mercredi 11 septembre ; sa dépouille fut déposée dans la cathédrale de Saint-Jean d'où partit le cortège le mardi 17 septembre.

 

cardinal Couillé 1829-1912
le cardinal Coullié,
mort en septembre 1912

 

La cérémonie fut imposante. Plusieurs images en ont été conservées. De très nombreux membres du clergé et de sociétés catholiques diverses ont défilé ; le public était massé le long du parcours. Même si une seule, parmi les images qui suivent, concerne Condamin, leur publication rappelle l'importance de l'expression religieuse catholique dans la France d'avant 1914, et particulièrement à Lyon, "capitale des Gaules". L'univers dans lequel vécut le chanoine et professeur James Condamin.

 

funérailles Mgr Coullié char funèbre
le char funèbre du cardinal Coullié, le 17 septembre 1912

 

char funèbre 1912 avec cardinal Luçon
le char funèbre du cardinal Coullié, le 17 septembre 1912, avec le cardinal Luçon (coin droit, en bas)

 

funérailles Mgr Coullié le clergé - 1
funérailles du cardinal Coullié, le 17 septembre 1912 : le clergé

 

funérailles Mgr Coullié patronages
funérailles du cardinal Coullié, le 17 septembre 1912 : délégations des Patronages de France

 

funérailles Mgr Coullié prêtres du diocèse
funérailles du cardinal Coullié, le 17 septembre 1912 : les prêtres du diocèse

 

funérailles Mgr Coullié religieuses
funérailles du cardinal Coullié, le 17 septembre 1912 : les délégations de Religieuses

 

funérailles Mgr Coullié soc gymnastique - 1
funérailles du cardinal Coullié, le 17 septembre 1912 : les sociétés catholiques de gymnastique

 

obsèques cardinal Coullié 17 sept 1912 (4)
funérailles du cardinal Coullié, le 17 septembre 1912 : membres de l'évêché

 

obsèques cardinal Coullié 17 sept 1912 (1) - 1
funérailles du cardinal Coullié, le 17 septembre 1912 : évêques (la légende manuscrite est erronée)

 

obsèques cardinal Coullié 17 sept 1912 (2)
funérailles du cardinal Coullié, le 17 septembre 1912 : évêques et chanoines  précédant le char funèbre ;
le deuxième évêque (de la dr. vers la g.) est le cardinal Luçon, archévêque de Reims

 

obsèques cardinal Coullié 17 sept 1912 (3)
funérailles du cardinal Coullié, le 17 septembre 1912 :
les Facultés catholiques de Lyon, conduites par le recteur Fleury Lavallée

 

obsèques cardinal Coullié 17 sept 1912 (5)
funérailles du cardinal Coullié, le 17 septembre 1912 : les Facultés catholiques de Lyon :
les personnages ont été numérotés sans que l'on n'ait retrouvé les noms correspondant aux chiffres... dommage

 

L'image du cortège des Facultés catholiques respecte la hiérarchie de cette institution. Derrière le recteur, viennent les doyens des facultés. Les quatre (théologie, droit, lettres, sciences) étaient-elles représentées ce jour ? Les sept doyens ou vice-doyens présents sont tous vêtus d'une soutane à large ceinture et d'un manteau de cérémonie, du rabat noir bordé de blanc sous le col, et coiffés de la barrette, bonnet rigide à quatre côtés. Derrière eux, sont les autres professeurs.

À cette date, le recteur était, on l'a vu, Mgr Fleury Lavallée, chanoine ; il succédait, depuis 1910, à Mgr Devaux. Les doyens étaient : le chanoine Joseph Tixeront (1856-1925) pour la faculté de théologie ; Charles François Jacquier (1845-1928) pour le droit, avec le vice-doyen Alexandre Poidebard (1844-1925) ; le chanoine James Condamin (1844-1929) pour la faculté des lettres ; Magnus Louis Marie Sparre, comte de (1849-1933), pour la faculté des sciences.
Parmi quelques-uns des professeurs réputés, peut-être se trouvait-il dans le défilé le chanoine Élie Blanc (1846-1926), professeur de philosophie ; ou son collègue Henri Ollion (1878-1946) ?

 

organisation Facs cathos Lyon 1911
organisation des facultés catholiques de Lyon en 1910 
Bulletin des Facultes catholiques de Lyon, année 1911, n° 1 ; janvier-mars 1911)

 

Il est assez probable que James Condamin se trouve dans le groupe de religieux, derrière le recteur Lavallée. Mais où ? Peut-être ce personnage au deuxième rang à droite.

 

James Condamin aux funérailles de Mgr Coullié en 1912
encadré, peut-être James Condamin en 1912 ; il a alors 68 ans

 

 

 

10) bibliographie de James Condamin

 

* d'après le Musée du diocèse de Lyon, revue, corrigée et augmentée ; et data-bnf-fr.

 

Oeuvres

1876 - Saint Ennemond, évêque de Lyon : sa vie et son culte.

1877 - Essai sur les Pensées de J. Joubert.

1877 - Essai sur les pensées et la correspondance de J. Joubert.

1877 - De Q. S. F. Tertulliano vexatae religionis patrono et paecipuo, apud Latinos, christianae linguae artifice.

1883 - La Ballade du roi de Thulé, essai de critique littéraire et musicale sur le Lied de Goethe (Paris, E. Leroux).

1883 - Études et souvenirs. Croquis artistiques et littéraires.

1885 - Histoire de Saint-Bonnet-le-Château par deux prêtres du diocèse de Lyon.

1885 -  La composition française du baccalauréat : conseils et plans synoptiques.

1886 - Sainte Thérèse d'après sa correspondance.

1886 - La Vie et les œuvres de V. de Laprade avec une lettre de François Coppée.

1889 - La composition française : conseils et plans synoptiques pour traiter 850 sujets.

1889 - Études et souvenirs : croquis artistiques et littéraires.

1889 - Rome et Léon XIII.

1890 - Histoire de Saint-Chamond et de la seigneurie de Jarez depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours.

1896 - Vie et œuvre de Victor de Laprade.

1897 - Vie de la bonne mère Marie de Jésus, née Sophie de la Rochetière, fondatrice et première supérieure générale des religieuses de Marie-Thérèse.

1910 - Le centenaire du doctorat ès-Lettres (1810-1910) : étude d'histoire universitaire.

1926 - Répertoire des citations, pensées, aphorismes, mots célèbres, définitions, proverbes, etc...

 

Saint Ennemond sa vie son culte - 1
Saint Ennemond, évêque de Lyon, sa vie et son culte, James Condamin, 1876

 

Essai sur les pensées de Joubert - 1
Essai sur les pensées de J. Joubert, James Condamin, 1877

 

Essai sur les pensées de Joubert autographe - 1
Essai sur les pensées de J. Joubert, James Condamin, 1877, autographe

 

Condamin Tertulliano couv
De Q. S. F. Tertulliano vexatae religionis patrono et paecipuo apud Latinos,
christianae linguae artifice
, James Condamin, thèse en latin, 1877

 

Croquis (1) - 1
Croquis artistiques et littéraires, James Condamin, 1883

 

Croquis (1) 4e couv - 1
Croquis artistiques et littéraires, James Condamin, 1883 (4e de couverture)

 

Histoire Saint-Bonnet-le-Château (1)
Histoire de Saint-Bonnet-le-Château..., James Condamin et François Langlois, 1885

 

Composition française (1) - 1
La composition française, James Condamin, 1885

 

Composition française (2)
La composition française, James Condamin, 1886

 

Sainte Thérèse (1) - 1
Sainte Thérèse, d'après sa correspondance, James Condamin, 1886

 

Laprade (3)
La vie et les oeuvres de V. de Laprade, James Condamin, 1886

 

Rome et Léon XIII - 1
Rome et Léon XIII, James Condamin, 1889

 

Répertoire citations 1926 - 1
Répertoire alphabétique des citations, James Condamin, 1926

 

 

Traductions

1883 - Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident, de A. Ebert (trad. J. Aymeric et…).

1912 - La Cour de Philippe IV et la décadence de l'Espagne : 1621-1665, de Martin Hume (trad. P. Bonnet et …).

 

Histoire Littérature Moyen-Âge Ebert (1)
Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident, de
A. Ebert
(trad. James Condamin et Joseph Eymeric), 1883

 

L'Histoire générale de la littérature en Occident de Adolf Ebert, traduite en 1883 par Joseph Aymeric et James Condamin est accessible en ligne (les trois volumes) : ici.

Cette édition a été un livre de travail pour l'écrivain Karl-Joris Huysmans, ainsi que le révèle l'exposition Karl-Joris Huysmans. Du naturalisme au satanisme et à Dieu, organisée par la Bibliothèque Nationale en 1979 : "Huysmans a largement utilisé cet ouvrage auquel il emprunte souvent des formules précises, pour le chapitre III d'À Rebours. On trouvera quelques-uns de ces rapprochements dans l'édition de M. Fumaroli (éd. Folio, 1977). Cette source avait déjà été indiquée, dès 1909, par Rémy de Gourmont, d'autant mieux informé que, collaborateur à cette époque de la Bibliothèque nationale, il avait fourni à Huysmans une partie de sa documentation" (p. 32, notice 85) (source).

 

Cour Philippe IV trad
La cour de Philippe IV et la décadence de l'Espagne (1621-1665), Martin Hume
(trad. James Condamin et P. Bonnet), 1912

 

 

Éditions

1902 - Martyrologe de la Sainte Eglise de Lyon : texte latin inédit du XIIIe siècle transcrit sur le manuscrit de Bologne, publié par J.B.Vanel et …

1913 - Deux œuvres de jeunesse de Frédéric Ozanam, rééditées à l'occasion des fêtes du premier Centenaire de sa naissance (1813-23 avril 1913), précédées d'un avant-propos par

 

Martyrologe de la sainte Église de Lyon - 1
Martyrologe de la Sainte Église de Lyon, James Condamin, 1902

 

 

Ozanam jeunesse couv
Deux oeuvres de jeunesse de Frédéric Ozanam, James Condamin, 1913

 

Deux oeuvres jeunesse Ozanam (2)
Deux oeuvres de jeunesse de Frédéric Ozanam,
James Condamin, 1913

 

Deux oeuvres jeunesse Ozanam (1)
Deux oeuvres de jeunesse de Frédéric Ozanam, James Condamin, 1913

 

Semaine religieuse du diocèse de Lyon 23 mai 1913
Semaine religieuse du diocèse de Lyon, 23 mai 1913, p. 827

 

 

Avec le pseudonyme de J. de Beauregard

James Condamin a signé toutes ses recensions de voyage, couvrant plus d'une dizaine d'années, du pseudonyme de J. de Beauregard. On pourrait penser que ce cryptonyme exprimait une vision optimiste de son double statut de pélerin et de pérégrin. Peut-être. En fait, il s'agissait du nom du chalet de famille où il séjourna pour des vacances.

Condamin a eu recours aux talents de plusieurs illustrateurs pour orner ses ouvrages.

L'un d'eux signe O' Netty. On ne trouve rien sur ce dessinateur hormis le concours qu'il prêta à certains livres de James Condamin. Il est possible qu'il s'agisse d'un pseudonyme. À titre d'hypothèse, pour l'instant non vérifiée, je suggère que "O'Netty" pourrait être Mme Joanny Condamin, de son prénom Annette (épouse du frère de James) ; elle a illustré le livre de son beau-frère sur l'histoire de Saint-Chamond.

Cet "habile dessinateur" (Du Vésuve à l'Etna, 1895) semble avoir accompagné James Condamin dans son périple ainsi qu'on peut l'imaginer à la description des momies du couvent des Capucins à Palerme : "...le corps est placé, horizontalement, dans une de ces petites niches superposées que mon habile dessinateur, O'Netty, a représentées, de chaque côté de son croquis..." (p. 125).

 

Momies Capucins - 1
Du Vésuve à l'Etna, James Condamin, 1895 ; dessin de O'Netty (p. 121)

 

Dans l'avant-propos de ce livre, Condamin écrit : "Quant à la partie artistique de l'ouvrage, elle a été traitée, ce me semble, avec une telle délicatesse, une telle maîtrise, par mon habile collaborateur O'Netty, que je n'hésite pas à devancer moi-même le jugement favorable de l'opinion publique, et à adresser, d'ores et déjà, à l'aimable dessinateur, mon plus cordial merci !" (p. VII).

 

1888 - Du Nord au Midi de l'Espagne.

1891 - De Paris à Vienne par Oberammergau.

1893 - Chez nos amis de Russie.

1894 - En Zig-Zag aux Pays-Bas et sur les bords du Rhin : Belgique, Hollande, Provinces rhénanes.

1895 - Du Vésuve à l'Etna, et sur le littoral de l'Adriatique.

1896 - Aux rives du Bosphore.

1897 - Au pays des Fjords (Danemark, Suède, Norvège).

1898 - De Saint Augustin aux rives du Tage (Tunisie, Algérie et Portugal).

1899 - Parthénon, Pyramides, Saint Sépulcre (Grèce, Égypte, Palestine).

 

Du Nord au Midi de l'Espagne - 1
Du Nord au Midi de l'Espagne, James Condamin, 1888

 

De Paris à Vienne (1) - 1
De Paris à Vienne par Oberammergau, James Condamin, 1891

 

De Paris à Vienne (2)
De Paris à Vienne par Oberammergau, James Condamin, 1891

 

De Paris à Vienne (3)
De Paris à Vienne par Oberammergau,
James Condamin, 1891

 

Chez nos amis de Russie (2) - 1
Chez nos amis de Russie, James Condamin, 1893

 

Chez nos amis de Russie (2) - 1
Chez nos amis de Russie,
James Condamin, 1893

 

Zig-zag aux Pays-Bas (1) - 1
En Zig-Zag aux Pays-Bas et sur les bords du Rhin
(Belgique, Hollande, Provinces rhénanes)
, James Condamin, 1894

 

Du Vésuve à l'Etna (2) - 1
Du Vésuve à l'Etna, James Condamin, 1895

 

Aux rives du Bosphore (3) - 1
Aux rives du Bosphore, James Condamin, 1896

 

Rives Bosphore (2)
Aux rives du Bosphore, James Condamin, 1896

 

Au pays des Fjords (1) - 1
Au pays des Fjords (Danemark, Suède, Norvège), James Condamin, 1897

 

Au pays des Fjords (3) - 1
Au pays des Fjords, James Condamin, 1897

 

Au pays de Saint Augustin - 1
Au pays de Saint Augustin et aux rives du Tage (Tunisie, Algérie et Portugal),
James Condamin, 1898

 

Parthénon Pyramides Saint-Sépulcre - 1
Parthénon, Pyramides, Saint-Sépulcre, James Condamin, 1899

 

 

Préfaces

 

Recueil de litanies Ste Vierge (1) - 1 (1)
préface au Recueil de litanies à la Sainte Vierge, abbé Gribet, 1888

 

 

 

11) les centres d'intérêts de James Condamin

 

A) - Joseph Joubert (1754-1824), objet de sa thèse de lettres. Sur le personnage de J. Joubert, voir le site textes-rares.

Joseph Joubert 1754-1824 - 1

 

B) - le poète Victor de Laprade (1812-1883). James Condamin fut son biographe - certes, pas le seul : on compte aussi Edmond Biré (1886). Après plusieurs années de travail, et de séjour dans les lieux où vécut (Montbrison) et enseigna (Lyon) l'homme de lettres, il publia La vie et les oeuvres de Victor de Laprade en 1886.

Victor de Laprade portrait (1)   Victor de Laprade portrait (2)   Victor de Laprade portrait (3)   Victor de Laprade portrait (4)
Victor de Laprade, poète et académicien, royaliste, catholique, traditionnaliste

 

James Condamin était en contact avec madame de Laprade et sa famille. En contact également avec le célèbre poète François Coppée (1842-1908) qui lui adressa une lettre en guise d'ouverture pour sa biographie de l'écrivain forézien, au fauteuil duquel il avait succédé à l'Académie française deux ans plus tôt (février 1884).

 

lettre Fr Coppée (1)

lettre Fr Coppée (2)

lettre Fr Coppée (3)
lettre de François Coppée en préface du livre de James Condamin sur Laprade

 

François Coppée portrait  Coppée portrait (2)
François Coppée

 

James Condamin participa à la cérémonie d'inauguration de la statue du poète à Montbrison, le dimanche 17 juin 1888. Il présida la messe célébrée dans l'église collégiale Notre-Dame de la cité forézienne.

Montbrison intérieur église Notre-Dame
église Notre-Dame de Montrbison au début du XXe siècle

 

Montbrison église Notre-Dame (2)
église Notre-Dame de Montrbison au tout début du XXe siècle,
soit une dizaine d'années après la cérémonie en l'honneur de Victor de Laprade

 

De nombreux discours et autres prises de paroles eurent lieu pour célébrer Victor de Laprade. James Condamin composa ce modeste sonnet.

 

sonnet Condamin pour Laprade 17 juin 1888

 

statue Victor Laprade (1)
statue du poète Victor de Laprade (1812-1883) à Montbrison

 

statue Victor Laprade (2)
statue du poète Victor de Laprade (1812-1883) à Montbrison

 

 

C) - Léon XIII, pape de 1878 à 1903. James Condamin y consacre un ouvrage apologétique, Rome et Léon XIII, en 1889.
En fait, il s'agit surtout d'une histoire de Rome, la païenne puis la chrétienne, et d'une biographie de Joachim Pecci, devenu pape sous le nom de Léon XIII.
La limite de cet ouvrage réside dans sa date, il est consacré aux dix premières années du pontificat. James Condamin ne peut donc se prononcer sur les grandes initiatives de léon XIII intervenues plus tard : l'approbation du ralliement à la République (novembre 1890) et l'encyclique Rerum Novarum (les choses nouvelles") du 15 mai 1891 par laquelle l'Église se saisit des spécificités de la question sociale ; certes, Léon XIII condamne le socialisme mais il évoque la dignité de l'ouvrier, refuse la concentration des richesses dans les mains de quelques-uns, appelle l'État à assurer le bien-être des travailleurs.
Par cette encyclique, Léon XIII prenait le contre-pied de son prédécesseur, Pie IX et de son Syllabus ("sommaire", "résumé", recueil") qui réprouvait les "principales erreurs de notre temps" (rationalisme, socialisme, gallicanisme, morale nouvelle, libéralisme, civilisation moderne...).

Léon XIII   Léon XIII Condamin

 

 

 

D) - la composition musicale. C'est un aspect peu connu de la vie de James Condamin, et l'on se prendrait même à douter qu'il s'agisse de lui. Mais le chanoine est bien l'auteur de plusieurs partitions, souvent transcrites et arrangées par des musiciens plus chevronnés.

Éditées à Lyon par l'établissement "Veuve E. Béal", on trouve une liste de dix partitions, probablement écrites entre la fin des années 1890 et le début du XXe siècle.

 

hymne russe Condamin
Aux marins de France et de Russie. Cronstadt, hymne russe,
fantaisie pour piano, James Condamin

 

Jehanne d'Arc Condamin
Jehanne d'Arc, marche triomphale pour piano, James Condamin

 

à mon petit neveau Ennemond Condamin

 

compositions musicales Condamin
liste de dix partitions musicales dont James Condamin est l'auteur

 

tristesses et sourires de Jeannot Condamin
partition Tristesses et sourires de Jeannot, mélodie dans le style ancien,
de J. Condamin, archivée au Conservatoire royal de Liège

 

Plusieurs indices accréditent l'authenticité des curiosités et des capacités musicales de James Condamin. Ainsi, dans son récit de voyage de l'été 1894, publié l'année suivante, Du Vésuve à l'Etna et sur le littoral de l'Adriatique, on trouve cette évocation du monde de la musique en Sicile, à Catane, et la description de la tombe de Vincenzo Bellini (1802-1835).

 

extrait de Du Vésuve à l'Etna 1895 - 1
extrait du récit de voyage de James Condamin en 1894 : Du Vésuve à l'Etna...

 

tombe Bellini cathédrale Catane (3)
portée de musique inscrite sur le tombeau de Bellini et recopiée par James Condamin

 

tombe Bellini cathédrale Catane (1)
tombeau de Bellini dans la cathédrale de Catane (vue ancienne),
décrit par James Condamin dans son livre de voyage Du Vésuve à l'Etna...

 

tombe Bellini cathédrale Catane (2)
tombeau de Bellini dans la cathédrale de Catane (vue récente)

 

La revue "savante" mensuelle illustrée, Les Annales fléchoises et la vallée du Loir, mentionne clairement, en 1904, James Condamin en tant que compositeur. Il s'agit bien du chanoine, professeur de lettres à la Faculté catholique de Lyon.
La Société d'histoire, lettres, sciences, arts de la Flèche (département de la Sarthe) avait été fondée en 1835 puis avait cessé toute publication dans le dernier quart du XIXe siècle ; elle devint éditrice des Annales fléchoises de 1904 à 1914. Et disparut avec la guerre.
Condamin, ainsi que les chanoines Froger, Ledru et Urseau, entretenait des rapports avec cette société savante. En 1914, il figurait au titre de "collaborateur" de la revue. Mais, il l'était déjà avant.

À côté de James Condamin, figuraient :

- l'érudit abbé Louis Froger (1848-1918) [Louis Froger est né le 31 décembre 1848 à Saint-Calais, dans le département de la Sarthe ; de Louis François Froger, 33 ans, tanneur et de Marie Chalumeau, 31 ans], chanoine, qui fut professeur au collège de Saint-Calais (Sarthe) et curé de Rouillon (près du Mans), et qui est l'auteur d'une savante Histoire de Saint-Calais (1901), de transcriptions de documents latins ainsi que de nombreux travaux d'histoire locale.

- le chanoine Ambroise Ledru (1849-1935), prêtre du diocèse du Mans, auteur de dizaines de recherches d'histoire locale, président de la Société historique d'histoire du Maine.

- l'abbé Charles Urseau (1860-1940) [né le 28 avril 1860 à Saint-Gemmes-sur-Loire, décédé le 20 décembre 1940], vicaire du quartier Saint-Jacques à Angers dans les années 1880, secrétaire de l'évêché au temps de Mgr Freppel, chanoine en 1891, conservateur du musée archéologique Saint-Jean à Angers. (éloge funèbre)

 

Annales fléchoises 1914 Condamin, collaborateur
James Condamin, collaborateur de la revue Les Annales fléchoises (Sarthe), 1914

 

La revue rend compte de plusieurs de ses ouvrages, elle signale les livres que Condamin lui offre, et publie même, en 1904, des partitions du chanoine lyonnais telles Heimweh et la Messe du Matin.

Les poètes dont s'inspire James Condamin, cités dans les Annales fléchoises, sont : Émile Deschamps (1791-1871), auteur prolixe, romantique puis "parnassien" ; et Louis Mercier (1870-1951), jeune poète roannais, étudiant en lettres à la Faculté catholique de Lyon, qui a probablement suivi les cours de James Condamin.

 

Annales fléchoises (9)
Les Annales fléchoises de 1904 mentionnent
James Condamin comme "artiste consommé"

 

Annales fléchoises (1)
Les Cloches, mélodie pour ténor, poésie de M. Deschamps, musique de James Condamin

 
 

Annales fléchoises (5)

Annales fléchoises (6)
Charité, mélodie musicale de James Condamin

 

Annales fléchoises (7)
Heimweh, terme allemand signifiant "mal du pays", "nostalgie" ;
cette pièce fait partie de la deuxième série de Grains d'encens

 

Annales fléchoises (8)
suite de Heimweh

 

Annales fléchoises (2)

 

Annales fléchoises (3)
Messe du matin, de Louis Mercier (1903), musique de James Condamin (1904)

 

Annales fléchoises (4)
Messe du matin, de Louis Mercier (1903), musique de James Condamin (1904)

 

Louis Mercier Voix de la terre et du temps couv  Louis Mercier portrait jeune
Louis Mercier, Voix de la terre et du temps, édition de 1903 ;
dont James Condamin a mis en musique le poème Messe du matin

 

 

L'annuaire d'Émile Risacher (né le 22 août 1859 à Belleville, Paris), créé en 1886, mentionne plusieurs fois le nom de James Condamin au titre des "auteurs, compositeurs". Par exemple, en 1905 et 1907 avec, pour cette dernière année, une liste de titres composés par lui.

 

annuaire des artistes 1905 (liste)
James Condamin dans l'Annuaire des artistes..., 1905, E. Risacher

 

annuaire des artistes 1905 (couv)
Annuaire des artistes..., 1905, E. Risacher

 

annuaire des artistes 1907 (liste)
quelques-unes des compositions (pour musique militaire) de James Condamin
dans l'Annuaire des artistes..., 1907, E. Risacher

 

annuaire des artistes 1907 (couv)
Annuaire des artistes..., 1907, E. Risacher

 

Par ailleurs, on peut établir des liens entre Condamin et certains des musiciens qui ont transcrit quelques-unes de ses oeuvres. Par exemple, Émile Lachmann, ancien prix de Rome (1851-1919) tenait les orgues de l'église collégiale de Montbrison - où le chanoine a enseigné au petit séminaire. C'est encore lui qui officiait le 17 juin 1888 quand James Condamin célébrait la messe lors de l'inauguration de la statue de Victor de Laprade.

 

Émile Lachmann organiste
Émile Lachmann (1851-1919), compositeur, organiste
(source : Dictionnaire biographique international des écrivains, Henry Carnoy, 1902, p. 78 ;
avec Émile Maton, directeur du Dictionnaire international des artistes)

 

 

 

E) - les thèses de doctorat

James Condamin s'intéressa aux thèses de doctorat  et publia : Le centenaire du doctorat ès lettres (1810-1910), étude d'histoire universitaire, suivi de la liste onomastique des treize cent trente trois candidats déclarés dignes du titre de docteur, du 14 août 1810 au 31 décembre 1909. - Lyon : E. Vitte, 1910, 63 p.

Il en avait recueilli un très grand nombre : "il semble qu'il avait copié avec ténacité les plus anciennes à la main à partir d'exemplaires conservées à la Sorbonne", selon un témoignage recueilli par Sheza Moledina (Revue française d'histoire du livre, n° 112-113, 3e et 4e trimestres 2001, Droz, Genève, p. 182 - partiellement en ligne ici).

À la mort de James Condamin, sa collection fut achetée par le père jésuite Édouard Barbou des Places (1900-2000) pour le compte d'un autre jésuite, le père Antoine Chantre (1885-1954) qui fut chargé, par son ordre, de la constitution de bibliothèques jésuites en France et notamment celle d'Yzeure dans l'Allier.
Cette bibliothèque comptait, en 1952, 5 080 thèses et des dizaines de milliers d'ouvrages.

 

Antoine Chantre père jésuite
        le père Jésuite Antoine Chantre (1885-1954)
   qui a recueilli la collection de thèses de Condamin

 

 

12) l'Histoire de Saint-Chamond, par James Condamin

 

- la page de titre

 

Hist St-Cham page titre (1)
page titre de l'Histoire de Saint-Chamond de James Condamin, 1890

 

- la liste des collaborateurs artistiques

 

Hist St-Cham collaborateurs
liste des collaborateurs artistiques du livre de James Condamin

 

 

- la liste des souscripteurs de l'édition de luxe

 

souscripteurs
liste des souscripteurs de l'édition de luxe du livre de James Condamin

 

- tables des matières

 

table des matières (1)

table des matières (2)

tables des matières (3)

 

 

 

13) correspondance

 

James Condamin à Achille Millien 15 avril 1896
lettre de James Condamin au poète Achille Millien, 15 avril 1896 (A.D. Nièvre)

 

Les archives départementales de la Nièvre conservent, sous la cote 82 J 891 (fonds Achille Millien) une lettre de James Condamin adressée au poète nivernais Achille Millien (1838-1927) par laquelle il accuse réception d'un ouvrage reçu du poète. James Condamin lui promet un compte rendu dans le Moniteur bibliographique.

 

Achille Millien portrait (1)   Achille Millien portrait (2)
Achille Millien, poète (1838-1927)

 

En 1895-1896, Achille Millien avait publié Étrennes nivernaises ; et en 1896, Chez nous. Peut-être s'agit-il de l'un de ces deux livres ?

 

 

14) la mort de James Condamin

Jean Pierre, dit "James", Condamin a pris sa retraite en 1926. Il passa ses dernières années à travailler, sans trop sortir de son appartement lyonnais de la place Bellecour. La maladie le terrassa en quelques heures seulement.
Il décéda le samedi 4 mai 1929. Ses funérailles lyonnaises eurent lieu le 7 mai 1929 en l'église saint-François de Sales dans le 2e arrondissement. Puis son corps fut transporté à Saint-Chamond.

On trouve souvent, à tort, la date de 1928. Mais la notice nécrologique que lui consacre le Bulletin des facultés catholiques de Lyon, daté mars-juillet 1929 et publié après ce terme, écrit : "James Condamin est né à Saint-Chamond le 22 mars 1844 ; il avait donc accompli sa 85e année quand la mort vint le prendre, le 4 mai dernier" (p. 21).

Le doute n'est pas permis d'autant que deux pages plus loin, le même bulletin évoque le pèlerinage à Fourvière qui "a eu lieu, cette année, le dimanche 5 mai" ; or, le dimanche 5 mai est bien une date de l'année 1929.

Sur sa sépulture familiale, dans le cimetière de Saint-Chamond où il fut inhumé, est bien gravée la date du 4 mai 1929 (voir photo au chapitre suivant).

Enfin, déniché récemment (juilet 2017), l'acte de décès de James Condamin est formel.

 

acte de décès James Condamin 1929
acte de décès de James Condamin, 4 mai 1929

 

église Saint-François de Sales à Lyon
église saint-François de Sales, à Lyon, où eurent lieu les funérailles de James Condamin le 7 mai 1929

 

 

15) la tombe de la famille Condamin à Saint-Chamond

 

tombe famille Condamin
tombe de la famille Condamin à Saint-Chamond (photo, 2 mars 2014)

 

tombe famille Condamin inscriptions - 1
inscriptions sur la sépulture familiale Condamin au cimetière de Saint-Chamond

 

tombe Condamin 20 août 2015 (1)
tombe de la famille Condamin à Saint-Chamond (photo, 20 août 2015)

 

tombe Condamin 20 août 2015 (2)
tombe de la famille Condamin à Saint-Chamond (photo, 20 août 2015)

 

tombe Condamin 20 août 2015 (6)
tombe de la famille Condamin à Saint-Chamond (photo, 20 août 2015)

 

tombe Condamin 20 août 2015 (7)
tombe de la famille Condamin à Saint-Chamond (photo, 20 août 2015)

 

tombe Condamin 20 août 2015 (K 1)
tombe de la famille Condamin à Saint-Chamond (photo, 20 août 2015)

 

Sur la tombe familiale des Condamin, au cimetière de Saint-Chamond, figurent les inscriptions suivantes :

 

tombe Condamin 20 août 2015 (8)
inscriptions sur la tombe de la famille Condamin à Saint-Chamond (photo, 20 août 2015)

 

inscriptions tombe familiale Condamin
transcription des inscriptions sur la tombe des Condamin à Saint-Chamond

 

tombe Condamin 20 août 2015 (4)
dates de naissance et de décès des deux frères sur la tombe de la famille Condamin
à Saint-Chamond (photo, 20 août 2015)

 

La sépulture de la famille Condamin est entretenue : les fleurs, naturelles, ne sont pas les mêmes d'une année sur l'autre.

 

 

16) la rue James-Condamin à Saint-Chamond

 

rue James-Condamin plan
entre les rues Jeanne-d'Arc et Alsace-Lorraine, la rue James-Condamin à Saint-Chamond

 

rue James Condamin (1)
plaque de rue "James Condamin, historien de Saint-Chamond, 1844-1929"

 

rue James Condamin (2)
plaque de rue en tôle d'acier émaillée "James Condamin, historien de Saint-Chamond, 1844-1929"

 

rue James Condamin (3)
plaque de rue "James Condamin, historien de Saint-Chamond, 1844-1929"

 

rue James Condamin (4)
rue James-Condamin à Saint-Chamond

 

rue James Condamin (5)
rue James-Condamin à Saint-Chamond

 

rue James Condamin (6)
rue James-Condamin à Saint-Chamond

 

rue James Condamin (7)
rue James-Condamin à Saint-Chamond

 

rue James Condamin (8)
rue James-Condamin à Saint-Chamond

 

rue James Condamin (9)
rue James-Condamin à Saint-Chamond

 

 

* investigations en cours..

Michel Renard
professeur d'histoire

Michel retour lycée 3 oct 2012

 

 

 

 

 

 

__________________________________

 

* pièces annexes (textes)

 

A) - comptes rendus de lecture, 15 novembre 1888

 

compte rendu lectures James Condamin 1888 (1)

compte rendu lectures James Condamin 1888 (2)

 

Dans la revue La controverse et le contemporain, publiée par un comité de professeurs des Facultés catholiques de Lyon, James Condamin publie, en novembre 1888, le compte rendu de trois ouvrages :

-

 

Controverse revue 1888

 

 

B) - lettre confidentielle, 6 février 1899

 

lettre Condamin 6 février 1899 (1)

lettre Condamin 6 février 1899 (2)
lettre à Gustave Lefebvre, 6 février 1899

 

- source : archives municipales, 5 Ssc 34.

 

 

C) - conférence sur le chant grégorien, février 1912

 

conf Condamin 1912 (1)

conf Condamin 1912 (2)

conf Condamin 1912 (3)
compte rendu d'une conférence de James Condamin sur le chant grégorien,
reprise par Les Annales fléchoises, février 1912 ; ce texte traite du
motu proprio du pape Pie X (22 novembre 1903) restaurant et réglementant
l'usage du chant grégorien dans la liturgie catholique

 

conf Condamin 1912 (4)

 

 

 

 

 

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samedi 2 mai 2015

Stéphane Bertholon (1862-1931)

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Stéphane Bertholon (1862-1931)

historien de Saint-Chamond, éléments biographiques

par Michel Renard

 

En 1927, Stéphane Bertholon fit paraître cet ouvrage, en partie composé d'anciens articles parus dans La Croix de Saint-Chamond depuis de nombreuses années mais aussi d'instructifs souvenirs : Histoires de Saint-Chamond (éd. Saint-Étienne, impr. Théolier).

Il a été réédité par l'association des Amis du Vieux Saint-Chamond en 1989.

 

 page titre originale
la page de titre du livre de Stéphane Bertholon, paru en 1927

 

Quand j'ai cherché à savoir qui était Stéphane Bertholon, je n'ai rien trouvé sous ce nom. L'état civil, les recensements, les registres matricules militaires... restaient tous muets. Le patronyme, certes, était porté par plusieurs familles, à Saint-Chamond, à Saint-Martin-en-Coailleux, à Izieux. Mais pas de Stéphane.

Et pourtant, dans son livre, Stéphane Bertholon fournissait cette précision : "né à Saint-Chamond et y ayant passé à peu près toute ma vie..." (p. XIV). Il notait aussi avoir été chef de la "Philharmonique" de la ville à partir de 1889 (p. 195).

Aileurs, il livrait un souvenir personnel lié au 11 novembre 1918 : "Cela me rappelle la plus forte émotion que j'ai éprouvée de ma vie. Je me trouvais sur une hauteur qui domine Saint-Chamond, entre le Coin et La Renaudière, au moment où éclata dans tous les clochers, le carillon d'allégresse qui annonçait la victoire. On entendait, à la fois, les cloches de Saint-Julien, de Saint-Pierre, de Notre-Dame, de Saint-Ennemond, d'Izieux, de Saint-Martin, et l'on percevait même aussi les sons des clochers plus lointains, le tout ponctué par la grande voix du canon placé à la Grand'Grange. C'était absolument merveilleux, grandiose, sublime et émotionnant au possible ! Jamais on n'avait rien entendu de pareil" (p. 240).

 

La Renaudière (1)
La Renaudière sur le territoire de Saint-Martin-en-Coailleux (auj. Saint-Chamond) :
Stéphane Bertholon se trouvait à proximité quand il entendit les carillons du 18 novembre 1918

 

Stéphane Bertholon était bien saint-chamonais. Le responsable des Amis du Vieux Saint-Chamond, Alain Rivory, m'indiquait même : "mon oncle, décédé en 1996, à l'âge de 84 ans, l'avait connu car il habitait la Croix-Raisin" ; Bertholon est mort en 1931.

 

Étienne "Stéphane"

J'ai formulé l'hypothèse que son prénom "Stéphane" pouvait être un nom de plume, ou un usage qu'il avait adopté puis conservé publiquement. "Stéphane" n'était quasiment pas attribué à l'époque.

Par contre, on sait que l'altération linguistique de ce prénom a formé "Étienne" ; d'où la gentilité de Stéphanois donnée aux habitants de Saint-Étienne. Ainsi, le prénom de notre écrivain pouvait bien avoir été Étienne. Un indice était fourni par le travail d'un généalogiste qui mentionnait Stéphane Bertholon (1862-1931), époux de Mathilde Balas.

En examinant à nouveau l'état civil de Saint-Chamond, j'ai trouvé la naissance d'Étienne Antoine Marien Bertholon le 10 juillet 1862, au domicile conjugal de ses parents :

- Joseph Bertholon, moulinier en soie, 29 ans et demi (décédé le 18 janvier 1888) et
- Jeanne Marie Vigier, moulinière en soie, 21 ans et demi (décédée le 28 janvier 1896).

Ces derniers se sont mariés le jeudi 4 juillet 1861 à Saint-Chamond ; Joseph Bertholon habitait place de la Halle.

 

mariage parents Stéphane Bertholon (1)

mariage parents Stéphane Bertholon (2)
acte de mariage de Joseph Bertholon et Jeanne Marie Vigier, parents de Stéphane B., le 4 juillet 1861

 

Stéphane Bertholon s'est marié, en seconde noce, à Saint-Chamond, le samedi 23 octobre 1897, à l'âge de 35 ans, avec Marie Mathilde Balas, âgée de 29 ans, née le 17 mai 1868 à Saint-Chamond et demeurant à Saint-Martin-en-Coailleux. Il est mort en 1931.

Stéphane (Étienne) Bertholon mesurait 1 m 60. Il avait les cheveux et les sourcils blonds, les yeux bleus ; son front était rond, son nez petit et sa bouche petite, comme l'indique sa fiche matricule de 1882.

 

fiche matricule signalement
la case "signalement" de la fiche matricule de Stéphane Bertholon en 1882

 

Nous ne possédons pas de photo de lui. Mais le personnage figurant sur une carte postale ancienne datant de 1907 pourrait être Stéphane Bertholon...

 

portrait de SB en 1907
Stéphane Bertholon en 1907 ?

 

Stéphane Bertholon et la musique

Stéphane Bertholon a été musicien toute sa vie. Il a dû commencer assez jeune, sans que l'on sache comment. Mais, lors de son service militaire il fit partie des "élèves musiciens" du 36e régiment d'Artillerie de Clermont-Ferrand de décembre 1883 à février 1885 ; puis il fut affecté au 16e régiment d'Artillerie, dans la même ville, comme "soldat musicien", jusqu'en septembre 1887.

En 1889, il devient chef de la Philarmonique à Saint-Chamond.

Dans son livre, on trouve le récit suivant, extrait du passage consacré aux "Cinquante premières années de la Symphonie" à Saint-Chamond :

- "À la suite du départ de M. Coste [1889], la Société fut de nouveau dans un grand embarras. Où prendre un directeur ?
On ne trouva rien de mieux que de s'adresser à un jeune concitoyen, M. Stéphane Bertholon, qui venait d'achever, comme organiste, des études musicales assez complètes. Il consentit à prendre la direction «provisoirement», en attendant que l'on en trouvât un plus digne, et ce provisoire dura trente et un ans, car le nouveau chef, gagné par le bon esprit de cordialité qui, plus encore que la question musique, faisait le charme de la Société, s'y attacha de tout coeur et l'amena rapidement à une certaine force.
Il faut dire qu'il fut très efficacement secondé par un sous-chef qui, depuis les premières années de la Société, en était devenu l'âme : M. J. Blanchet, aidé lui-même de son ami Marius Tardy, fut toujours la cheville ouvrière de la Symphonie.
Quoi qu'il en soit, on fit du bon travail, s'attachant d'abord à la bonne musique classique, et l'on donna d'intéressantes auditions, soit comme concerts, soit en participation aux solennités organisées par les autres sociétés ou par des oeuvres diverses.Vincent d'Indy
En 1898, la ville de Roanne ayant organisé un grand concours musical ouvert aux orchestres, la Symphonie de Saint-Chamond eut l'idée d'y prendre part pour se créer un classement. Elle s'y présenta en première division, en concurrence avec la Symphonie de Tarare, et obtint deux premiers prix et un second, avec les félicitations de Vincent d'Indy [photo ci-contre], qui présidait son jury. (...)
La période de 1900 à 1912 est peut-être celle qui marqua l'apogée de la Société. À partir de cette époque, le zèle diminua et on se ressentit de la concurrence des Sociétés sportives, qui devaient dans la suite faire tant de tort à l'art musical. Cependant l'entrain était encore très satisfaisant lorsque éclata la grande guerre, huit jours après un dernier concert donné au Jardin public, le soir du 23 juillet 1914." (p. 207-209).

 

La Philharmonique 1907
Char de la Philharmonique à la Cavalcade du 30 juin 1907 à Saint-Chamond ;
l'homme semblant accompagner le char
est peut-être Stéphane Bertholon

 

Jardin public kiosque St-Chamond
musique donnée au kiosque du Jardin public à Saint-Chamond, début des années 1900

 

Roanne 1908 (1)
Grand Concours Musical international de Roanne, 15-16 août 1908
(la Philharmonique de Saint-Chamond y fut primée dans l'édition de 1898 dont le jury était présidé par Vincent d'Indy)

 

Roanne 1908 (2)
Grand Concours Musical international de Roanne, 15-16 août 1908 ; défilé des Sociétés de Tarare

 

Parallèlement, Stéphane Bertolon compose des morceaux qui sont publiés.

En 1898, il écrit une "valse gracieuse pour piano" intitulée Chatteries. En 1901, Rêverie pour piano et Chiffonnette, une polka.

 

Chatteries valse gracieuse couv
Chatteries, valse gracieuse pour piano, de Stéphane Bertholon, 1898

 

Rêverie pour piano
Rêverie pour piano, de Stéphane Bertholon, 1901

 

Chiffonnette polka
Chiffonnette, polka, 1901

 

 

Stéphane Bertholon et l'armée

 

Né en 1862, Stéphane Bertholon, connu civilement sous le prénom d'Étienne, est recensé en 1882. Il est déclaré "propre au service". Nous ignorons pourquoi il n'effectue pas la totalité des 5 ans prévus par la loi Cissey de 1872.

Toujours est-il que sa fiche matricule nous renseigne sur son parcours militaire du 2 décembre 1883 au 20 septembre 1887, date de son envoi en congé de l'armée.

 

fiche matricule (1)
fiche matricule de Stéphane (Étienne) Bertholon né en 1862 et incorporé en 1883

 

fiche matricule (2)
fiche matricule de Stéphane (Étienne) Bertholon né en 1862 et incorporé en 1883

 

fiche matricule (3)
fiche matricule de Stéphane (Étienne) Bertholon né en 1862 et incorporé en 1883

 

Il passe environ quinze mois au 36e régiment d'Artillerie à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), du jour de son arrivée au Corps, le 2 décembre 1883, à fin février 1885.

Il est canonnier servant, c'est-à-dire simple soldat affecté à une pièce d'artillerie. Mais il est noté comme faisant partie des "élèves musiciens" dès cette époque.

 

caserne 36e (1)
caserne du 36e régiment d'Artillerie à Clermont-Ferrand, quartier Desaix, début XXe siècle ;
Stéphane Bertholon y passa quinze mois, de décembre 1883 à février 1885

 

caserne 36e (2)
caserne du 36e régiment d'Artillerie à Clermont-Ferrand, quartier Desaix, début XXe siècle ;
Stéphane Bertholon y passa quinze mois, de décembre 1883 à février 1885

 

caserne 36e (3)
caserne du 36e régiment d'Artillerie à Clermont-Ferrand, quartier Desaix, début XXe siècle ;
Stéphane Bertholon y passa quinze mois, de décembre 1883 à février 1885

 

Le 27 février 1885, il change de régiment pour le 16e régiment d'Artillerie, toujours à Clermont-Ferrand. Il est "soldat musicien". Il y reste trente mois.

De ces longues années militaires, nous ne disposons d'aucun souvenir, d'aucune mention. Ce qui est certain, c'est que Stéphane Bertholon y a pratiqué la musique.

 

16e Artillerie (1)
caserne du 16e régiment d'Artillerie à Clermont-Ferrand, quartier Gribeauval, début des années 1900 ;
Stéphane Bertholon y passa trente mois, de février 1885 à septembre 1887

 

16e Artillerie (2)
caserne du 16e régiment d'Artillerie à Clermont-Ferrand, quartier Gribeauval, début des années 1900 ;
Stéphane Bertholon y passa trente mois, de février 1885 à septembre 1887

 

16e Artillerie (3)
caserne du 16e régiment d'Artillerie à Clermont-Ferrand, quartier Gribeauval, début des années 1900 ;
Stéphane Bertholon y passa trente mois, de février 1885 à septembre 1887

 

 

Stéphane Bertholon à Saint-Chamond et ses environs


Si la musique occupait une grande partie de sa vie, Stéphane Bertholon était de profession "fabricant de tissus" ou "industriel en soie".

Il appartient à la Confrérie des passementiers et a même détenu la charge de syndic en 1894 et 1895 (voir p. 95-98 de son livre).

Dans l'Annuaire industriel et commercial de 1908, il est enregistré comme seul élément de la catégorie "entrepreneur, condition des soies", au n° 16 de la rue de la République.

À cet emplacement, les bâtiments ont aujourd'hui disparu : les numéros 16 et 18 de la rue de la République correspondent désormais à un parking assez laid.

 

16 et 18 rue République en 2015 parking
l'espace des numéros 16 et 18 de la rue de la République, sans édifice, a fait place à un parking

 

En 1901, il habite au n° 6 de la rue Réclusière, avec son épouse et trois enfants : l'un de son premier mariage et les deux plus jeunes de son second mariage.

 

recensement 1901 rue Réclusière
recensement de 1901, la famille Bertholon au n° 6 de la rue Réclusière

 

En 1911, Stéphane Bertholon n'habite plus Saint-Chamond mais Saint-Julien-en-Jarez, route Nationale. Le fils du premier mariage, Georges, est présent et on apprend qu'il est ajusteur chez Rafer (rue du Port-Sec à Saint-Chamond). Les quatre autres enfants sont tous scolarisés.

 

recensement 1911 Saint-Julien-en-Jarez
recensement de Saint-Julien-en-Jarez, route Nationale, 1911

 

* liste des domiciles connus de Stéphane Bertholon (on ignore les dates de changement de l'un à l'autre) :

- 1862 (à sa naissance) : Saint-Chamond, place de la Halle (acte naissance).

- 1891 : Saint-Chamond, rue de la République, 46 (sur le recensement).

- 1892 : Saint-Chamond, rue Barra (sur l'acte de mariage).

- 1893 et 1896 : Saint-Chamond, rue William Neyrand, 7 (état civil).

- 1899 et 1906 : Saint-Chamond, rue Réclusière, 6 (état civil).

- 1901 : rue Réclusière, 6 (recensement).

- 1911 : Saint-Julien-en-Jarez, route Nationale (recensement).

- 1931 : Saint-Martin-en-Coailleux (acte de décès).

 

 

le premier mariage et les trois enfants de Stéphane Bertholon

L'auteur des Histoires de Saint-Chamond, l'industriel de la soie et le passionné de musique eut sept enfants de deux mariages.

Il épousa d'abord Jeanne Marie Gladie Besson, née le 18 février 1872 à Saint-Martin-la-Plaine (Loire). Le mariage eut lieu le 29 septembre 1892 à Rive-de-Gier. Stéphane Bertholon habitait alors rue Barra à Saint-Chamond.

 

Besson Jeanne acte naissance
acte de naissance de Jeanne Besson, le 18 février 1872, première épouse de Stéphane Bertholon

 

mariage Bertholon avec Besson 29 sept 1892
premier mariage de Stéphane Bertholon : avec Jeanne Besson, à Rive-de-Gier, le 29 septembre 1892

 

De cette union naquit un garçon, Georges Joseph Louis Marius, le jeudi 20 juillet à huit heures au domicile conjugal, le numéro 7 de la rue William Neyrand à Saint-Chamond.

 

Georges Bertholon naissance 1893
acte de naissance de Georges Bertholon, premier fils de Stéphane Bertholon, en 1893

 

Un deuxième garçon vit le jour le 30 septembre 1894 : Pierre François Charles.

 

Bertholon Pierre François Charles 1894
acte de naissance de Charles Bertholon, deuxième fils de Stéphane Bertholon, en 1894

 

Un troisième garçon naquit le 15 janvier 1896 : Léon Clément Paul, le mardi 14 janvier 1896.

 

Bertholon Léon 1896
acte de naissance de Léon Bertholon, troisième fils de Stéphane Bertholon, en 1896

 

Jeanne Besson, épouse Bertholon, est décédée le 28 janvier 1896 à onze heures à son domicile, rue William Neyrand. Elle avait 24 ans. Nous ignorons la cause de sa mort. La proximité avec la naissance de son troisième enfant est peut-être un indice...

 

décès Jeanne Besson 1896
décès de Jeanne Besson, première épouse de Stéphane Bertholon, le 29 janvier 1896

 

n° 7 rue William Neyrand 7 mai 2015
l'immeuble du n° 7 de la rue William Neyrand (7 mai 2015)

 

Qu'est-il advenu des deux plus jeunes garçons de Stéphane Bertholon (Charles et Léon) ? En 1901, à une date où ils étaient âgés de 6 et 5 ans, ils n'apparaissent pas sur le recensement comme vivant avec leur père.

Il est aisé d'imaginer que ce dernier ne pouvait assumer, seul, la charge éducative de trois enfants en bas âge. Les deux plus jeunes furent donc placés chez des parents proches.

Ainsi, dans le recensement de 1901, on retrouve la trace de Charles (6 ans) vivant avec sa grande-tante, Clémentine Besson (50 ans), et avec le neveu de celle-ci (Pierre Besson, 31 ans) à Saint-Martin-la-Plaine où était née sa mère.

 

Charles Bertholon 6 ans en 1901 Saint-Martin-la-Plaine
Charles Bertholon, 6 ans, à Saint-Martin-la-Plaine, chez sa grande-tante, en 1901

 

Saint-Martin-la-Plaine (1)
Saint-Martin-la-Plaine où grandit Charles, l'un des fils de Stéphane Bertholon après la mort de sa mère

 

Saint-Martin-la-Plaine (2)
Saint-Martin-la-Plaine où grandit Charles, l'un des fils de Stéphane Bertholon après la mort de sa mère

 

 

le deuxième mariage et les quatre enfants de Stéphane Bertholon

 

Comme évoqué plus haut, le samedi 23 octobre 1897, Stéphane Bertholon épousa, en seconde noce, Marie Mathilde Balas.

Mathilde Balas était la fille d'un fabricant de lacets ; ses deux frères étaient ingénieurs. Ils habitaient quartier de la Croix-Raisin à Saint-Martin-en-Coailleux (auj. Saint-Chamond).

 

Balas Mathilde en 1891
la famille Balas sur un extrait du recensement de Saint-Martin-en-Coailleux en 1891

 

mariage avec Balas 1897 (1)
mariage de Stéphane Bertholon, avec Mathilde Balas le 23 octobre 1897

 

mariage avec Balas 1897 (2)
mariage de Stéphane Bertholon, avec Mathilde Balas le 23 octobre 1897

 

Le Stéphanois 2 nov 1897
Le Stéphanois, 2 novembre 1897, état civil

 

Leur premier enfant fut un garçon, prénomé Henri Léon Marie, né le vendredi 3 février 1899, au domicile conjugal, rue de la Réclusière, numéro 6. Il se maria le 26 septembre 1924 à Annecy (Haute-Savoie) avec Marcelle Stéphanie Propère Fournier. Il décéda le 15 novembre 1974 à Annecy.

 

Henri Bertholon 1899-1974
acte de naissance à Saint-Chamond d'Henri Bertholon (1899-1974)

 

En 1900, une fille naquit le samedi 21 juillet à l'heure de minuit au domicile conjugal, rue de la Réclusière, numéro 6 : Marie Juliette Catherine, Marthe. Elle se maria le 21 juillet 1922 (le jour anniversaire de ses 22 ans) avec Louis Germain à Saint-Martin-en-Coailleux. Elle décéda le 11 octobre 1980 à Saint-Marcellin (Isère).

 

Marie Bertholon naissance 1900
acte de naissance à Saint-Chamond de Marie Bertholon (1900-1980)

 

Les deux époux eurent ensuite un garçon Paul Marie Victor, né le samedi 2 avril 1902 à trois heures du jour (du matin) à Saint-Chamond, toujours au domicile conjugal, au numéro 6 de la rue Réclusière. Il serait décédé en 1925.

 

Victor Bertholon naissance 1902
acte de naissance à Saint-Chamond de Victor Bertholon (1902-1925)

 

Enfin, une fille naquit le mercredi le mardi 4 septembre 1906, Jeanne Marie Germaine, dans la même maison que précédemment. Elle se maria le 23 juillet 1949 avec Constant Antoine, Henri Marie Cornet à Nuits-Saint-Georges (Côtes d'Or).

 

Germaine Bertholon 1906
acte de naissance à Saint-Chamond de Germaine Bertholon (1906-1964)

 

 

la mort de Stéphane Bertholon en 1931

 

décès Stéphane Bertholon 1931
acte de décès de Stéphane Bertholon, le 16 février 1931 à Saint-Martin-en-Coailleux

 

Stéphane (Étienne) Bertholon est décédé, à son domicile, le lundi 16 février 1931 à dix-sept heures trente, sur le territoire de Saint-Martin-en-Coailleux, route du Coin, à l'âge 68 ans.

Il a connu le décès de sa première épouse (Jeanne Besson, à l'âge de 24 ans), et celui d'un des fils de son second mariage (Victor, à l'âge de 23 ans). Sa deuxième épouse (Mathilde Balas), est décédée le 8 octobre 1939 à Condrieu (Rhône).

Il n'a guère laissé de souvenirs publics dans la commune à laquelle il a pourtant beaucoup donné : direction de la société musicale La Philarmonique pendant trente-et-un ans, rédaction d'un livre d'histoire locale toujours utile.

 

Stéphane Bertholon et l'histoire de Saint-Chamond

 

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édition originale d'Histoires de Saint-Chamond
de Stéphane Bertholon (1927)

 

L'ouvrage de Stéphane Bertholon (1927) est assez composite, mêlant des exposés fouillés, souvent publiés sous forme d'articles entre 1906 (sujets religieux) et 1923 dans La Croix de Saint-Chamond, nous l'avons dit ; mais aussi des études - pas toujours sourcées - sur divers aspects de la vie politique, économique et sociale de la ville ; des témoignages et des citations, parfois longues mais utiles, d'autres auteurs dont Ennemond Richard (1806-1873) par exemple, pour ses Recherches historiques sur la ville de Saint-Chamond, ouvrage paru en 1846 et réédité en 1986 par les Amis du Vieux Saint-Chamond.

Cet ouvrage est précieux par son ambition de fournir un tableau global du passé de Saint-Chamond. Il recèle des évocations qui ne peuvent être que celles d'un témoin du temps, ressuscitant une atmosphère disparue.

Évidemment, il ne répond pas aux canons de l'historiographie savante, s'appuyant sur des archives, comme l'universitaire de Los Angeles, Elinor Accompo, a pu le faire, en 1989, dans Industrialization, Family Life, and Class Relations : Saint Chamond, 1815-1914 (voir ici). Mais la lecture de Stéphane Bertholon est toujours instructive.

 

table des matières
table des matières du livre Histoires de Saint-Chamond
de Stéphane Bertholon (1927)

 

préface (1)
préface du livre Histoires de Saint-Chamond
de Stéphane Bertholon (1927)

 

préface (2)
préface du livre Histoires de Saint-Chamond
de Stéphane Bertholon (1927)

 

 

Michel Renard
professeur d'histoire

Michel retour lycée 3 oct 2012

 

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mercredi 13 mai 2009

Roger Planchon est mort

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il était né à Saint-Chamond

Roger Planchon, 1931-2009

Roger Planchon, metteur en scène et directeur de théâtre, acteur, auteur, cinéaste

Le Monde, 13 mai 2009

uand il évoquait sa mort, Roger Planchon disait : "Le jour où je crèverai." Il préférait ce mot qu'on employait - le même pour les bêtes et les gens - dans cette Ardèche pauvre, dure et paysanne où il avait passé son enfance. Le metteur en scène, acteur, cinéaste et grand animateur, au sens où Jean Vilar l'entendait, a donc "crevé" mardi 12 mai, à Paris. Il était chez lui et lisait une pièce de théâtre. Il s'est senti fatigué. Il s'est alité. Son coeur l'a lâché. C'était fini. Son fils Stéphane a annoncé la nouvelle en disant : "Il est parti en travaillant."

Roger Planchon avait 77 ans. Il n'aura jamais cessé de travailler. Il y a quelques semaines encore, il était sur la scène du Théâtre Silvia-Monfort, à Paris, avec sa femme, la comédienne Colette Dompietrini, pour jouer Amédée ou comment s'en débarrasser, d'Eugène Ionesco. Il avait voulu faire ce spectacle pour fêter, à sa façon, les cent ans de la naissance de Ionesco, qu'il avait bien connu, quand il était jeune, à Lyon. C'était dans les années 1950, au tout début de l'aventure qui allait faire de Roger Planchon un des premiers hommes de théâtre du XXe siècle. Un des emblèmes de la décentralisation en ce qu'elle a eu de meilleur : l'audace artistique liée à un sens réfléchi du public.

Avant d'en arriver là, il y a l'enfance, cette enfance pendant laquelle le petit Roger a "gardé les vaches sur les plateaux ardéchois". Cela, il l'a dit et redit. Il savait merveilleusement parler de la France rurale de l'avant-guerre. En conteur-né, alliant l'image à l'imagination. Un livre en témoigne : Apprentissages, Mémoires, ses souvenirs, écrits pour sa petite-fille Esmé (Plon, 2004).

Il commence par une description des paysages de l'enfance où "le quotidien s'appelait courage", entre la ferme de son grand-père et Saint-Chamond l'ouvrière (Loire), la ville où il est né le 13 septembre 1931. Comme beaucoup d'autres, ses parents avaient quitté la montagne pour trouver du travail en ville. La mère était bonne dans un hôtel, le père a tenu plusieurs bistrots, ces bistrots où les clients ont "la dalle en pente" et où les patrons doivent suivre.

Très tôt repéré pour son intelligence, Roger Planchon est pris en charge par des jésuites, chez qui il étudie. A peine sorti de l'adolescence, il part pour Lyon, où il débarque, dit-il, en sauvage. Un sauvage prêt à empoigner la vie avec un appétit, une insolence, un culot et un talent rares. Chez les jésuites, il a découvert le théâtre.

A Lyon, en 1950 - il n'a pas encore 20 ans -, il crée sa première salle, avec quelques amis rencontrés dans un cours d'art dramatique, dont Robert Gilbert, qui deviendra son remarquable administrateur. La cave contient 90 places. Sur le plateau, Roger Planchon réunit Jean Bouise, Isabelle Sadoyan, Jacques Rosner. Ensemble, ils jouent des auteurs élisabéthains et des contemporains : Ionesco, donc, Brecht (que Planchon rencontre dès 1954), Vitrac, Adamov ou Michel Vinaver (Les Coréens).

Trois ans plus tard, Roger Planchon et ses amis, n'en pouvant plus de l'étroitesse de leur salle et de l'absence d'intérêt de la municipalité de Lyon pour leur travail, se tournent vers Villeurbanne. Le maire, Etienne Gagnaire, leur propose le Théâtre de la Cité ouvrière de Villeurbanne, un nom qui sera raccourci en Théâtre de la Cité à partir de 1960. En 1972, il deviendra le Théâtre national populaire.

Ce sigle prestigieux, qui appartenait à Jean Vilar, est transféré par le ministère de la culture à Roger Planchon parce qu'il est considéré comme le seul digne de le recevoir en héritage. C'est une juste récompense d'un travail qui, d'emblée, s'est accompagné d'une réflexion critique sur les oeuvres et sur le rôle que le théâtre doit jouer dans la société. Lier les destins individuels et collectif : voilà ce qui l'intéresse et guide son travail.

En 1962, il signe un coup d'éclat avec une mise en scène de Tartuffe, de Molière, passée au crible de l'interprétation psychanalytique. Planchon met en évidence l'homosexualité inavouée de Tartuffe et Orgon, tout en pointant les rapports sociaux dominés par l'absolutisme royal.

C'est le grand début de la vague des "relectures" des classiques, qui donne un souffle nouveau à Molière, Racine ou Marivaux. Planchon sait aussi faire hurler de rire les salles, avec Les Trois Mousquetaires. Au tournant des années 1960-1970, il est à son zénith, et entraîne à sa suite de nombreux metteurs en scène.

L'ÉCRITURE, LE CINÉMA

Cette stature, liée à un sens politique hors pair, fait tout naturellement du patron du TNP un chef de file du mouvement de mai 1968. Pendant les événements, tout le monde se retrouve à Villeurbanne pour discuter de l'avenir de la profession. Redoutable débatteur et fin politique, Roger Planchon sait négocier avec les ministres, et, s'il le faut, taper du poing sur la table. Il sait aussi imposer ce qu'il veut dans sa carrière de directeur, qui prend un autre tour, au fil des années 1970 et 1980. En 1971, il demande à Patrice Chéreau de le rejoindre à Villeurbanne en tant que codirecteur. Ce dernier resta dix ans au TNP, puis Georges Lavaudant lui succéda de 1986 à 1996.

L'histoire des riches heures du TNP est relatée dans une somme écrite par Michel Bataillon, le dramaturge de Planchon au TNP. Sous le titre d'Un défi en province. Chronique d'une aventure théâtrale. On y voit comment se construit une histoire, entre les aléas politiques et les désirs artistiques. On y sent l'énorme force de conviction de Roger Planchon, homme au charme puissant.

Dès 1962, Roger Planchon a commencé à écrire. Une autre part de sa vie, à laquelle il tenait infiniment. Sa première pièce, La Remise, puise dans les souvenirs de l'enfance ardéchoise. Elle est belle, comme Le Vieil hiver et Fragile forêt (créées en 1990), qui forment un diptyque sur le temps. Mais ce sont Les Libertins (1967) et Gilles de Rais (1975) qui ont le plus marqué les esprits, à cause de leur souveraine insolence. Roger Planchon a aussi toujours été tenté par le cinéma. Il n'arrivera pas à imposer ses films, George Dandin (1987), Louis enfant-roi (1991) et Lautrec (1997). C'était l'un des regrets de cet homme remarquable, qui avait quitté en 2002 le TNP.

Le Monde

 

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Roger Planchon, Ardéchois coeur fidèle

Entré dans les dictionnaires, célèbre sur les scènes du monde entier, l'homme de théâtre avait fait l'objet d'un portrait dans La Croix en 2005

L'histoire de Roger Planchon, c'est l'histoire de toute une génération. Celle des Jean Vilar, Jean Dasté, Hubert Gignoux... Celle des pionniers de la décentralisation, hérauts du «théâtre service public». Installé à Lyon, dans le petit Théâtre de la Comédie au tout début des années cinquante, puis à Villeurbanne au Théâtre de la Cité (où il hérite en 1972 du sigle TNP créé pour Jean Vilar), il y a fait découvrir ou redécouvrir Molière, Racine, Marivaux, Dubillard, Vinaver, Ionesco.

Pourtant, à 73 ans, ayant quitté la direction du TNP pour retrouver le statut de directeur d'une «jeune compagnie» (le Studio 24), ce n'est pas en maître de la scène qu'il se présente aujourd'hui, mais en homme «surgi des terres ardéchoises de l'enfance (1)», selon la belle formule de Jean-Jacques Lerrant, ancien critique du Progrès de Lyon et ami fidèle.

Crinière blanche, affable, insaisissable, Planchon acquiesce («l'Ardèche, c'est le fond de ce que je suis») et renvoie aux premières lignes de son autobiographie concernant ses années d'enfance qu'il a adressée à sa petite fille Edmée, Apprentissages (2) : «Je suis né et j'ai été nourri au Jardin de France. C'est Touraine, dit Rabelais. Moi, c'est Ardèche. Est-ce en France ? Je ne sais pas. Ce n'est pas un jardin d'agrément. Accroché aux volcans, un Ardéchois se dit : "Courage, tu es né sur le flanc de furieux qui ne furent pas insignifiants." Aujourd'hui, ces arrogants se tassent mais c'est l'Ardèche.»

 

Des origines campagnardes

Ses origines sont modestes. Né à Saint-Chamond, le 13 septembre 1931, Planchon est fils de paysans qui, comme tant d'autres avant-guerre, ont quitté leur village pour gagner la grande ville. Sa mère, Marie («une femme courageuse, une grande dame») est bonne dans un hôtel. Son père tient successivement plusieurs «bistrots dans les quartiers les plus populaires», et notamment face aux aciéries de Saint-Chamond. Son penchant pour la boisson est certain, «mais, excuse Planchon, les clients avaient la dalle en pente et le patron se devait d'incliner plus sérieusement la sienne». Jamais ce père n'eut le vin mauvais. «Il était la Bonté avec B majuscule.»

Roger Planchon parle avec tendresse. Comme s'il se reprochait le temps où il se gardait de trop évoquer ces années. «À 16 ans, explique-t-il, j'étais comme les petits gars de banlieue qui veulent sortir de la banlieue : j'évitais de parler des bistrots de mon père.» C'est pourtant dans ces bistrots qu'il a fait ses humanités, approchant au plus près la vérité de ces «petites gens qui sont du peuple qui ne meurt pas».

«Tous les spectacles que j'ai montés m'ont ramené dans mon milieu, reprend Planchon. Je sais parfaitement que les ouvriers qui construisent les théâtres n'y vont pas obligatoirement. Pas plus que les gens modestes. Mais j'ai toujours voulu travailler pour eux aussi. Lorsqu'ils entrent dans une salle, ils ont envie de voir de beaux décors, de beaux costumes. S'ils font "fauchés", ils ont l'impression que l'on se moque d'eux. Ils ne croient pas aux princesses en jean déchiré. Les belles dames doivent porter de belles robes, sinon elles trichent ! Ils ont raison. J'y ai toujours fait attention.»

 

Résistant à 14 ans

À 20 ans, Planchon jettera un même voile pudique sur ses origines campagnardes. C'était à l'époque où il fréquentait Sartre, Marthe Robert, Arthur Adamov («il me réveillait à trois heures du matin pour me parler de L'Éducation sentimentale de Flaubert»). Elles ne lui en reviendront pas moins «très vite à la figure».

En 1960, un producteur lui commande un scénario pour un film qui ne sera jamais réalisé. Planchon en tirera sa première pièce, La Remise. «Elle raconte l'histoire de mon oncle, un petit Ardéchois qui se suicide... Mon problème venait des intellectuels que je croisais au lendemain de la guerre. Ils jetaient sur les paysans un regard incroyable. Ils les imaginaient tous pétainistes.»

Ils ne savaient pas que Roger Planchon s'était engagé dans la Résistance à l'âge de 14 ans. Il est même, à ce titre, «le plus jeune médaillé de France». Lui, l'élève «pauvre» des Frères des Écoles chrétiennes qui fuyait les cours, a été décoré devant toute l'école réunie, à la Libération. «L'événement, s'amuse-t-il, n'enthousiasma guère mon père. Il a fallu longuement insister pour qu'il accepte de fermer son bistrot et assiste à la cérémonie. Ce cirque le gênait.»

 

Le traumatisme de la guerre

Enfant de la terre, Planchon est donc aussi enfant de la guerre. «Je l'ai vécue de très près, adolescent. J'ai vu ses tueries, les otages abattus sur les trottoirs.» Au cours d'une mission de liaison, il est pris par les Allemands. Quatre-vingt-huit innocents sont massacrés. Planchon en réchappe. «Je suis un survivant. Pendant près de quarante ans, je n'ai pu me défaire de ce souvenir. Il suffisait que je voie un film avec des casques allemands pour que je passe une nuit de cauchemars. Même s'il ne s'agissait que d'une comédie, comme La Grande Vadrouille..»

Ceci explique-t-il cela ? Longtemps, les mises en scène de Roger Planchon ont été ponctuées de séquences à la violence brutale. Qu'il s'agisse de classiques (Tartuffe, Andromaque, qu'il replace en 1989 dans le contexte de la Fronde) ou de ses propres pièces : à commencer par Fragile Forêt et Vieil hiver. Ce diptyque raconte un siège lors des guerres de religion, vu alternativement du côté des assiégeants et des assiégés. Planchon l'a créé en 1991.

Vingt-cinq ans après, il en corrige encore le texte comme il reprend régulièrement ceux de toutes ses pièces : une dizaine en tout. «Le travail n'est jamais fini, s'excuse-t-il. Je n'écris pas pour moi mais pour des acteurs. Il faut aller vite, quitte à améliorer ensuite. Je n'agis pas en écrivain mais en chef de troupe à l'ancienne.» Il en appelle à Molière, à Orson Welles aussi.

 

Une éducation religieuse

On s'étonne ? «Ma première passion a été le cinéma, dit-il. J'ai découvert Orson Welles à 17 ans. J'étais fasciné. Je ne savais rien du théâtre, sinon que Welles avait débuté en prenant cette voie avant de réaliser ses premiers films. J'ai décidé de suivre son exemple. Je pensais que ce serait plus facile.»

Planchon doit attendre presque trente ans avant de se retrouver derrière une caméra. En 1987, il tourne Dandin, puis suivent Louis enfant roi en 1992, et Lautrec en 1998... Il rassemble nombre d'acteurs et de techniciens qui travaillent régulièrement avec lui au théâtre. Il y raconte non seulement l'histoire d'un personnage (roi ou peintre) mais plus encore celle d'un temps, d'une époque, multipliant les digressions et les références. Certains le lui ont reproché.

Il se défend en se présentant comme un «goulu» de la connaissance et de la culture. Un «vrai autodidacte» qui s'est formé non à l'université mais sur le tas, par la grâce d'un religieux qu'il n'a pas oublié : le F. Paul-Antoine, surveillant général de l'établissement où, bien que décoré, il n'avait toujours pas pris goût aux études. «C'était un pédagogue admirable, dit-il, maigre comme un clou.»

Un jour, l'adolescent est surpris par le Frère après avoir fait le mur. Au lieu de la gifle attendue, une question fuse : «Quel film es-tu allé voir ?» Peu à peu, une relation d'amitié se noue entre ce maître inattendu et l'élève Planchon. «Je lui dois tout, il m'a fait découvrir le cinéma, la philosophie, la peinture, l'esthétique et, plus encore, la poésie : tout de suite, je suis devenu un accro.»

 

Un amoureux de la poésie

C'est d'ailleurs en déclamant de la poésie, devant une assistance médusée, que Planchon a fait ses premiers pas sur une scène, dans une cave appelée Le Perdido. C'est là que Jean-Jacques Lerrant l'a découvert au détour des années cinquante, «insolent diseur de poèmes, adolescent à la crinière léonine qui lançait comme cris de guerre des vers de Baudelaire et Michaux».

Depuis, Roger Planchon ne part jamais en voyage ou en tournée sans emporter dans ses bagages quatre ou cinq recueils de poètes. «Je les lis avant de m'endormir. Classiques ou contemporains. Publiés dans la Pléiade ou en édition "tirée à 50 exemplaires".» Il a noué avec des poètes des amitiés profondes, notamment avec le jésuite Jean Mambrino.

«Comme les vrais amateurs de peinture apprécient tous les peintres, j'aime tous les poètes, lance-t-il. Ils parlent de la réalité du monde comme personne d'autre n'a jamais su le faire. Ils connaissent le cosmos.» En cela, «ils sont semblables aux paysans de l'Ardèche».

 

Il revient toujours à l'Ardèche

Par-delà ses projets (ouvrir un nouveau lieu de tournage ; mettre au point un mécanisme sérieux de coproduction audiovisuelle en Rhône-Alpes, afin d'ouvrir un marché du travail aux intermittents et d'apporter un sang neuf aux fictions télévisuelles...), Planchon revient toujours à l'Ardèche. Il avoue cependant n'avoir jamais revisité les lieux qui le virent grandir, «sauf une fois, pour montrer la région à ma femme».

Il n'a jamais voulu non plus hériter de la maison de ses parents, dans le village. Il l'a laissée à son frère Paul, réalisateur de télévision. «Il m'est impossible de revenir là-bas en vacances ou en touriste. Trop de gens ont travaillé, transpiré, souffert. Quand je passe en voiture dans la région, je vois les striures des montagnes, les champs en espaliers de deux à trois mètres de large que cultivaient les paysans ; les femmes qui tiraient la charrue, même enceintes ; la sueur, la peine, ce prodigieux courage pour survivre sur cette terre... Je n'ai qu'une envie : me mettre à genoux.»

Ou alors se réfugier dans les souvenirs d'orages, lorsque lui-même était berger sur les collines. «J'étais installé aux premières loges, comme le sont les princes dans les théâtres. Mais la scène qui me faisait face était le cosmos. Cela dépasse tout ce que l'on peut imaginer.» Même le théâtre.

Didier Mereuze

 
(1) Un défi en province. Planchon. Par Michel Bataillon. Préface de Jean-Jacques Lerrant. Éd. Marval. Coffret de 2 vol. : 1950-1975. (59, 90 Euros). Un second coffret de 2 vol, toujours par Michel Bataillon, vient de paraître chez le même éditeur, sous le titre Chéreau, Lavaudant, Planchon - 1972-2000 (60 Euros).

(2) Apprentissages par Roger Planchon. Plon. 630 p. 25 Euro.

 

 


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