dimanche 1 juin 2008

Jean de la Rive, d'après M. Fournier

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les idées de Jean de la Rive

M. FOURNIER (1949) *

 

Qui ne connaît, à Saint-Chamond, ce vieux maître d'école qui, pendant près de quarante ans, a élevé des générations d'enfants et leur a versé, dans l'âme et dans le cerveau, ce qu'il avait en lui de plus précieux, un peu de science et beaucoup de bonté ?

Un élève était pour lui un fils. D'un coeur toujours ému, il le enfants_Saint_Chamond_avant_1911recevait des mains d'une mère, il l'adoptait aussitôt, lui souriait et, quand il l'avait apprivoisé, cherchait à découvrir le mystère de ses yeux innocents. Et, tout doucement, sans jamais l'abandonner, il l'inclinait vers l'effort, le bien, le devoir.

Mais pourquoi essayer de vous retracer ce que fut Jean de la Rive ? Interrogez ces anciens élèves devenus des hommes, des pères de famille, ils vous diront qui il était.

Il n'est plus à présent, qu'un long vieillard penché qui se promène, d'un pied mal assuré, le long des rues, contemplant une muraille qui fait surgir en lui les souvenirs du passé, suivant des yeux un jeune couple qu'enchante l'Amour, prenant plaisir aux jeux de bambins dépenaillés qui seront peut-être, un jour, des héros, abordant d'un mot amical des ancêtre qui, dans leurs rides, leurs mains décharnées, portent l'empreinte des dévouements, des sacrifices, des abandons, des peines, des misères, parmi lesquels ils ont vécu.

Il aurait pu, comme tant de ses collègues, cacher à ses élèves sa décrépitude, aller chercher, là-bas, les vastes horizons, baigner ses faibles yeux dans l'azur profond d'un soleil du Midi, entendre la musique des cigales et se laisser pénétrer par les parfums qui dévalent les côteaux brûlants de la plaine. À toutes les exhortations des siens, il ne sait que répondre :

- J'ai vécu là, dans cette petite ville déshéritée et j'y mourrai. N'est-ce donc rien, pour ceux qu'on a pétris en quelque sorte, modelés, que de vouloir partager jusqu'au bout leur humble sort ? Si je ne suis plus, à présent, qu'une ruine, eux savent quelle flamme brûlait jadis en moi ! Leur tourner le dos, les quitter, quand mes forces m'abandonnent, ce serait une lâcheté, une trahison ! On ne se donne pas deux fois. Je me suis donné à eux et leur reste fidèle. Qu'ils soient au moins comment finit un homme qui a accompli, de son mieux, une grande tâche et qui descend au tombeau simplement, en pardonnant à tous, même aux méchants qui ne savent pas ce qu'ils font. Ce sera ma dernière leçon, la meilleure...

Surtout, ne prenez pas Jean de la Rive pour un songe-creux, un chevaucheur de chimères, un de ces êtres veules qui tremblent devant les puissants, qui acceptent le mal et restent indifférents quand leur voisin est victime d'une injustice. S'il est, au fond, le plus tendre des hommes, il est aussi celui qui ne veut pas se laisser abuser par les discours, les attitudes, les théories des faux prophètes.

Lisant chaque jour une page des Essais de Montaigne, c'est sans flatterie qu'il se juge et juge les autres. Voir clair en lui et chercher à découvrir les mobiles secrets qui font agir ces annonciateurs d'un monde nouveau,074 prélude de l'âge d'or, où les êtres humains seront soumis à une administration despotique, entraînés dans un tourbillon infernal où la Machine sera l'idole, où l'âme, l'esprit, le coeur, le Ciel seront bannis, voilà ce qui parfois l'obsède et le tourmente, quand il se penche sur le livre des Destinées.

Comme il y a loin encore jusqu'à cette Cité future rêvée par Jaurès "habitable pour tous et réservant à tous la vision de la beauté et le repos de la félicité !".

Certes on pourrait, par une éducation bien entendue, assurer, diriger, hâter le progrès social, si on ne comptait ni avec les passions ni avec les intérêts, ni avec les vices.

Et Jean de la Rive s'interroge et se demande anxieux :

- Que deviendront la liberté humaine et les valeurs spirituelles dans ce monstrueux organisme qui s'élabore dans l'ombre et qui menace l'univers entier ? Tant de siècles de civilisation vont-ils aboutir à cet État-Providence qu'on nous fait entrevoir, livré à des scribes anonymes, sans visages, sans entrailles, jetant ou reprenant d'une main indifférente les signes trompeurs de la richesse ?

Ah ! s'il pouvait dire à ces novateurs astucieux qui aiment volontiers à s'envelopper de voiles et de mystère :

- Vous voulez sincèrement le bonheur de l'enfant qui vient de naître, imitez femmes_de_Provencedonc les vieilles femmes de Provence qui présentaient autrefois à la jeune mère, en guise de présent, une couple d'oeufs, un quignon de pain, un grain de sel et une allumette, et elles ajoutaient à leur don cette formule : "Mignon, sois plein comme un oeuf, sois bon comme le pain, sois sage comme le sel, sois droit comme une allumette".

Fort et courageux dans la conquête des biens terrestres, bon, sage, droit et fier, comme il convient à un homme libre, n'est-ce pas le modèle qu'il s'ets proposé jadis, lui, Jean de la Rive, dans son oeuvre d'éducation nationale ?

Les épreuves, hélas ! ne manqueront pas, plus tard à ces enfants, dans l'exercice de leur métier d'hommes, il ne le sait que trop ! mais du moins, en les quittant, au seuil de l'adolescence, il leur avait laissé un viatique : il les avait voués pour toujours à la patrie, à l'honneur, au devoir.

Que ne pouvez-vous apercevoir tout ce qui fermente, bouillonne dans ce vieux coeur usé qui a conservé pour ce qui, dans la vie, est vrai, généreux et noble, une extraordinaire fraîcheur !

Homme de foi profonde, c'est avec tristesse qu'il voit le culte s'égarer dans la pratique de saints, plus ou moins authentiques, qui finiront par ternir, obscurcir, effacer la grande figure du Christ.

Sans jamais être sectaire, il compta parmi les troupes d'avant-garde et se détourna de la politique militante, quand il vit les partis s'y heurter pour la conquête des places, des prébendes, des honneurs et l'assouvissement de leurs basses rancunes.

Le sport lui sourit, jusqu'au jour où il vit les foules se précipiter dans les stades, pour applaudir des champions que les clubs achètent, revendent, se disputent, se repassent, comme des poulains au champ de foire.

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À ces vains jeux du cirque, qui rappellent les plus mauvais jours de l'Empire romain, il oppose la méthode suédoise, moins spectaculaire, accessible à tous, et qui aurait pu sauver notre race d'une lente mais certain déchéance.

Que de bien pourrait faire le journal dans une démocratie, s'il était libre, indépendant, rédigé par d'honnêtes écrivains, moins soucieux de flatter les passions de leurs lecteurs que de les instruire ! Hélas ! tous portent la cocarde de leurs maîtres, battent pour eux du tambour, devant les urnes. Qui dispose de la presse, dispose des suffrages. le succès couvre tout. La loi du nombre est souveraine...

Il avait mis dans le cinéma bien des espoirs qui ont été déçus. Cette belle découverte française devait, selon lui, propager les chefs d'oeuvre, étaler, sous les yeux, le vrai visage du monde, nous faire participer à la vie de l'ouvrier dans son usine, aux travaux de la ferme, aux secrets des laboratoires, rendre sensible tout ce qu'il y a de poésie dans la nature. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un spectacle grossier et de mauvais goût, d'où l'art a disparu.BranlyLab05

Que n'a-t-on fait de la radio, cette bouche aux résonances infinies que le Français Branly [ci-contre] et l'Italien Marconi ont donnée au monde ? Quand les plus belles voix, les plus sages, les plus représentatives devraient se faire entendre par elle, ce ne sont, le plus souvent, que propos de turlupins, musiques nègres, arlequinades, vains bruits de foules en délire. Cependant l'humanité inquiète, si longtemps martyrisée, attend toujours la parole insigne qui, portée par les ondes, dissipera les haines, rassurera les esprits, fera tomber des mains des violents les armes criminelles.

L'école qu'il a tant aimée, qu'il a défendue contre le fanatisme, qu'il a voulu soustraire à l'emprise des idéologies malsaines, des factions partisanes, pour en faire une sorte de temple vénéré de tous, où des âmes d'enfants pouvaient s'épanouir librement, dans une atmosphère sereine, épurée, n'a-t-il pas vu, lui, Jean de la Rive, quelques-uns de ses jeunes maîtres la quitter cette maison de l'amitié, et lui préférer le tumulte et les criailleries du Forum ! Les malheureux ! N'ont-ils donc pas senti, au fond d'eux-mêmes, combien la mission de l'éducateur l'emportait sur le métier d'histrion, de batteur d'estrade ?

Lui, le grammairien, le lexicographe, en est venu à maudire les mots qui se font les complices du mensonge. Arrêté devant une affiche de propagande, il parcourt des yeux cette phraséologie pitoyable, qui cache sa perfidie sous un débordement d'épithètes barbares, toutes gonflées de venin. Il s'éloigne en haussant les épaules. La vérité ne s'exprime pas ainsi, remarque-t-il, et n'a pas besoin de s'affubler de ces oripeaux pour nous convaincre. Faut-il que ces démagogues, ces trublions, ces sinistres fantoches le méprisent, le peuple, pour essayer de le piper avec de si grossiers artifices !

- Quel pessimisme, ce Jean de la Rive, ne manquerez-vous pas de dire, mais ce malheureux voit tout en noir ! Avec de telles dispositions, combine triste doit être sa compagnie !

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la rue Victor Hugo à Saint-Chamond avant 1907

Détrompez-vous ! Ce censeur bénévole est resté affable, accueillant, doux, sensible à la beauté. Il a vécu, entre l'ironie et la pitié, avec une âme bienveillante, ne se laissant pas entamer par le doute, malgré tant d'expériences désastreuses, conservant une foi invétérée dans les destinées de son pays et le triomphe de la démocratie. Il voudrait que la République n'eût qu'un mot pour devise : Fraternité ! Ah ! l'heureux jour, où chacun se tenant par la main, toutes classes confondues, il verrait le Peuple, débarrassé enfin de ses mauvais bergers, ayant retrouvé les vertus d'autrefois, s'acheminer, vers la Lumière, sous la conduite des élites, en clamant aux échos sa joie de vivre !

 

M. Fournier, Tableaux de la vie saint-chamonaise, 1949, p. 9-14

 

 

 

* les propos de cet auteur n'engagent que lui, bien sûr...

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vendredi 30 mai 2008

ouvriers de Saint-Chamond au XIXe siècle (Elinor Accampo)

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Saint-Chamond, devant l'usine de Tresse, avant 1914



Entre la classe sociale et la cité :

identité et intégration chez les ouvriers

de Saint-Chamond, 1815-1880

Elinor ACCAMPO (1982)



résumé
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, un important prolétariat industriel naît à Saint-Chamond du textile et de la métallurgie lourde. L'absence de tout mouvement ouvrier dans la ville est d'autant plus remarquable qu'il se développe dans les cités voisines et à partir des mêmes secteurs. Cet article suggère que cette absence de conscience collective tient en partie à ce que la géographie sociale entraînée par le développement industriel n'a pas provoqué de ségrégation de l'habitat ouvrier susceptible d'aider à un sentiment d'identité et à un sens de la communauté propres aux travailleurs. Au contraire, ceux-ci ont été bien intégrés dans une ville qui se distinguait déjà par la force de l'influence qu'y exerçait un patriciat commercial ancien et dévot. Appuyé sur la reconstitution des familles et l'utilisation des actes de naissance, de mariage et de décès, il voudrait montrer ce qu'on peut tirer de l'état civil pour une étude des sociabilités.


article
En 1927, un journaliste local, Stéphane Bertholon, publiait une série d'articles sur sa ville natale, Saint-Chamond. Il avait été amené à les écrire par le désir de conserver quelque chose du passé dans une période de bouleversements. Les années 1870, pensait-il, avaient marqué un virage dans l'histoire de sa ville. Le conseil municipal cessa alors de se recruter parmi les seuls notables, "triés sur le volet" ; il passa au contraire sous la domination d'hommes nouveaux à Saint-Chamond et dont les ambitions étaient "plus politiques que pratiques". Cette mutation au niveau des élites dirigeantes traduisait un changement plus profond, bien antérieur aux années 1870, et dont Bertholon avaient une conscience très claire : "la grande usine métallurgique, amenant à notre ville une quantité d'étrangers qui s'y fixèrent et y prirent droit de cité submergeant les gens du pays et leur imposant, grâce à la politique, des municipalités que n'animait pas, comme précédemment, l'amour de l'intérêt de la ville... Et à cause de cette invasion étrangère, la race des bons vieux Saint-Chamonais d'antan tend à se perdre de plus en plus" (1).

Il réagissait ainsi à un phénomène de plus ne plus fréquent dans nombre de villes du XIXe siècle : l'afflux "d'étrangers" venus aussi bien d'une commune voisine que d'un pays étranger pour participer à la constitution de cette nouvelle classe proliférante qui, par son déracinement, menaçait automatiquement l'ordre bourgeois des petites cités marchandes. À maints égards, on peut voir en Saint-Chamond l'exemple classique d'une ville transformée par les métamorphoses multiples, technologiques, économiques et sociales, typiques de l'industrialisation. Jusqu'aux années 1840, les plus importantes de ses industries étaient la clouterie, la rubannerie, le moulinage et la passementerie. C'étaient des activités domestiques, familiales, organisées sur la base du système de la sous-traitance, le secteur soyeux prenant des... (à suivre)

Elinor Accampo (trad. Claire Auzias)


(1) - Stéphane Bertholon, Histoire de Saint-Chamond, notes et souvenirs d'un vieux Couramiaud, Saint-Étienne, 1927, p. 145. Histoires_Saint_Chamond_Bertholon_couv


- article paru la revue Le Mouvement Social, n° 118, janvier-mars 1982, p. 39-59

- achat de cet article en ligne (site américain)


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Elinor Accampo




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mercredi 28 mai 2008

évocation du souvenir de personnalités locales (1949)

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le jardin public à Saint-Chamond


les serviteurs de la cité

M. FOURNIER (1949)


Assis sur un banc du Jardin public, Jean de la Rive aimait à s'entretenir avec Jean Callet, un bon bourgeois de quatre-vingt-dix ans, dont la verdeur, la mémoire fidèle, la connaissance du passé, l'émerveillaient toujours.
- Ah ! lui disait-il souvent, quel dommage que tant de souvenirs précieux soient10448545_p perdus pour la génération présente ! Les êtres collectifs, les peuples, comme le prétendait Balzac, sont hélas ! sans mémoire. Ces jeunes filles qui passent au pied du monument Carnot, ces ouvriers qui se hâtent à l'appel des sirènes, que savent-ils de leur ville ? Rien ou presque rien !

Ils auront vécu, au milieu de murs anonymes, retenant à peine le nom de quelques rues, lu les faits divers de leur journal, voté sans enthousiasme pour des inconnus qui sollicitent leurs suffrages, sans même s'enquérir si ces gens-là ont un métier, une famille, d'honnêtes ressources et s'ils réunissent les qualités intellectuelles et morales pour la tâche qui les attend. Et l'on s'étonne que tant d'incapables, de profiteurs avides, de menteurs effrontés, de braillards vilipendeurs, arborant à leur chapeau la cocarde d'un parti, montent à l'assaut du pouvoir, exigent places, prébendes, faveurs, pour eux et leur clientèle, et finalement déshonorent le régime !

À quoi Jean Callet répliquait, avec un éclair dans ses yeux malicieux.
- Lequel de nos concitoyens pense encore à Briand [ci-contre] qui, débarqué chez nous en chapeau haut de forme,Phototh_que___2746 redingote et cravate ample a, au début de sa carrière, fait retentir les murs de la Salle des Conférences de sa voix sourde et magnifique ? Un révolutionnaire, vaguement anarchiste, qui a bientôt évolué et s'est fait, par la suite, comme ministre, le défenseur de l'ordre et, sur le plan diplomatique, l'apôtre de la paix universelle ! C'était, au demeurant, un bohème peu cultivé, que dupa facilement Stressmann, mais qui avait reçu du Ciel ou peut-être de l'enfer, le don de galvaniser les foules. Jamais je n'oublierai, pour ma part, cette espèce de fascination qui s'emparait de ses auditeurs, quand ils fixaient ce masque de tribun, dont la pâleur tragique ressortait entre une énorme moustache et une débordante chevelure d'ébène. De ce qu'il avait dit, il ne restait rien ou peu de choses dans l'esprit, mais durable était l'impression que le son de sa voix passionnée avait laissée en vous.

- Et il s'en est allé, continuait Jean de la Rive, sans une pensée pour la ville qui était à l'origine de sa fortune, laissant à des héritiers inconnus des millions inutiles, croyant avoir abattu le spectre de la guerre, lequel depuis est apparu plus effrayant que jamais et - chose presque incroyable  ! - à demi réconcilié avec l'Église, qu'il avait pourtant contribué à séparer d'avec l'État. Du passage de ce météore, à travers notre ciel charbonneux, qu'est-il resté ? Une pincée de cendre que dispersa bientôt le vent !


ces providences humaines...

De sa petite voix grasseyante, Jean Callet poursuivait :

- Les Dugas-Montbel [ci-contre], les Ennemond Richard, les Germain Morel, les Jules Duclos, tous sortis du peuple,Dugas_Montbel_buste quels exemples à mettre en parallèle avec tout ce petit monde d'intrigants, de bavards et d'inutiles !

Le premier, né en 1776, grand helléniste, qui fut député sous Charles X, et protesta contre les Ordonnances, enseigne la prévoyance aux humbles, soustrait leurs économies aux griffes des filous, en fondant, en 1834, une des premières Caisses d'épargne de France, la nôtre, et laisse à sa ville une bibliothèque d'une valeur inestimable.

"Par ses métiers perfectionnés, dont il avait trouvé le prototype chez un marchand de bric-à-brac, à Paris, Ennemond Richard donna un prodigieux essor à l'industrie toute nouvelle du lacet, qui fait vivre aujourd'hui des milliers d'ouvrières.

Germain Morel, né en 1820, fils d'un modeste forgeron, ouvrier lui-même, devenu ingénieur, invente les bandages sans soudure pour les roues des wagons. Confiant dans son génie, il jette, avec les Petin-Gaudet, les fondements des Aciéries de la Marine, tandis que le moulinier Jules Duclos, mal soutenu par son Conseil, d'effraye l'ampleur de ses projets, fait édifier, sur les plans de M. de Montgolfier, la grande muraille qui retiendra les eaux du Ban.

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place Germain Morel à Saint-Chamond, avant 1905

Ceux-là étaient des hommes, dans toute la beauté du terme ! Probes, loyaux, désintéressés, gens d'honneur, luttant avec une rare énergie pour la défense des intérêts de leurs concitoyens, qu'ils confondaient avec les leurs.

Si Dugas-Montbel, cet ami de Ballanche, d'Ampère, est mort, en 1834, dans la sérénité d'un sage ami des Muses, les épreuves n'ont pas manqué aux autres. Il a fallu à Ennemond Richard vaincre certaines résistances de ses confrères, triompher de la routine, pour faire accepter ses métiers, dont le grand avantage est de se prêter aux fabrications les plus variées.

Dépouillé du fruit de son invention, à demi ruiné par des maîtres de forges rivaux, qui avaient été ses associés, Germain Morel a eu l'amertume de voir le nom des Petin-Gaudet substitué au sien, au fronton de l'usine qu'il avait fondée, au Pré-Château. De désespoir, le 2 septembre 1852, il s'est fracassé la tête en se jetant dans la rue, du haut de son balcon. Il avait 33 ans !mur_du_barrage_de_la_Rive

Abandonné de tous, risquant sa popularité, pour la fabrication de sa grande idée, Jules Duclos vint, chaque jour, de 1866 à 1870, inspecter les travaux du barrage de la Valla. Ce n'est que, quand l'oeuvre fut achevée, qu'il commença à dormir tranquille. [ci-contre : mur du barrage de la Rive, en hiver - source]

Soyons reconnaissants à ces providences humaines qui, pour notre bonheur, se manifestent parfois au sein de la cité."

Et Jean de la Rive de conclure, dans un geste désolé :

- Des noms, de simples noms, sur une plaque d'émail, au coin des rues, voilà ce que lisent, de leurs yeux distraits, nos jeunes d'à-présent. Que n'apprennent-ils aussi à connaître les vertus de ceux qui, par-delà le tombeau ont préparé leur avenir !

M. Fournier, Tableaux de la vie saint-chamonaise, 1949, p. 29-32


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samedi 22 mars 2008

les adjoints au maire (21 mars 2008)

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Philippe Kizirian, maire



adjoints au maire de Saint-Chamond


- élection du vendredi 21 mars 2008, 27 suffrages pour chacun et 12 bulletins blancs


- Charles BELLAVIA : vie associative

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- Michelle GALLAND : affaires sociales, petite enfance, relations personnes handicapées

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- Zebida GUEMRA : jeunesse, éducation à la citoyenneté

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- Catherine MARTINS : démocratie locale, vie des quartiers

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- André MOULIN : eau, assainissement



- Aimée MURASZKO : logement, habitat



- Nicole PASSEL : culture, patrimoine, tourisme

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- Michel PONTON : finances

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- Philippe ROBERT : affaires économiques, commerce

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- Raymond VACHER : gestion du personnel, sécurité publique et gestion du quotidien

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- Stéphane VALETTE : développement durable

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dimanche 16 mars 2008

Résultats définitifs du 2e tour des municipales

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Résultats définitifs du 2e tour

des élections municipales

à Saint-Chamond, 16 mars 2008



- résultats défintifs des élections municipales, 2e tour, 16 mars 2008 (fichier pdf)


Kizirian (gauche)                 36,77%          5 234 voix   liste élue

Ducarre (droite)                  32,03%          4 559 voix

Mandon (droite)                  31,20%          4 441 voix



Kizirian

Philippe Kizirian, Parti socialiste,
nouveau maire de Saint-Chamond


Répartition des 39 sièges au prochain Conseil Municipal (sous réserve de validation par la Préfecture) :

- liste menée par Philippe KIZIRIAN : 27 sièges
- liste menée par Gérard DUCARRE : 6 sièges
- liste menée par Emmanuel MANDON : 6 sièges



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dimanche 9 mars 2008

1er tour des élections municipales 2008

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1er tour des élections municipales

9 mars 2008




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panneaux électoraux, le 9 mars 2008


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machines à voter dans un bureau de Saint-Chamond, le 9 mars 2008


machine___voter_St_Cham_9_mars_2008__2_
machines à voter dans un bureau de Saint-Chamond, le 9 mars 2008


- les listes candidates


* résultats définitifs 1er tour à Saint-Chamond 9 mars 2008 (fichier pdf)

Kizirian              31,23%          4 059 voix   

Mandon              30,55%          3 971 voix

Ducarre              30,24%          3 931 voix

Minnaert              7,98%           1 037 voix


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mercredi 13 février 2008

petite virée du 13 février 2008

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petite virée du mercredi 13 février 2008

 

 

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boulevard Alamagny débouchant sur la place de la Valette

 

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place de la Valette

 

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place de la Valette

 

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rue Jules Ferry à gauche et rue Léon Bérard à droite

 

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place de la Valette

 



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place de la Valette

 

13_f_vrier_2008__7_
place de la Valette, vers le boulevard Alamagny

 

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rue Léon Bérard

 

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rond point à l'angle de la rue Léon Bérard et du bd Ennemond Richard ;
en face, la rue des Charmilles

 

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boulevard Ennemond Richard

 

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rue des Charmilles : cercle Saint-Joseph ; théâtre de la Valette



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vue de la rue des Charmilles

 

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rue des Charmilles et, à gauche, encore la rue des Charmilles

 

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rue des Charmilles

 

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rue des Charmilles ; en bas à droite, toujours la rue des Charmilles

 

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rue des Charmilles

 

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rue des Charmilles ; au fond croisement avec la rue Charles Laurent

 

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rue des Charmilles

 

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au débouché de la rue des Charmilles, la rue Charles Laurent

 

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croisement rue des Charmilles et rue Charles Laurent

 

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croisement rue des Charmilles et rue Charles Laurent

 

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route du Coin, la maison familiale d'Antoine Pinay 

 

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le bas de la rue des Charmilles

 

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au bas de la rue des Charmilles, la route du Coin descendant vers la gare

 

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route du Coin, travaux de voirie par deux ouvriers municipaux 

 

13_f_vrier_2008__26_
route du Coin, travaux de voirie par deux ouvriers municipaux

 

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route du Coin, à gauche l'école Saint-Marie

 

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route du Coin

 

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route du Coin, à droite l'école Saint-Marie

 

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route du Coin, une entrée presqu'irréelle...

 

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vers la demeure d'un prince mystérieux...?

 

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route du Coin, terrain de sport de l'école Sainte-Marie

 

13_f_vrier_2008__33_
route du Coin au croisement avec les rues Jules Verne et Croix Raisin

 

13_f_vrier_2008__34_
rue Jules Verne, longeant le parc de l'école Saint-Marie

 

13_f_vrier_2008__35_
croisement de la rue Jules Verne et de la rue Vincendon à droite



 

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mardi 12 février 2008

petite virée du mardi 12 février 2008

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entrée de la rue Gambetta, vers le Champ du Geai



viréee du mardi 12 février 2008



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square des Palermes


square_Palermes__2_
square des Palermes


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square des Palermes


- pour comparer les Palermes d'aujourd'hui avec 1958 : cliquer ici

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rue_de_la_Brosse
entrée de la rue de la Brosse


rue_Victor_Hugo_r_sidence
résidence, rue Victor Hugo


maisons_rue_Victor_Hugo__1_
villas rue Victor Hugo, angle rue Lamartine à droite


maisons_rue_Victor_Hugo__2_
villas, croisement rue Victor Hugo et rue Benoît Oriol (face au château du Jarez)


jardin_ch_teau_Jarez_et_maisons_rue_de_la_Brosse
jardin du château du Jarez et immeubles de la rue de la Brosse


rue_Benoit_Oriol_en_descendant
rue Benoît Oriol


h_pital
hôpital des Pays du Gier (faussement appelé : hôpital de Saint-Chamond)


rue_Dugas_Montbel_allant_vers_la_gare
rue Dugas-Montbel montant vers la gare de Saint-Chamond


rue_Dugas_Montbel_descendant
rue Dugas-Montbel descendant


AV_SADI_CARNOT
la petite avenue Sadi Carnot, qui va de la rue Victor Hugo (à droite)
à l'entrée du Jardin public de l'Hôtel de Ville (à gauche)


boulangerie_coop_rative__1_
rue William Neyrand, façade d'une ancienne "boulangerie coopérative"


boulangerie_coop_rative__2_
rue William Neyrand, façade d'une ancienne "boulangerie coopérative"


boulangerie_coop_rative__3_
rue William Neyrand, façade d'une ancienne "boulangerie coopérative"


sortie__cole_Lamartine__1_
sortie des élèves à l'école Lamartine, vers 11 h 30


sortie__cole_Lamartine__2_
sortie des élèves à l'école Lamartine, vers 11 h 30


h_tel_de_ville_entr_e_du_public
Hôtel de Ville, entrée du public


h_tel_de_ville_fa_ade_historique
Hôtel de Ville, façade historique


h_tel_de_ville_fa_ade_historique__2_
Hôtel de Ville, façade historique


clo_tre_restaur___1_
cloître de l'Hôtel de Ville (ancien couvent des Minimes, 1628), restauré en 2007


clo_tre_restaur___2_
cloître restauré en 2007


clo_tre_restaur___3_
cloître restauré en 2007


clo_tre_restaur___4_
cloître restauré en 2007


clo_tre_restaur___5_
cloître restauré en 2007


petite_impasse_rue_de_l_H_tel_de_Ville
petite impasse dans la petite rue de l'Hôtel de Ville


rue_de_l_H_tel_de_Ville__1_
la petite rue de l'Hôtel de Ville qui débouche sur la piétonne rue de la République


Chaumi_re_fleurie__1_
rue de la République, la "Chaumière fleurie"

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bd_Waldeck_Rousseau__1_
boulevard Waldeck-Rousseau


butte_de_l_ancien_ch_teau
butte de l'ancien château des seigneurs de Saint-Chamond


fours_banaux__1_
impasse des fours banaux (au pied de l'ancien château)


fours_banaux__2_
impasse des fours banaux


fours_banaux_plaque
impasse des fours banaux


petite_fontaine
petite fontaine ancienne (?) préservée dans le béton moderne


rue_R_publique__1_
rue de la République


rue_R_publique__2_
rue de la République


rue_R_publique__3_
rue de la République


rue_R_publique__4_
rue de la République


rue_R_publique__5_
rue de la République (le haut de la rue, vers la place Dorian)


rond_point_des_Rencontres__1_
rond-point des Rencontres


rond_point_des_Rencontres__2_
rond-point des Rencontres


place_Dorian
place Dorian


angle_place_de_la_Libert_
angle de la place de la Liberté, vers la place Dorian


_glise_Notre_Dame
église Notre-Dame (il était midi...)


MJC__3_
Maison des Jeunes et de la Culture, réaménagée en 2007


MJC__2_
Maison des Jeunes et de la Culture


vue_sur__cole_Lamartine__1_
école Lamartine et rue Antoine Pinay à droite


vue_sur__cole_Lamartine__2_
école Lamartine et rue Antoine Pinay à droite


entr_e_rue_Gambetta_puis_rue_Saint__tienne
entrée de la rue Gambetta (ensuite : route de Lyon), vers le Champ du Geai



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dimanche 10 février 2008

élections municipales 2008

mairie_St_Cham



les listes aux élections municipales 2008




gerard170













- le site de la liste "L'union pour Saint-Chamond" : Gérard Ducarre

Affiche_bassdef_red

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005

- le site de la liste "Saint-Chamond avant tout" : Emmanuel Mandon

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liste_picture3liste_picture4

- le site de la liste "Écologie pour Saint-Chamond"

index_picture9

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Kizirian











- le site de Philippe Kizirian pour la liste "Bien vivre à Saint-Chamond" : PS, PCF, Lutte Ouvrière et AGA (À Gauche Autrement)

- trombinoscope

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sièges de campagne,

photographiés le 2 février 2008


si_ge_Mandon__1_
siège de la liste Emmanuel Mandon  : angle des rues Pierre-Curie et Sabotin


si_ge_Mandon__2_
siège de la liste Emmanuel Mandon (en face de la MJC)


si_ge_Kizirian__1_
siège de la liste Philippe Kizirian (rue Victor Hugo)


si_ge_Kizirian__2_
siège de la liste Philippe Kizirian (PS et gauche)



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mardi 5 février 2008

croix de 1846

Louis_PhilippeAR_1846__1_

 

 

une croix de carrefour

datant de 1846



AR_1846__1_
à l'angle de la route du Coin et de la rue Jules Verne
(à l'arrière, le parc de l'école Sainte-Marie)

 

AR_1846__2_
sur la tablette du socle, l'inscription : A.R. 1846 (sur le côté droite : E.R.)

 

 

AR_1846__3_
1846... c'est encore le règne de Louis-Philippe, dernier souverain royal




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