lundi 6 août 2018

Maurice Bonnevialle (1913-1944), résistant, fusillé

Maurice Bonnevialle

 

 

Maurice Bonnevialle (1913-1944)

résistant, fusillé

 

Né le 6 décembre 1913 à Izieux (Saint-Chamond, Loire), fusillé le 16 février 1944 à la Doua (Villeurbanne, Rhône) ; menuisier ; militant syndical ; résistant au sein de Combat et de l’Armée secrète (AS).

Fils de Jacques Pascal et de Rosalie Blachon, Maurice Bonnevialle était menuisier, marié à Claudia Barlet et avait trois enfants. Il demeurait à Izieux (Saint-Chamond, Loire), lieu de la Varizelle, maison Bonnevialle. Ouvrier et membre de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), il rentra ensuite au syndicat chrétien.

En 1940, il fut incorporé dans le 238e Régiment d’infanterie, puis fait prisonnier de guerre et interné dans le stalag VI. Il s’évada et revint à Izieux en février 1941.

Il s’engagea dans le mouvement Combat et dans les Équipes chrétiennes puis dans l’AS. Il diffusa des mots d’ordre et de la presse puis il devint responsable d’un groupe franc à Saint-Chamond (Loire).

Maurice Bonnevialle procura les fausses clés qui servirent à l’évasion de Jean de Lattre de Tassigny de la maison d’arrêt de Riom (Puy-de-Dôme).

Le 24 mai 1943, deux membres des autorités allemandes arrêtèrent Maurice Bonnevialle chez lui. Ils le conduisirent à Saint-Étienne (Loire) puis à Lyon (Rhône). Il subit un interrogatoire lors duquel on lui demanda d’expliquer sa présence en France en tant que prisonnier de guerre. Il déclara être rapatrié sanitaire et fut remis en liberté le 25 mai.

Le 23 novembre 1943, deux membres de la Sipo-SD l’arrêtèrent chez son employeur, M. Carrot, charron à Izieux, pour «aide à l’ennemi».

Il fut ensuite emprisonné à la caserne Grouchy à Saint-Étienne pendant une quinzaine de jours. Il y fut torturé puis conduit au fort Montluc (Lyon, Rhône) où il subit à nouveau des tortures.

Le 26 janvier 1944, Maurice Bonnevialle fut condamné à mort par le tribunal militaire du territoire du sud de la France pour avoir favorisé l’ennemi.

Le 16 février 1944, un peloton allemand le fusilla sur le stand de tir du terrain militaire de la Doua (Villeurbanne, Rhône).

Après son décès, ses effets en loques et ensanglantés furent envoyés à sa femme.

Son corps fut retrouvé dans un charnier de la Doua à la Libération et identifié par sa femme le 29 septembre 1945.

Le 8 octobre 1945, ses funérailles furent organisées à Izieux. Environ 5 000 personnes assistèrent à la cérémonie parmi lesquelles des représentants de différents mouvements de résistance et de syndicats, des officiels et compagnons de lutte.

Une place et une rue portent son nom à Saint-Chamond.

Le 16 février 1944, il avait écrit une dernière lettre à son épouse.

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Rhône, 3808W776, 3808W760, 3808W732, 3808W688, 3460W2. – Liste officielle no 63 de prisonniers français (13 janvier 1941), sur Gallica. – Le Comité de la Loire de l’ANACR, Mémorial de la Résistance de la Loire, 1992. – René Gentgen, La Résistance civile dans la Loire de sa naissance à la libération, 1996. – http://www.forez-info.com. – René Gentgen, Résistance Loire les formations militaires, 1993.

Jean-Sébastien Chorin
source

 

 

Élevé à Izieux, ouvrier et membre de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, il rentra ensuite au syndicat chrétien. Mobilisé à la déclaration de guerre, il fut fait prisonnier en 1940 mais réussit à s'évader.

Rentré dans l'Armée Secrète, il devint l'un des collaborateurs les plus directs du commandant Marey. Menant diverses opérations, toujours sur la brèche pour les coups durs, il finit par se faire repérer. Le 24 novembre 1943, il fut arrrêté près de chez lui par la Gestapo.

Emmené à Saint-Étienne, il y resta quelques jours puis fut dirigé sur le fort Montluc. Inutile de dire ce qui se passa pendant ce laps de temps : interrogatoires sans fin, tortures ignobles et, enfin, la sentence. Maurice Bonnevialle est fusillé le 16 février 1944 par un peloton allemand.

Son corps fut retrouvé dans un charnier de la Doua en 1945. Le 8 octobre de la même année, la commune d'Izieux offrit à l'enfant du pays des funérailles imposantes afin de lui rendre le témoignage de sa reconnaissance. Parmi l'assistance, évaluée à 5000 personnes, on pouvait compter des membres de tous les mouvements politiques, syndicats, association des Anciens élèves M.P.F., la JOC, sans oublier les déportés politiques et une délégation du M.N.P.G.D., section d'Izieux.

Le corps, qui avait été déposé à la Chapelle Sainte-Thérèse, au Creux, fut levé par l'Abbé Ploton. Un détachement du 1er R.T.M rendit les honneurs. Derrière le corbillard, couvert de nombreuses couronnes et gerbes, suivait la famille : Mme Bonnevialle, veuve du défunt, ses trois petits enfants et ses vieux parents, le docteur Baudy, maire d'Izieux, le lieutenant Brodin, MM. Parra, Jouve, amis de combat, les officiels en tenue et les délégations. Notons la présence de nombreux maires du canton ou de leurs représentants.

La messe terminée, le long cortège parvint au cimetière où cinq discours furent prononcés. Prirent successivement la parole : le docteur Baudy, maire d'Izieux ; M. Brayet de la CFTC ; le commandant Hoch, représentant les FTPF ; le lieutenant Brodin, ami de combat et un délégué de l'AS. Tous avec un même coeur rendirent hommage à  celui qui avait tout sacrifié, même son foyer, pour que vive la France.

Une rue de Saint-Chamond porte son nom.

* Les éléments biographiques concernant Maurice Bonnevialle sont empruntés à l'Hebdomadaire de la Vallée du Gier du 14 octobre 1945.

source : forez-info

 

 

la rue Bonnevialle à Saint-Chamond

 

rue Bonnevialle (1)
la rue Bonnevialle à Saint-Chamond (Google maps) :
la voie dont le nom n'est pas indiqué et qui rejoint le cours Adrien-Montgolfier

 

rue Bonnevialle (2)
la rue Bonnevialle à Saint-Chamond (Google maps)

 

 

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vendredi 19 octobre 2012

la résistance à Saint-Chamond, 1940-1944

 Diapositive1

 

la Résistance à Saint-Chamond

 

Marc et René Fressynet
rue de la République à Saint-Chamond

 

articles

- Souvenirs de la Résistance, dans les rues de Saint-Chamond

- Demande d'internement de la Mme Launay, communiste (1941)

- Reconnaissez-vous ces maquisards ?

 

Diapositive1

 

autres sources

- Le voyage officiel du Maréchal Pétain, chef de l’État Français dans la Loire et la Haute-Loire les 1er et 2 mars 1941 est passé par Saint-Chamond.
Le Nouvelliste de Lyon rapporte qu'aux Aciéries de la Marine de Saint-Chamond, dans le grand hall de l’usine tout le personnel rassemblé fait une ovation enthousiaste au Maréchal et entonne une vibrante Marseillaise.

source

- 10 mai 1943 [erreur, il s'agit de l'année 1944], arrestation à Saint-Chamond d’une cinquantaine de personnes dont toute la famille Cave. 17 sont déportées.

source

- Marie Cave, morte à Ravensbrück quelques jours avant la libération du camp. Elle fut arrêtée avec toute sa famille qui diffusait le journal Défense de la France à Saint-Chamond le 10 mai 1944.

source

- notice biographique sur Marie Cave (1923-1945) dans le livre de Nathalie Forissier :

Marie Cave est née le 20 février 1923. Fille aînée d'une famille commerçante de Saint-Chamond, elle est scolarisée à l'école des jeunes filles de cette ville. Ensuite elle s'inscrit au lycée Honorée d'Urfé à Saint-Étienne où elle passe le baccalauréat.
C'est à cette époque, dès 1940, qu'elle s'engage dans la Résistance. Ses premières activités sont la diffusion de feuillets clandestins : Vérité, Petites Ailes, Combat, Franc-Tireur. Toute la famille Cave participant à ces actes courageux, la maison familiale devient un lieu de rendez-vous et d'asile pour la Résistance. En 1942, Marie rejoint la formation "93" et assure dès décembre 1942 la diffusion du journal clandestin Défense de la France.
En octobre 1943, elle intègre le réseau de renseignements "Alibi" chargé de fournir des renseignements d'ordre militaire, ferroviaire, industriel, économique et politique sur la région regroupant le département de la Loire et les départements limitrophes.
Le 10 mai 1944, la Milice l'arrête avec ses parents et son frère à Saint-Chamond. Considérée comme "terroriste dangereuse" elle est internée à Compiègne puis Romainville.
Le 9 juin 1944, elle est déportée avec sa mère Claudia à Ravensbrück. Son père Claude et son frère Paul âgée de 16 ans sont déportés à Neuengamme.
Affectée au block 41 elle décède quelques mois après son arrivée, en avril, 1945. Ses parents moururent avant elle à la fin de l'année 1944. Seul son frère Paul rentra vivant de déportation.

source

Marie Cave portrait
                     Marie Cave

 

- Marie Cave de Saint-Chamond (18 ans), dont le magasin familial de torréfaction est le dépôt, pour le département, de Défense de la France. Aux dix-mille exemplaires diffusés jusqu'en mai 1944, viennent s'ajouter quelque 1500 fausses cartes d'identité, certificats de travail et autres pièces officielles. Les délégués du M.U.R. de Lyon et de la Loire connaissent bien cette boite à lettres. Fin 1943, Marie Cave intègre un réseau de renseignements dont fait partie justement son amie Renée Peillon. Et puis l'irréparable, l'arrestation, la déportation d'où elle ne revint pas...

source

- Hélène Roederer, étudiante, morte à Ravensbrück à 24 ans. Chez les Roederer de Saint-Chamond, la Résistance fut une affaire de famille. Son père, directeur des Aciéries Navales mit à la disposition de Défense de la France une maison dans la banlieue de Paris. Hélène rejoint Alger et après une formation elle est parachutée en France. Elle est prise avec d’autres maquisards en juin 1944.

source

 

bibliographie

- La déportation dans la Loire, 1940-1944 : le Mémorial des déportés, Nathalie Forissier, éd. Presses universitaires de Saint-Étienne, 2005.

9782862723761_1_75

9782862723761_4_75

 

liens

- Mémorial de la Résistance et de la Déportation de la Loire, à Saint-Étienne (excellent site) :

http://www.memorial-loire.fr/index.php

100492

 

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dimanche 14 octobre 2012

plaques de rue commémoratives Résistance à Saint-Chamond

Jean Jammot

 

 

souvenirs de la Résistance,

dans les rues de Saint-Chamond

 

Jean Jammot

Photo0615
photo prise le 14 octobre 2012, au 80 rue de la République

 

Jean Jammot

 

 

Jammot (Jean, Émile, Lucien), né le 31 juillet 1920 à Alfortville (Val-de-Marne), décédé le 3 mars 1945 à Fallersleben-Laagberg (Allemagne) : "mort en déportation" (arrêté du secrétaire d'État aux Anciens combattants, 26 janvier 1987).

 

Jean Jammot, note, archives
archives municipales de Saint-Chamond, 6 Hsc 27, Affaires militaires, 1939-1960

 

transcription

Jean Émile Lucien Jammot. Agent du réseau Gallia. Arrêté le jeudi 30 mars 1944 à 8 heures, à l'hôtel du Lion d'Or à Saint-Chamond. Déporté au camp de Fallersleben-Laagberg (Allemagne).
Mort le 3 mars 1945.
Né le 31 juillet 1920 à Alfortville (Seine).
Dernier domicile : Bègles, 4 rue Adrien Nouzarède (Gironde). Mort pour la France.

* les deux camps de Fallersleben pour détenus hommes et femmes, aménagés en 1944, étaient des Kommandos de travail extérieurs du camp de concentration de Neuengamme. (source)

 

Fallersleben-Laagberg
le camp de Fallersleben, à côté de Neuengamme (Allemagne)

 

 

Marc et René Fressynet

Photo0616
photo prise le 14 octobre 2012 au 52 rue de la République

 

Marc et René Fressynet

11 juillet 1944 (1)
photo prise le 12 février 2008

11 juillet 1944 (2)
photo prise le 12 février 2008

 

 

F.F.I. et F.T.P.

 

plaque FFI FTP place de la Liberté 23 février 2017

 

23, place de la Liberté août 2010

 

Plaque apposée au 23, place de la Liberté à Saint-Chamond.

 

 

Paul et Marie Cave

rond-point Cave 1
l'une des trois plaques du rond-point en l'honneur des frère et soeur Cave
(photo prise le 21 octobre 2012)

 

rond-point Cave 2
la plaque la plus ancienne du rond-point en l'honneur des frère et soeur Cave,
qui avait l'avantage de porter la mention "déportés de la Résistance"
(photo prise le 21 octobre 2012)

 

rond-point Cave 3
l'une des trois plaques du rond-point en l'honneur des frère et soeur Cave
(photo prise le 21 octobre 2012)

 - à Saint-Chamond, un rond-point sépare le quai de la Rive (en provenance de L'Horme et de Rive-de-Gier) du boulevard Waldeck Rousseau (qui mène vers Saint-Étienne) tout en permettant l'accès au boulevard François Delay ou à la place de la Halle et à la place Saint-Pierre. Il porte le nom de "rond-point Paul et Marie Cave". Une plaque, un peu abîmée par le temps, précise que ces deux noms sont des "déportés de la Résistance" ; deux autres, plus récentes, occultent cette précision... dommage...

 

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photos d'autre provenance

 

Joseph Galland

gestap
rue de la Répblique (?) source

 

famille Cave

StChamCave
rue (?) source

 

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jeudi 11 juin 2009

demande d'internement de Mme Launay, communiste (1941)

petain8



demande d'internement de Mme Launay,

militante communiste, en 1941

 

demande_internement_Mme_Launay__communiste_1941
demande d'avis adressée par le Préfet au maire
de Saint-Chamond (arch. mun. Saint-Chamond, 2 Isc 22)



Cabinet du Préfet de la Loire
État français

Saint-Étienne, le 23 juillet 1941
à Monsieur le Maire de Saint-Chamond

J'ai l'honneur de vous faire connaître que M. le Général commandant la 13e Division militaire me demande de procéder à l'internement administratif de Mme Launay, née Delaigue, domiciliée chez ses parents, impasse Châtelard, à Saint-Chamond.
Je vous serais reconnaissant de vouloir bien me faire connaître si vous considérez cette personne comme réellement dangereuse pour la défense nationale ou la sécurité publique et si vous estimez que la mesure proposée s'impose à son encontre.
le Préfet
signé

 

demande_internement_Mme_Launay__communiste_1941__2_
(arch. mun. Saint-Chamond, 2 Isc 22)

 

réponse

 

Le Maire de Saint-Chamond
à Monsieur le Préfet de la Loire

28 juillet 1941

Monsieur le Préfet,
vous m'avez demandé mon avis sur la mesure d'internement à prendre à l'égard de Mme Launay, née Delaigue.
La femme Launay a été une militante communiste ardente.
Depuis l'armistice, à chaque manifestation de l'activité communiste (pose de papillons, distribution de tracts), elle a été particulièrement surveillée ; les enquêtes sur sa participation éventuelle à ces mouvements n'ont rien relevé contre elle.
Actuellement, c'est une malheureuse dans la misère ; le rôle de son mari dans le parti communiste lui fait refuser tout emploi par les commerçants et industriels de la région ; elle a à sa charge un enfant de 5 ans. Des secours ont dû lui être attribués par la Mairie.
Dans cette situation et en raison de l'éloignement de son mari, elle ne paraît pas dangereuse pour la Défense nationale, et je ne crois pas qu'une mesure d'internement s'impose.

pour le Maire
l'Adjoint

cour_int_rieure_H_tel_de_ville
cour intérieure de l'Hôtel de ville de Saint-Chamond

 

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vendredi 26 octobre 2007

Reconnaissez-vous ces maquisards ?

Diapositive1



Reconnaissez-vous ces résistants ?

ancienne caserne Ruillière à Saint-Étienne

 

reconnaissez_maquisards__2_
cliquer sur l'image pour l'agrandir

 

Diapositive1

 

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