vendredi 5 juin 2009
Chavanne-Brun frères (entreprise)
entreprise Chavanne-Brun
L'entreprise Chavanne-Brun était située entre le boulevard Waldeck-Rousseau et la rue Jeanne d'Arc (actuel espace occupé par le marché), en partie face à l'École supérieure de jeunes filles (actuelle Maison des arts). Pendant la Première Guerre mondiale, pour les besoins de sa fabrication d'obus, elle bâtit une petite construction provisoire, le long du boulevard, sur un terrain appartenant à messieurs Lassablière et Sarron (voir l'extrait du plan d'alignement).
Et, surtout, elle édifia une seconde fonderie de l'autre côté du boulevard sur un espace que les terrassiers aménagèrent dès l'année 1915. Aujourd'hui, il s'agit de l'espace vert, la bambouseraie et des bâtiments du pôle Jeunesse, de la médiathèque et du cinéma, soit l'esplanade Merchior Mitte de Chevrières.
En octobre 1919, les établissements Chavanne-Brun-frères demandèrent l'autorisation de traverser la rue pour faire passer une voie ferrée de 60 cm (de largeur) destinée au mouvement des wagonnets reliant l'ancienne et la nouvelle fonderie.

le plan de situation d'une construction provisoire, en rouge (août 1916)
arch. mun. Saint-Chamond, 10 0sc 427

photo prise le 5 mai 1962, de la colline Saint-Ennemond ;
au fond, au milieu, on distingue l'École supérieure de jeunes filles (Maison des Arts)
et les bâtiments de Chavanne-Brun (arch. mun. Saint-Chamond, 6 Ssc 76)

cliquer sur l'image pour l'agrandir

plan des usines Chavanne-Brun (en jaune) de part et d'autre
du bd Waldeck-Rousseau (arch. mun. Saint-Chamond, 6 Ssc 325)
Sur le plan ci-dessus, l'espace jaune marqué "les Ursulines" correspond à l'emplacement primitif des usines Chavanne-Brun, devenu l'atelier de mécanique générale après la construction d'une nouvelle fonderie de l'autre côté du boulevard. On remarque également la cité ouvrière Chavanne-Brun bâtie au-dessus de l'entreprise.
La "gendarmerie" est désormais remplacée par le Centre de la petite enfance. L'espace rectangulaire avec une croix blanche sur fond noir était la chapelle des Ursulines aujourd'hui disparue.

plan adjoint à la demande de démolition en 1989
(arch. mun. Saint-Chamond, 3 T 4)

entre le bd Waldeck-Rousseau et la rue Jeanne d'Arc : l'espace occupé
par les premiers bâtiments de l'entreprise
la zone d'extension de l'usine au-delà du boulevard Waldeck-Rousseau
images de l'entreprise Chavanne-Brun

autre vu de l'atelier d'usinage d'obus

fonderie - atelier d'ébarbage d'obus
Michel Renard
lundi 25 mai 2009
armement des Aciéries de la Marine
l'armement produit par les Aciéries
de la Marine à Saint-Chamond

champ de tir de Langonand en 1916 : le général Saint-Claire-Deville
examinant le fonctionnement du canon 155 (source)
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Aciéries de la Marine à Saint-Chamond
champ de tir de Langonand
article en cours de constitution
lundi 2 février 2009
Aciéries de la Marine - exposition

cliquer sur l'image pour l'agrandir
Aciéries de la Marine à Saint-Chamond
une exposition
- une exposition à Saint-Chamond sur le fleuron de l'histoire industrielle : cliquer ici pour voir l'affiche en format pdf
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quelques vues des Aciéries de la Marine à Saint-Chamond

Aciéries de la Marine - le correspondant a signalé l'emplacement de la "grosse forge"
turbines à vapeur des Aciéries

un canon de 305 mm fabriqué par les Aciéries

locomotive pétroléo-électrique, modèle 1917, de la Compagnie des Forges
et Aciéries de la Marine (Saint-Chamond)

grande cheminée (106 m) des Aciéries de la Marine
(carte postale ancienne colorisée)
vendredi 30 mai 2008
ouvriers de Saint-Chamond au XIXe siècle (Elinor Accampo)

Saint-Chamond, devant l'usine de Tresse, avant 1914
Entre la classe sociale et la cité :
identité et intégration chez les ouvriers
de Saint-Chamond, 1815-1880
Elinor ACCAMPO (1982)
résumé
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, un important prolétariat
industriel naît à Saint-Chamond du textile et de la métallurgie lourde.
L'absence de tout mouvement ouvrier dans la ville est d'autant plus
remarquable qu'il se développe dans les cités voisines et à partir des
mêmes secteurs. Cet article suggère que cette absence de conscience
collective tient en partie à ce que la géographie sociale entraînée par
le développement industriel n'a pas provoqué de ségrégation de
l'habitat ouvrier susceptible d'aider à un sentiment d'identité et à un
sens de la communauté propres aux travailleurs. Au contraire, ceux-ci
ont été bien intégrés dans une ville qui se distinguait déjà par la
force de l'influence qu'y exerçait un patriciat commercial ancien et
dévot. Appuyé sur la reconstitution des familles et l'utilisation des
actes de naissance, de mariage et de décès, il voudrait montrer ce
qu'on peut tirer de l'état civil pour une étude des sociabilités.
article
En 1927, un journaliste local, Stéphane Bertholon, publiait une série d'articles sur sa ville natale, Saint-Chamond. Il avait été amené à les écrire par le désir de conserver quelque chose du passé dans une période de bouleversements. Les années 1870, pensait-il, avaient marqué un virage dans l'histoire de sa ville. Le conseil municipal cessa alors de se recruter parmi les seuls notables, "triés sur le volet" ; il passa au contraire sous la domination d'hommes nouveaux à Saint-Chamond et dont les ambitions étaient "plus politiques que pratiques". Cette mutation au niveau des élites dirigeantes traduisait un changement plus profond, bien antérieur aux années 1870, et dont Bertholon avaient une conscience très claire : "la grande usine métallurgique, amenant à notre ville une quantité d'étrangers qui s'y fixèrent et y prirent droit de cité submergeant les gens du pays et leur imposant, grâce à la politique, des municipalités que n'animait pas, comme précédemment, l'amour de l'intérêt de la ville... Et à cause de cette invasion étrangère, la race des bons vieux Saint-Chamonais d'antan tend à se perdre de plus en plus" (1).
Il réagissait ainsi à un phénomène de plus ne plus fréquent dans nombre de villes du XIXe siècle : l'afflux "d'étrangers" venus aussi bien d'une commune voisine que d'un pays étranger pour participer à la constitution de cette nouvelle classe proliférante qui, par son déracinement, menaçait automatiquement l'ordre bourgeois des petites cités marchandes. À maints égards, on peut voir en Saint-Chamond l'exemple classique d'une ville transformée par les métamorphoses multiples, technologiques, économiques et sociales, typiques de l'industrialisation. Jusqu'aux années 1840, les plus importantes de ses industries étaient la clouterie, la rubannerie, le moulinage et la passementerie. C'étaient des activités domestiques, familiales, organisées sur la base du système de la sous-traitance, le secteur soyeux prenant des... (à suivre)
Elinor Accampo (trad. Claire Auzias)
(1) - Stéphane Bertholon, Histoire de Saint-Chamond, notes et souvenirs d'un vieux Couramiaud, Saint-Étienne, 1927, p. 145. 
- article paru la revue Le Mouvement Social, n° 118, janvier-mars 1982, p. 39-59
- achat de cet article en ligne (site américain)
lundi 29 octobre 2007
Archives de la Compagnie des forges et aciéries de la Marine et des chemins de fer (A.D. Loire)
Archives de la Compagnie des forges
et aciéries de la Marine et
des chemins de fer
Archives départementales de la Loire
55 J 1-143 Archives de la Compagnie des forges et aciéries de la Marine et des chemins de fer
Dates extrêmes : 1790 - 1947
Importance matérielle : 7 mètres linéaires
Lieu de conservation : Archives départementales - Loire
Modalités d'entrée : don
Conditions d'accès : application de la loi sur les archives
Conditions de reproduction : application de la loi sur les archives
Instruments de recherche associés : Répertoire numérique établi par Sandrine Zoupas et Denys Barau, 64 p. (dactylographié)
Notice biographique :
Compagnie des forges et aciéries de la Marine et des chemins de fer, issue en 1854 de la fusion de plusieurs entreprises métallurgiques, dont principalement les établissements Jackson frères et Hippolyte Pétin-Gaudet et Cie, devenue en 1903 la Cie des forges et aciéries de la Marine et d'Homécourt, absorbée en 1953 dans la Cie des Ateliers et forges de la Loire (C.A.F.L.), puis en 1970 dans le groupe Creusot-Loire.Siège à Rive-de-Gier puis Saint-Chamond. Usines à Rive-de-Gier, Lorette (Assailly), Saint-Chamond, Le Boucau (Pyrénées-Atlantique).
Présentation du contenu :
Documents provenant des sociétés constituantes, archives de société et de direction, contentieux, bulletins et annuaire du Comité des Forges, personnel (ingénieurs, représentants), domaine, matériel d'exploitation et approvisionnements, fabrication (brevets, études), fournitures de matériel militaire au gouvernement français et à différents gouvernements étrangers, construction de ponts (pont Alexandre III à Paris), filiales en France et à l'étranger, accords de fabrication, plans (terrains, bâtiments industriels, matériel militaire)
Mots matières : métallurgie, armement, mine, armement maritime, bâtiment industriel, commerce, technique, ingénieur, ouvrage d'art
Personnes : Montgolfier (Adrien de), Laurent (Théodore), Holtzer (Jacob), Cie des forges et aciéries de la Marine et des chemins de fer, Sté stéphanoise d'armes, Forges de l'Adour, Sté des usines franco-russes, Sté française d'armes portatives
Lieux géographiques : Saint-Chamond, Rive-de-Gier, Lorette, Assailly, Loire (département), Boucau (Le) (Pyrénées-Atlantiques), Pyrénées-Atlantiques (département), Paris, Saint-Pétersbourg, Russie, Chine, Japon, Mexique, Transvaal, Abyssinie
dimanche 28 octobre 2007
Fonds d'archives de la Compagnie des Forges et aciéries de la Marine et d’Homécourt (Archives Nationales)
Fonds d'archives de la Compagnie
des Forges et aciéries
de la Marine et d’Homécourt
Archives Nationales
fonds privés
139 AQ
Fonds de la Compagnie des Forges et aciéries
de la Marine et d’Homécourt
Dates extrêmes : 1903-1969.
Importance matérielle : 164 cartons (139 AQ 1-163), 25 mètres linéaires.
Modalités d’entrée : dépôt du 25 janvier 1972, complété par avenants du 19 juin 1985 et du 8 septembre 1986.
Conditions d’accès : sur autorisation.
Instrument de recherche : répertoire numérique détaillé par M. Garrigues, s.d., 52 p.
Notice biographique :
La Compagnie des Hauts-Fourneaux, Forges et Aciéries de la Marine et des Chemins de Fer fut créée le 14 novembre 1854 : elle résultait de la fusion des établissements Jackson à Assailly (Loire), des établissements Pétin et Gaudet à Saint-Chamond (Loire) et Rive-de-Giers (Loire), de la société Neyrand-Thiollère, Bergeron et Compagnie de Lorette (Loire) et de la Société Parent, Schaken, Goldsmidt et Compagnie (Paris). Le siège de la compagnie fut installé à Rive-de-Giers puis à Saint-Chamond (9 novembre 1871).
Les centres d’implantation des usines de la compagnie s’étendirent progressivement : usines du Boucau (Pyrénées-Atlantiques) en 1881, d’Homécourt (Meurthe-et-Moselle) et du Haumont (Nord) en 1903, d’Onzion (Loire) en 1932.
En 1903, la Compagnie prit le nom de Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’Homécourt. Après la guerre de 1914-1918, fut créée la Compagnie de Dépôts et d’Agences de Ventes d’Usines Métallurgiques (DAVUM), chargée des ventes de la compagnie en France (les ventes à l’étranger étant gérées par DAVUM Exportation).
Après la guerre de 1939-1945, de profondes transformations intervinrent dans les structures de la société : en 1950, elle apporta ses établissements de l’Est et du Nord à SIDELOR, concentrant de nouveau son activité dans la Loire. En 1952, elle fusionna avec la Compagnie des Aciéries de Saint-Étienne pour donner naissance à la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et Saint-Étienne ; en 1954, elle s’associa avec les Etablissements Jacob Holtzer et avec l’Usine de la Loire et des Aciéries et Forges de Firminy, pour donner la Compagnie des Forges et Aciéries de la Loire. En 1961, elle fusionna avec Firminy et prit le nom de Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine, Firminy et Saint-Étienne, qui devint finalement «Marine-Firminy» en 1968.
En mars 1970, Marine-Firminy, propriétaire de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Loire (CAFL) s’associa à part égale avec Schneider, propriétaire de la Société des Forges et Ateliers du Creusot (SFAC), pour créer Creusot-Loire.

Ateliers des Aciéries de la Marine, avant 1906
Présentation du contenu :
[le n° 139 AQ, etc. est la cote du carton d'archives]
139 AQ 1
Statuts (1916-1951).
139 AQ 1 (suite)
Rapports imprimés divers (1903-1969).
139 AQ 2
Brevets et dossiers techniques (1908-1938).
139 AQ 3-14
Usines (1920-1952).
3-4 Bordeaux, 1948-1951.
5-6 Haumont, 1923-1951.
6 (suite) Assailly, 1941-1942.
6 (suite) Saint-Chamond, 1940-1943.
7-10 Homécourt, 1920-1951.
11-14 Le Boucau, 1934-1952.
139 AQ 15-54
Comptabilité et finances (1914-1953).
139 AQ 55-59, 161-163
DAVUM (1919-1953).
139 AQ 60-64, 160
DAVUM Exportation (1927-1953).
139 AQ 65-78
Statistiques (1914-1952).
139 AQ 79-82
Comité d’Organisation de la Sidérurgie (1940-1947).
139 AQ 83
Comités d’organisations divers (1941-1954).
139 AQ 84-87
Chambre syndicale de la Sidérurgie française (1946-1954).
139 AQ 88-129 bis
Organismes sociaux régionaux (1919-1954).
139 AQ 130, 158-159
Participations de Marine-Homécourt (1928-1949).
139 AQ 131-157
«Dossiers spéciaux» du service commercial (1921-1950).
Sources complémentaires :
CAMT : Le Centre des Archives du Monde du Travail (CAMT) conserve les fonds de la Société anonyme des Forges et Aciéries de Firminy (123 AQ), de Creusot-Loire (209 AQ) et de la Société des Forges et Ateliers du Creusot (167 AQ).
Bibliographie :
Hildesheimer (Françoise) et Joly (Bertrand), État sommaire des archives d’entreprises, tome III, Paris, 1996, p. 366-367. Introduction du répertoire numérique, p. 2-4
[Contrôle de la description: Magali Lacousse ; 16 mai 2002]

le pied de la cheminée sur l'ancien site des Aciéries de la Marine (photo MR)
samedi 27 octobre 2007
un ouvrage sur l'histoire des Aciéries de la Marine

Le marteau-pilon. Forges et aciéries de Saint-Chamond ; sortie d’une pièce de marine,
Joseph Fortuné LAYRAUD, 1889, huile sur toile, 151 x 254 cm, collection écomusée du Creusot.
J. F. Layraud (1834- 1912) a présenté ce tableau à l’Exposition universelle de 1889 à Paris.
(source)
un ouvrage sur l'histoire des Aciéries
de la Marine (1996)
Bonjour
Je m'intéresse au patrimoine de la région et plus particulièrement au passé industriel de Saint-Chamond. Je cherche à me procurer un ouvrage sur l'histoire des Aciéries de la Marine, Creusot Loire, GIAT. Cet ouvrage a été réalisé par Eric Perrin en 1996. Où le trouver ? Pouvez-vous me renseigner ?
D'avance merci.
Sincères salutations.
posté par josiane42, mardi 16 octobre 2007 à 23:45
réponse
L'ouvrage qui correspond à votre demande est le suivant (il n'est disponible que sur des sites de vente de livres rares) :
- Éric Perrin, FAM, CAFL, Creusot-loire, des années 30 à nos jours ; mémoires d’un demi-siècle d’industrie métallurgique en région Saint-Chamonaise, 1996, autoédition, imp. Reboul, Saint-Étienne.
- achat de cet ouvrage (à la date du 27 octobre 2007)
Mais il existe également ce travail :
- Centre d’Etudes et de Recherches du Patrimoine Industriel (C.E.R.P.I.) du Pays du Gier, L’Empire des Forges et Aciéries de la Marine, deux siècles d’histoire industrielle dans la Vallée du Gier - C.E.R.P.I., 1996.
liens
Michel Renard

obligation de 500 francs, 1921
lundi 21 mai 2007
Forges et Aciéries de la Marine à Saint-Chamond en 1900
Forges et Aciéries de la Marine
à Saint-Chamond en 1900
À la fin du XIXe siècle, la direction de la Compagnie des Forges & Aciéries de la Marine entreprend d'éditer un album photographique des activités des différents sites de l'entreprise. Ce sont les images d'un exemplaire de cet album, daté de 1900, qui figurent ci-dessous. Cet album est déposé aux archives du C.D.I. du lycée Claude Lebois à Saint-Chamond.

cliquer sur l'image pour l'agrandir
jeudi 21 septembre 2006
Aciéries de la Marine à Saint-Chamond

Ateliers des Aciéries de la Marine, avant 1906
Aciéries de la Marine à Saint-Chamond

atelier de cémentation, trempe d'une coupole, 1913

atelier d'usinage, rayage des canons de petit calibre

atelier de chaudronnerie et de montage des tourelles

atelier n° 1, coulage d'un lingot de 60 tonnes pour blindages

chaudronnerie, fabrication des caissons d'artillerie

sortie d'un canon de 305 des Aciéries de Saint-Chamond
mercredi 12 juillet 2006
Forges et Aciéries de la Marine

Forges et Aciéries de la Marine
Saint-Chamond - 1895 - Extrait du "Plan monumental de Saint-Chamond"
Histoire des Forges et Aciéries
de la Marine

pied de la grande cheminée (103 m) en juillet 2006
Forges, aciéries et maîtres de forge
Magali NOVIS et André VINCENT (2004)
Les ressources en charbon de la vallée du Gier sont intimement liées au développement de l’industrie métallurgique, qui utilise beaucoup de combustible. Les forgerons se sont donc installés dans la vallée, et comme les verriers, ont utilisé le charbon de terre à la place du charbon de bois. Jusqu’au début du XIXe siècle, les fenderies et martinets sont dépendants de la force hydraulique des cours d’eau.
Avec l’invention de la machine à vapeur, l’industrie métallurgique peut s’installer n’importe où, et la production de la fonte devient possible (construction de hauts fourneaux). Mais l’axe du Gier, avec sa ligne de chemin de fer, reste le plus approprié à l’implantation de grosses forges et aciéries. Ainsi un véritable couloir industriel se développe au cours du XIXe siècle, le long du Janon et du Gier : sur Terrenoire, Saint-Chamond, L’Horme, Lorette, Rive-de-Gier et Givors.
L’art de la forge se transmet de père en fils, et il y aura dans la vallée du Gier de grandes familles de maîtres de forge qui se succédèrent entre la fin du XVIIIe siècle et la fin du XIXe. Loin de rechercher une concurrence entre eux, ils s’associèrent volontiers pour créer de grandes affaires.
Ainsi en 1848, Germain Morel, fils du maître de forge Antoine Morel à Saint-Chamond, s’associe avec MM. Pétin et Gaudet, maîtres de forge à Rive-de-Gier, pour créer à Saint-Chamond «Morel et Cie». En 1854, la société devient «Compagnie des Hauts Fourneaux, Forges et Aciéries de la Marine et des Chemins de Fer», avec un nouvel associé, l’anglais Jackson. Pendant ce temps à Rive-de-Gier, les six frères Marrel, fils d’un forgeron à Saint-Martin-la-Plaine, créent en 1853 une usine de forges et aciéries aux Etaings, qui devint aussi importante que celle de Pétin et Gaudet.
Se développant d’année en année, ces usines atteignirent des dimensions assez importantes, avec des équipements gigantesques destinés à produire d’énormes pièces de fonte de métal. Aux Forges et Aciéries de la Marine de Saint-Chamond, on construisait des pilons de 100 tonnes, des presses à forger de 6000 tonnes, un four vertical de 22 mètres de hauteur. La cheminée de la forge des Etaings à Rive-de-Gier est la plus haute d’Europe, 108 mètres, celle de Saint-Chamond de 103 mètres.
La gravure suivante, représentant les Forges et Aciéries de la Marine en 1895, donne une idée de l’importance de l’usine, où travaillaient 4000 ouvriers avant la Seconde guerre mondiale. Le CERPI a publié une brochure sur l’histoire de ce grand site industriel «L’Empire des Forges et Aciéries de la Marine», en vente en librairie ou à commander à l’association.
- Histoire et patrimoine industiel dans la vallée du Gier, par Magali Novis et André Vincent (2004)
locomotive Diesel, 1955 (CAFL)
En 1955, Antoine Pinay évoquait le figure de Théodore Laurens












