mercredi 8 août 2018

L’affaire de la tombe de Pierre Frécon, mort pour la France

tombe Pierre Frécon, 2 février 2014
photo du 2 février 2014

 

 

l'affaire de la tombe de Pierre Frécon,

mort pour la France en 1914

le dossier, par Michel RENARD

 

 

Pierre Frécon, ancien élève de l’École pratique d’industrie à Saint-Chamond, est un jeune soldat mort pour la France le 27 août 1914, à l’âge de 24 ans, à Nompatelize dans les Vosges. Il fut enterré au cimetière communal, et sa mère, disparue en 1932, a été inhumée dans la même tombe.

 

inscription stèle Pierre Frécon
photo du 2 février 2014

 

Pierre Frécon, portrait
Pierre Frécon, 1890-1914

 

Pierre Frécon fiche MPLF
fiche du répertoire Mémoire de hommes

 

 

un premier signalement en 2014

En février 2014, j'ai écrit à la Mairie au sujet de la tombe qui n'était plus entretenue

 

lettredu 4 février 2014 (1)

lettredu 4 février 2014 (2)

 

Et j'ai reçu la réponse suivante. Évidemment, il n'y a pas eu de suite puisque la majorité a changé lors des élections des 23 et 30 mars 2014.

 

réponse mairie 13 mars 2014

 

 

 

la destruction de la tombe en 2018

Ayant constaté la destruction de la tombe en avril 2018, j’ai adressé un courrier à la Mairie.

 

lettre au maire, 7 avril 2018 (1)

lettre au maire, 7 avril 2018 (2)

 

 

Voici la réponse alors reçue. Il était notamment précisé que Pierre Frécon avait été "place au carré militaire".

 

réponse Marie tombe Pierre Frécon, 10 avril 2018

 

Le 7 avril 2018, dans un fil de discussion de la page Facebook, Saint-Chamond & Saint-Étienne en vrai, Nicole Forest, conseillère municipale en charge du patrimoine, du tourisme et des archives, écrivait, elle aussi, que "les restes de ce jeune homme ont été transférés dans le carré militaire".

 

Nicole Forest, Facebook, avril 2018

 

Au cours de plusieurs visites au cimetière, j'ai cherché ce nouvel emplacement  des restes de Pierre Frécon. Il a fallu attendre plusieurs semaines car les tombes du carré militaire étaient en réfection et certains noms n'avaient pas encore été repeints.

En juillet, il était possible de constater qu'aucune trace de Pierre Frécon ne subsistait désormais. J'ai donc adressé un nouveau courrier à la Mairie.

 

lettre Mairie 28 juillet 2018 (1)

lettre Mairie 28 juillet 2018 (2)

lettre Mairie 28 juillet 2018 (3)

lettre Mairie 28 juillet 2018 (4)

lettre Mairie 28 juillet 2018 (5)

 

En réponse, une rencontre était proposée en Mairie.

 

courriel 2 août 2018

 

 

la réunion du 8 août 2018

Étaient présents : Catherine Chapard, maire-adjointe, en charge de la population, de l'état civil et des cimetières ; Bernard Triollier, conseiller municipal, en charge des commémorations patriotiques ; la responsable du service population et le directeur adjoint des services municipaux.

Il a été précisé que les termes de la lettre du 10 avril 2018 n'étaient pas corrects : en réalité, il n'y a aucun reste de la dépouille de Pierre Frécon (ni de sa mère), selon l'entreprise Monchand en charge de l'aménagement de la rangée 13 suite à sa reprise par la Mairie.

  • Personnellement, je reste dubitatif quant au fait qu'il ne restait rien de ces deux dépouilles...

La décision de conserver le mobilier funéraire a été confirmée. Il en ira de même à l'avenir, à l'égard des  morts pour la France ou à l'égard des vestiges de sépultures dignes d'un intérêt patrimonial, après consultation de l'association Les Amis du vieux Saint-Chamond. Les responsables assurent que ces procédures sont toutefois longues dans le temps.

Cet intérêt pour la mémoire est à mettre à l'actif de la municipalité qui souligne qu'elle a dû rattraper le retard accumulé avant 2014. Le directeur adjoint des services municipaux annonce que la commune consacre 100 000 euros par an aux cimetières ; Bernard Triollier, lui, dispose de 50 000 euros par an pour les monuments aux morts : celui de Saint-Chamond est en cours de restauration et celui de Saint-Martin sera le prochain.

J'ai trouvé des élus et responsables administratifs attentifs au patrimoine funéraire de la ville ainsi qu'à la dimension symbolique de la préservation des signes majeurs du passé saint-chamonais. La perspective du centenaire de la fin de la Grande Guerre stimule cet état d'esprit respectable.

 

Michel Renard
professeur d'histoire

 

tombe Pierre Frécon, 2 février 2014
photo du 2 février 2014

 

* voir aussi : article du 17 avril 2018

 

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