arbre place Saint-Pierre 21 avril 2015
place Saint-Pierre, mardi 21 avril 2015

 

 

une recherche de Philippe Schitter :

L’arbre à Saint-Chamond (2005)

 

Philippe Schitter est l'auteur d'une recherche effectuée dans le cadre d'un Master de géographie à l'université de Saint-Étienne en 2005. Elle répondait à un projet du Service de l'urbanisme de la ville de Saint-Chamond.

Il s'agissait de recenser les arbres remarquables de la ville afin de les protéger. Ce souci s'inscrit dans le cadre juridique des Espaces Boisés Classés (E.B.C.) intégrée dans le P.O.S. (plan d'occupation des sols) de Saint-Chamond.

Une partie de cette recherche est consacrée à la place de l'arbre dans le paysage urbain de Saint-Chamond au XIXe siècle, à partir du cadastre de 1886. Ce dernier présentant la caractéristique de représenter les espaces boisés de l'époque.

Philippe Schitter note que : "D'après le cadastre de 1886, les arbres d'alignement étaient déjà très présents à cette époque. Les axes bordés d'arbre, d'aujourd'hui, correspondent en majorité à ceux de l’époque, sauf le Boulevard Waldeck Rousseau."

Voici l'exemple de l'avenue de la Libération :

 

Schitter exemple 1
sur le cadastre de 1886, l'avenue de la Gare (auj. Libération) et les espaces boisés

 

Schitter exemple 2
les espaces boisés de l'avenue de la Libération en 2005

 

Ce poids du passé dans la réalité urbaine présente doit nous faire réfléchir.

D'abord, il n'y a de vivant que ce qui est hérité. Nous habitons une ville qui, certes a évolué (toute structure vivante connaît, heureusement, une dynamique), mais qui est inscrite dans un legs des générations passées. D'où la légitimité du souci de connaître cette histoire.

Ensuite, dans des temps de mutations accélérées, il importe de garder des repères avec ce qui nous a précédé pour vivre une identité de territoire qui nous inscrit dans une continuité. L'aménagement de la ville doit réaliser un équilibre entre les exigences présentes et ce qui fait l'intensité d'un espace ancien et des marques qu'il a laissées.

Michel Renard
professeur d'histoire

 

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Ce-dessous la conclusion du travail de Phlippe Schitter :

 

L’objectif de cette étude a été l’inventaire des Espaces Boisés Urbains et son analyse comparée avec notamment les Espaces Boisés Classés (E.B.C.) afin d’observer les points forts ainsi que les points faibles de la stratégie environnementale de la ville de Saint-Chamond. Une seconde analyse comparative a été réalisée toujours entre l’inventaire des Espaces Boisés Urbains avec cette fois le cadastre de la Ville de Saint-Chamond en 1886.

Ce cadastre était très novateur pour l’époque étant donné qu’en plus des éléments administratifs, tels que le bâti et les parcelles, il recensait déjà les Espaces Boisés Urbains de la Ville de Saint-Chamond. Cela signifie le même recensement que celui de la présente étude mais 119 ans plus tôt, ce qui a permis de suivre une réelle évolution.

L’anecdote suivante va montrer l’un des nombreux avantages de ce recensement des Espaces Boisés Classés. Sur certaines parcelles assez naturelles du Centre-Ville,notamment à l’aide d’une pelouse et de chemins champêtres, il a été possible de reconstituer un immense domaine, aujourd’hui multiparcellaire. Il s’agit de la parcelle de l’actuel Hôpital, de la parcelle du parc du château du Jarez, et de la parcelle de l’ex-Clos Finaz (et peut-être aussi mais sans certitude de la parcelle de l’ex-Remblai en exécution) qui ne devaient former qu’une seule et unique parcelle c'est-à-dire très certainement un grand Clos.

Avec le rappel de cette anecdote évoquée dans la deuxième partie de l’étude on s’aperçoit qu’il est possible de recréer le maillage administratif et urbain simplement avec des données d’Espaces Boisés Urbains. Cela leur ajoute une seconde utilité après l’utilité écologique d’introduction du monde organique dans un fief minéral.

Il est à présent indispensable d’évoquer la grande particularité de cette étude à savoir l’utilisation des Systèmes d’Information Géographique (S.I.G.) nous ayant permis de géoréférencer le cadastre de 1886 sur l’orthophotoplan utilisé comme référentiel de base.

Ce géoréférencement permet d’observer les différences cadastrales entre 1886 et le cadastre actuel de juillet 2003 mais surtout il permet de superposer et donc de comparer les espaces Boisés Urbains recensés en 1886 et ceux recensés durant le premier semestre 2005. Ce géoréférencement permet également de superposer et donc de comparer les Espaces Boisés Classés (E.B.C.) de la Ville de Saint-Chamond et les Espaces Boisés Urbains recensés au premier semestre 2005, par cette étude.

Les Systèmes d’Information Géographique revêtent, dans ces cas précis et précédemment cités, toutes leurs dimensions d’outil d’aide à la décision.

En ce qui concerne le bilan de l’inventaire des Espaces Boisés Urbains recensés par cette étude, au premier semestre 2005, il apparaît, comme la sous-partie 2.2.2 le montre très clairement, qu’une très faible partie de ces Espaces Boisés Urbains soit commune avec les E.B.C. de la ville qui se concentrent essentiellement dans la partie rurale du territoire communal de Saint-Chamond. Un rééquilibrage dans la partie urbaine du territoire communal s’impose dans un futur proche.

En effet, l’avenir de ce pays du Val du Gier ne réside plus dans les domaines d’activités du secteur secondaire mais dans le secteur tertiaire et notamment dans le tourisme, la part du tourisme ne cessant de croître dans nos économies tertiarisées de la moitié méridionale de l’Europe, y compris la France, comme cela a été explicité dans la sous-partie 2.2.3.3.

Certes le tourisme vert s’organisera dans la partie rurale du territoire communal de Saint-Chamond, avec notamment une multiplication des gîtes ruraux, mais il ne pourra pas faire abstraction de la partie urbanisée du territoire communal et en particulier du Centre-Ville.

Le touriste, issu des grands centres urbains, et qui cherchera le repos dans la partie saint-chamonaise des Monts du Lyonnais ou du massif du Pilat aura de temps en temps besoin de retrouver ses repaires dans un Centre-Ville animé mais aussi végétalisé, et ce pour ne pas replonger dans la folie des monstres urbains qu’il a fuie pendant ses vacances.

 

* tout le travail de Philippe Schitter est accessible en ligne :

https://philippeschitter.files.wordpress.com/2013/06/memoire_ville-de-saint-chamond_2005.pdf

 

 

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