mercredi 28 mai 2008

évocation du souvenir de personnalités locales (1949)

jardin_public_Saint_Chamond
le jardin public à Saint-Chamond


les serviteurs de la cité

M. FOURNIER (1949)


Assis sur un banc du Jardin public, Jean de la Rive aimait à s'entretenir avec Jean Callet, un bon bourgeois de quatre-vingt-dix ans, dont la verdeur, la mémoire fidèle, la connaissance du passé, l'émerveillaient toujours.
- Ah ! lui disait-il souvent, quel dommage que tant de souvenirs précieux soient10448545_p perdus pour la génération présente ! Les êtres collectifs, les peuples, comme le prétendait Balzac, sont hélas ! sans mémoire. Ces jeunes filles qui passent au pied du monument Carnot, ces ouvriers qui se hâtent à l'appel des sirènes, que savent-ils de leur ville ? Rien ou presque rien !

Ils auront vécu, au milieu de murs anonymes, retenant à peine le nom de quelques rues, lu les faits divers de leur journal, voté sans enthousiasme pour des inconnus qui sollicitent leurs suffrages, sans même s'enquérir si ces gens-là ont un métier, une famille, d'honnêtes ressources et s'ils réunissent les qualités intellectuelles et morales pour la tâche qui les attend. Et l'on s'étonne que tant d'incapables, de profiteurs avides, de menteurs effrontés, de braillards vilipendeurs, arborant à leur chapeau la cocarde d'un parti, montent à l'assaut du pouvoir, exigent places, prébendes, faveurs, pour eux et leur clientèle, et finalement déshonorent le régime !

À quoi Jean Callet répliquait, avec un éclair dans ses yeux malicieux.
- Lequel de nos concitoyens pense encore à Briand [ci-contre] qui, débarqué chez nous en chapeau haut de forme,Phototh_que___2746 redingote et cravate ample a, au début de sa carrière, fait retentir les murs de la Salle des Conférences de sa voix sourde et magnifique ? Un révolutionnaire, vaguement anarchiste, qui a bientôt évolué et s'est fait, par la suite, comme ministre, le défenseur de l'ordre et, sur le plan diplomatique, l'apôtre de la paix universelle ! C'était, au demeurant, un bohème peu cultivé, que dupa facilement Stressmann, mais qui avait reçu du Ciel ou peut-être de l'enfer, le don de galvaniser les foules. Jamais je n'oublierai, pour ma part, cette espèce de fascination qui s'emparait de ses auditeurs, quand ils fixaient ce masque de tribun, dont la pâleur tragique ressortait entre une énorme moustache et une débordante chevelure d'ébène. De ce qu'il avait dit, il ne restait rien ou peu de choses dans l'esprit, mais durable était l'impression que le son de sa voix passionnée avait laissée en vous.

- Et il s'en est allé, continuait Jean de la Rive, sans une pensée pour la ville qui était à l'origine de sa fortune, laissant à des héritiers inconnus des millions inutiles, croyant avoir abattu le spectre de la guerre, lequel depuis est apparu plus effrayant que jamais et - chose presque incroyable  ! - à demi réconcilié avec l'Église, qu'il avait pourtant contribué à séparer d'avec l'État. Du passage de ce météore, à travers notre ciel charbonneux, qu'est-il resté ? Une pincée de cendre que dispersa bientôt le vent !


ces providences humaines...

De sa petite voix grasseyante, Jean Callet poursuivait :

- Les Dugas-Montbel [ci-contre], les Ennemond Richard, les Germain Morel, les Jules Duclos, tous sortis du peuple,Dugas_Montbel_buste quels exemples à mettre en parallèle avec tout ce petit monde d'intrigants, de bavards et d'inutiles !

Le premier, né en 1776, grand helléniste, qui fut député sous Charles X, et protesta contre les Ordonnances, enseigne la prévoyance aux humbles, soustrait leurs économies aux griffes des filous, en fondant, en 1834, une des premières Caisses d'épargne de France, la nôtre, et laisse à sa ville une bibliothèque d'une valeur inestimable.

"Par ses métiers perfectionnés, dont il avait trouvé le prototype chez un marchand de bric-à-brac, à Paris, Ennemond Richard donna un prodigieux essor à l'industrie toute nouvelle du lacet, qui fait vivre aujourd'hui des milliers d'ouvrières.

Germain Morel, né en 1820, fils d'un modeste forgeron, ouvrier lui-même, devenu ingénieur, invente les bandages sans soudure pour les roues des wagons. Confiant dans son génie, il jette, avec les Petin-Gaudet, les fondements des Aciéries de la Marine, tandis que le moulinier Jules Duclos, mal soutenu par son Conseil, d'effraye l'ampleur de ses projets, fait édifier, sur les plans de M. de Montgolfier, la grande muraille qui retiendra les eaux du Ban.

place_Germain_Morel
place Germain Morel à Saint-Chamond, avant 1905

Ceux-là étaient des hommes, dans toute la beauté du terme ! Probes, loyaux, désintéressés, gens d'honneur, luttant avec une rare énergie pour la défense des intérêts de leurs concitoyens, qu'ils confondaient avec les leurs.

Si Dugas-Montbel, cet ami de Ballanche, d'Ampère, est mort, en 1834, dans la sérénité d'un sage ami des Muses, les épreuves n'ont pas manqué aux autres. Il a fallu à Ennemond Richard vaincre certaines résistances de ses confrères, triompher de la routine, pour faire accepter ses métiers, dont le grand avantage est de se prêter aux fabrications les plus variées.

Dépouillé du fruit de son invention, à demi ruiné par des maîtres de forges rivaux, qui avaient été ses associés, Germain Morel a eu l'amertume de voir le nom des Petin-Gaudet substitué au sien, au fronton de l'usine qu'il avait fondée, au Pré-Château. De désespoir, le 2 septembre 1852, il s'est fracassé la tête en se jetant dans la rue, du haut de son balcon. Il avait 33 ans !mur_du_barrage_de_la_Rive

Abandonné de tous, risquant sa popularité, pour la fabrication de sa grande idée, Jules Duclos vint, chaque jour, de 1866 à 1870, inspecter les travaux du barrage de la Valla. Ce n'est que, quand l'oeuvre fut achevée, qu'il commença à dormir tranquille. [ci-contre : mur du barrage de la Rive, en hiver - source]

Soyons reconnaissants à ces providences humaines qui, pour notre bonheur, se manifestent parfois au sein de la cité."

Et Jean de la Rive de conclure, dans un geste désolé :

- Des noms, de simples noms, sur une plaque d'émail, au coin des rues, voilà ce que lisent, de leurs yeux distraits, nos jeunes d'à-présent. Que n'apprennent-ils aussi à connaître les vertus de ceux qui, par-delà le tombeau ont préparé leur avenir !

M. Fournier, Tableaux de la vie saint-chamonaise, 1949, p. 29-32


tableaux_vie_saint_chamonaise_1949_couv


jardin_public_Saint_Chamond


- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 07:05 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


vendredi 2 novembre 2007

le Bureau d'octroi

Bureau_d_octroi_St_Chamond__2_

 

le Bureau d'octroi



Bureau_d_octroi_St_Chamond
printemps 2007, place de l'Égalité à Saint-Chamond

 

Bureau_d_octroi_St_Chamond__2_
printemps 2007, place de l'Égalité à Saint-Chamond



Les bureaux d'octroi étaient destinés à l'acquittement de droits d'entrée pour certaines marchandises importées dans la commune. Ils ont disparu en France en 1948.

Michel Renard
professeur d'histoire
au lycée de Saint-Chamond

 

- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 06:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 30 juillet 2006

la bibliothèque sauvée du feu

la bibliothèque sauvée du feu, en 1985




Bib_Saint_Chamond_1986__1_
la Tribune-le Progrès, 25 juillet 2006




Bib_Saint_Chamond_1986__2_



- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 15:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 29 juillet 2006

Notes d'histoire locale (MM. Vincent et Gourbière, instituteurs)

place_dorian_cpa
place Dorian (carte postale ancienne)

 

Notes d'histoire locale

Saint-Chamond*

MM. Vincent et Gourbière, instituteurs

 

En 1970-71, au cours de réunions dont M. Paya, inspecteur départemental de l'Éducation nationale, avait pris l'initiative, un goupe d'instituteurs saint-chamonais avait décidé de rassembler les notes d'histoire locale que chacun pouvait détenir.
Cela a donné ce "cahier" qui regroupe, tels quels, les documents fournis. Rien n'a été changé de ce que chacun a apporté - ce qui explique certaines redites.
Tout ce travail, sans prétention, peut être enrichi, rectifié, étoffé par tous ceux qui le voudraient bien. MM. Vincent et Gourbière, instituteurs à l'école Lamartine, veulent bien recevoir ce que d'aucuns voudraient leur envoyer.
Il pourrait être envisagé un complément à ce cahier. Les classes-promenades, notamment pourraient être améliorées.

***

Cette brochure a été tirée par les services de la Mairie de Saint-Chamond.

 

* Ce fascicule n'est pas daté, mais a dû être édité en 1992. Il est aujourd'hui disponible à la Bibliothèque de Saint-Chamond (Médiathèque Louise Labé) sous le titre L'histoire de Saint-Chamond (D FL HIS ST-CHAM). Les liens proposés vers d'autres sites ainsi que les illustrations ont été ajoutés par moi.

Michel Renard, juillet 2006




Saint-Chamond et l'histoire

MM. Vincent et Gourbière, instituteurs

 

Au temps des Gaulois

Il devait y avoir un petit village sur la colline Saint-Ennemond. On y célébrait le culte druidique. La tribu533px_Peuples_gaulois gauloise qui habitait notre région était celle des Ségusiaves.

Izieux, avant la conquête romaine, appartenait à la Ségusiavie. Les Romains donnent le nom de "Iziacus" (de Iais) - Isiacum - Izieu - Izieux.

gaulois_dessin1SegusiavesBadoit










 

Dans la Gaule romaine

Les Romains construisent l'aqueduc du Gier, long de 70 km, pour amener l'eau du Pilat à Lugdunum (Lyon).

(autres liens : l'aqueduc romain du Gier - l'aqueduc romain du Gier, par Francis Cahuzac)

miniaqueducsar69chaponost2












D'après la tradition, au VIIe siècle, Saint-Ennemond, évêque de Lyon, fait élever une chapelle sur la colline. Le petit village s'appelle alors Saint-Ennemond. Plus tard, Saint-Ennemond devient Saint-Annemond, Sanchemont et, enfin, Saint-Chamond.

 

partage_verdun

Au partage de Verdun, en 843, notre ville ne fait pas partie de la France (traité de Verdun : carte). Elle fait partie de la Lotharingie. C'est à partir de 1313, sous Philippe-le-Bel, que Saint-Chamond fait partie de la France.

phil_bel







Philippe le Bel (1285-1314)

 

Au Moyen Âge - En 1173, le comte de Forez devient le suzerain du seigneur de Saint-Chamond : le seigneur de Saint-Chamond est le vassal du comte du Forez.

Saint-Chamond appartient aux comtes de Lyon jusqu'en 1170. L'un d'eux, Guy II, fait donation de la seigneurie de Saint-Chamond à son neveu Briand de Lavieu qui possède un château près de Montbrison, le Godefroi_titrechâteau majeur de Saint-Annemond et le château de Doulx, au confluent du Gier et du Janon. Briand de Lavieu vend sa seigneurie en 1185 à Gaudemar Ier de Jarez qui prend part à la 4e Croisade.

Au XIIe siècle, le château fort adossé à la colline Saint-Ennemond, assis sur le roc dominait la ville. Saint-Chamond devient une ville libre encharte_villeneuve_sur_lot 1224. Guy Ier rendit libre la ville de Sanchemont. Il signe la charte de franchises, le 11 novembre 1224.

 

 

 

Pendant la guerre de Cent Ans  - Les seigneurs de Saint-Chamond combattent pour le roi de France contre les Anglais. Jean II de Saint-Chamond assiste à la cérémonie du lenepveu3sacre de Charles VII à Reims, aux côtés de Jeanne d'Arc.

En 1359, les Anglais incendient l'abbaye de Valbenoîte (Saint-Étienne) et Montbrison. En 1362, les grandes Compagnies ravagent tout, de Montbrison à Rive-de-Gier.

Pendant toute cette guerre, la population de notre région vit dans la terreur des Anglais et la crainte des brigands.

 

Pendant les guerres de Religion  - Christophe de Saint-Chamond est surtout guerrier. Après avoir guerroyé en Italie, il participe activement aux guerres de Religion. Son acharnement contre les protestants l'a fait surnommer "le fléau des Huguenots". Il refuse de prêter ses chiens de chasse à Henri de Navarre, retenu à Saint-Étienne par la maladie de Coligny, mais lui envoie unannonay_vieilles_maisons panier de cerises de son jardin.
En 1562, Annonay est pillée par les "Papistes" (catholiques). Montbrison est pillée par les Huguenots. Pendant que Christophe de Saint-Chamond combat à Lyon, le baron des Adrets attaque Saint-Chamond. Il brûle l'église Notre-Dame de Pontcharra sur le Gier (la charte des Franchises est détruite), saccage l'église Saint-Ennemond. Christophe se venge en saccageant de nouveau Annonay. Une grande bataille a lieu au Bessat entre catholiques et protestants.
En 1563, troisième siège d'Annonay. Christophe utilise deux canons prêtés par le seigneur de Vienne, son cousin.
En 1567, à Lyon, Christophe combat contre son frère, Jean de Saint-Chamond devenu chef d'une troupe protestante. Jean de Saint-Chamond incendie, en partie, la cathédrale Saint-Maurice de Vienne.

Après la Renaissance
Melchior Mitte de Chevrières (1586-1649) "est, dit l'histoire, le plus illustre seigneur que connut Saint-Chamond" : marquis de Saint-Chamond, premier baron du Lyonnais et de Savoie, lieutenant général des Armées du melchior_mitteRoi, ambassadeur de France.
Il fit faire ses premières armées à Turenne. Il avait fait une partie de ses études en Italie.

Du temps de Melchior, il reste :
- l'église Saint-Pierre (1609), sur le modèle des églises de la Renaissance italienne (plafond à caissons, colonnes).
- les ruines de la Collégiale (1634), restes du choeur creusé dans le roc, une belle ouverture en ogive.
- la Maison des Chanoines, avec sa galerie à colonnettes.
- les grandes écuries du château : la Grand'Grange.
- le couvent des Minimes (1622-1633) ; hôtel de ville construit sur l'ordre de Gabrielle de Gadagne, en souvenir de son fils Jean-François, tué à 19 ans, en 1521, au siège de Montauban.
- la place Marquise (place de la Liberté).
- la rue du Rivage.

En 1610, Melchior Mitte, est fait marquis par Marie de Médicis.

 

Au temps de Louis XIV et de Louis XVhoteldieu

Construction de l'Hôel Dieu :
- deux cours avec grands portails, rue de l'Hôpital ;
- une façade très longue (en bordure de la voie expresse) [actuel quai de la Rive]
- une chapelle construite en 1674, restaurée en 1949.

 

Pendant la Révolution

Les réunions se tenaient dans les deux chapelles des Pénitents situées alors rue du Garat et place Notre-Dame.
Le marquis de Montdragon, alors seigneur de Saint-Chamond, émigre. Saint-Chamond fut appelé Vallée Rousseau, en souvenir de Jean-Jacques Rousseau qui séjourna à la Jasserie du Pilat où il herborisait.

Le château est épargné jusqu'au jour où une bande de soldats venant de la Haute-Loire et se rendant à l'armée du Midi, le pille et l'incendie en 1792.

 

Généalogie des seigneurs de Saint-Chamond

- Guy II
- Gaudemar II
- Jacques Ier
- Jean Ier, frère de Jacques Ier
- Josserand d'urgel
- Guichard Ier, baron du Lyonnais (1378-1403), guerres sous Charles V et Charles VI
- Jean II (1403-1441), fait la guerre de Cent Ans, assiste au sacre de Charles VII
- Léonard (1441-1480)
- Yves de Saint-Chamond (1480-1524)
- Jean III, son frère, meurt en 1534
- Christophe de Saint-Chamond (1534-1580), chevalier de l'ordre du Roi, capitaine maréchal de camp, guerroye en Piémont, gouverneur du Vivarais, député aux États-Généraux de Meaux en 1560
- Jacques Mitte de Chevrières (1580-1606), fait achever les fortifications de Saint-Chamond en 1592
- Melchior Mitte de Chevrières (1608-1649) : en 1606, fait achever le couvent des Capucins ; après l'assassinat de Henri IV, il reçoit le titre de marquis ; il devient conseiller d'État et privé.
    1630 : ambassadeur à Mantoue
    1631 : ambassadeur à Bruxelles puis à Londres
    1633 : lieutenant général des Armées royales
    1635 : ambassadeur à Rome puis en Allemagne
    1649 : ministre d'État
- Just Henri Mitte (1650-1664), vit souvent à la cour
- Jean Armand Mitte (1665-1675), son frère
- Charles Emmanuel de la Vieuville (1675-1720), gendre du précédent
    en 1692 : grande inondation
- Charles Louis Joseph de la Vieuville (1720-1744) : il vend en 1768 pour 650 000 livres ses terres à Jean-Jacques de Montdragon
- Jean-Jacques de Montdragon
    1792 : destruction du château et du couvent des Ursulines

MM. Vincent et Gourbière
instituteurs (1970-71)

 

- retranscription du texte de la brochure disponible à la Bibliothèque municipale : L'histoire de Saint-Chamond.

à suivre...

 

 - retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 10:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 26 juillet 2006

livre d'Éric Perrin

_ric_perrin_couv
Éric Perrin, Saint-Chamond, éd. Alan Sutton, 2002




livre d'Éric Perrin


présentation de l'éditeur
Derrière son glorieux passé industriel, Saint-Chamond cache les richesses d'un brillant passé médiéval. Aujourd'hui seconde ville du département de la Loire, Saint-Chamond fut la patrie d'Antoine Pinay mais aussi de Melchior Mitte de Chevrières, ambassadeur du roi Soleil et grand urbaniste pour sa ville.
Bien que l'industrie minière saint-chamonaise n'ait jamais connu le même essor que celle des villes voisines, toute une population inventive et créative sut y développer des secteurs tels que le moulinage de la soie, la rubanerie, la clouterie, la métallurgie et l'industrie des tresses et lacets. Une magnifique sélection de photographies anciennes légendées par des textes à la fois historiques et anecdotiques permet de redécouvrir la riche histoire de Saint-Chamond.
Nul doute que ce livre sera l'occasion de souvenirs, d'étonnement et de plaisir...


Eric Perrin est historien, guide conférencier des villes d'art et d'histoire et président de l'association Iguerande.

_ric_perrin_couv







- Éric Perrin, Saint-Chamond, éd. Sutton, 2002.


- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 16:39 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

lundi 17 juillet 2006

Melchior Mitte de Chevrières

Melchior_Mitte_de_Chevri_res_gros_plan




Melchior Mitte de Chevrières



- armes du seigneur Melchior Mitte de Chevrières, seigneur de Saint-Chamond au XVIIe siècle (époque d'Henri IV, et surtout de Louis XIII puis de la régence de Marie de Médicis) :

Mitte_G

Melchior Mitte (1586-1649)
      Comte de Miolans, Marquis de Saint-Chamond, Seigneur de Chevrières
      Chevalier du Saint-Esprit (reçu le 31 décembre 1619)



L'ordre du Saint-Esprit fut fondé par le roi Henri III en 1578. Il constituait l'ordre nobiliaire le plus élevé :

- "Son nom était du à la dévotion qu’avait le roi pour la Pentecôte, journée commémorant la descente du henri3franceSaint-Esprit sur les apôtres. Ce jour de Pentecôte avait marqué deux événements particulièrement importants pour Henri III [ci-contre] : sa désignation à la tête du royaume de Pologne avait eue lieu le 11 mai 1573 et son accession au trône de France le 30 mai 1574.
Officiellement, c’est la défense de la foi catholique et de la personne royale qui fut invoquée en créant l’Ordre du Saint-Esprit. Mais le roi avait sans doute pour dessein premier de provoquer le rattachement à sa cause de grands seigneurs catholiques dont la fidélité à sa personne paraissait fort équivoque, certains n’ayant pas hésité à s’allier avec la Ligue dirigée par le puissant duc Henri de Guise.
Par ailleurs, le besoin d’un Ordre nouveau devait probablement s’imposer, car force était de constater le déclin de l’Ordre de Saint-Michel, jusqu’alors unique Ordre de chevalerie du royaume."

http://www.france-phaleristique.com/stesprit.htm

- source du blason


Melchior_Mitte_de_Chevri_res_gravure
Melchior Mitte de Chevrières (1586-1649)


____________________________________________________


Abel_Grimmer_avril
tableau flamand d'Abel Grimmer (fin XVIe siècle) : Avril (extrait)
chapelle Notre-Dame de Montfaucon-en-Velay (Haute-Loire)



Collection  de 12 tableaux flamands à Montfaucon en Velay,

provenant de Melchior Mitte de Chevrières, seigneur de Saint-Chamond

              

D'où vient cette collection et comment est elle arrivée à Montfaucon ?

Les tableaux d'Abel Grimmer auraient été la propriété de l'archiduc Ernest en 1595. En 1631, le marquis Melchior Mitte de Chevrières, seigneur de St Chamond dans la Loire, est chargé de l'ambassade à Bruxelles. Au cours de ce mandat, il achète ou reçoit une collection de douze tableaux flamands signés et datés en bas à gauche : "Grimmer Fecit 1592". Il expose cette collection dans une galerie de son château à St Chamond. Par la suite, les tableaux sont transférés à l'église Notre-Dame de Saint-Chamond. Heureusement, car le château est saccagé en 1792 par des soldats venus de Haute-Loire.
Le curé Paul François Régis Jamon, prêtre Jésuite rejoint le club des Jacobins, sous la révolution. En 1793, l'instruction de la commission temporaire de Lyon déclare l'éradication du christianisme. Suite à cette proclamation, il abandonne la prêtrise et vient s'installer à Montfaucon en emmenant les douze flamands. On raconte qu'il a peint les cadres des tableaux en bleu, blanc, rouge. Il a gravé les nouveaux noms des mois pour donner un air plus révolutionnaire à l'ensemble de l'œuvre et ainsi il les a sauvés de la destruction. Après son arrivée à Montfaucon, le curé Jamon prend son bâton de pèlerin et se rend au Puy en Velay pour rencontrer l'évêque. Il lui demande pardon pour les fautes qu’il a comises. Il reçoit  l'absolution mais n'a plus le droit de célébrer la messe. De retour à Montfaucon, il offre à la chapelle la collection des douze tableaux flamands pour se faire pardonner de la population montfauconnaise.


janv
tableau flamand d'Abel Grimmer (fin XVIe siècle) : Janvier, la neige
chapelle Notre-Dame de Montfaucon-en-Velay (Haute-Loire),
rapporté de Bruxelles par Melchior Mitte de Chevrières
et exposé dans son château puis dans l'église de Saint-Chamond en 1635

(source iconographique)




Posté par michelrenard à 08:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]